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Cancers de la plèvre : l’urgence d’une exploration moléculaire

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Grâce à une étude approfondie des anomalies génétiques présentes dans les cancers de la plèvre, des chercheurs ont pu identifier un groupe de patients sensibles à l’action d’une molécule anticancéreuse.

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L’exploration génétique des cancers de la plèvre permettra-t-elle d’ouvrir des perspectives concrètes pour les patients ? C’est le pari que fait une équipe parisienne, soutenue par la Fondation ARC.

En 2014, l’expertise de ces chercheurs avait déjà permis la classification de ces cancers en deux groupes (C1 et C2) qui rassemblent des tumeurs selon leurs profils moléculaires, biologiques et cliniques. L’idée sous-jacente à cette classification et, plus généralement à l’identification des anomalies génétiques des cellules cancéreuses, n’est autre que la recherche du talon d’Achille de tumeurs souvent inopérables et résistantes aux chimiothérapies comme aux radiothérapies… Les derniers résultats publiés montrent que cette approche pourrait bien commencer à porter ses fruits.

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont principalement travaillé sur des cellules cancéreuses prélevées auprès de patients puis maintenues en culture in vitro. Sur cette soixantaine de cultures dites « primaires », les chercheurs se sont focalisés sur les mutations du gène LATS2, impliqué, entre autres, dans la capacité des cellules à limiter leur multiplication lorsqu’elles sont trop « à l’étroit » dans leur environnement. Parmi les tumeurs qui portaient une mutation de LATS2, les chercheurs ont montré que certaines étaient aussi caractérisées par la mutation d’un second gène, NF2, impliqué dans les mêmes voies que LATS2. Du point de vue clinique, ces dernières tumeurs étaient associées à une évolution plus rapide de la maladie.

Les débuts d’une thérapie ciblée ?

En réalisant une analyse approfondie des conséquences moléculaires de cette double anomalie, les chercheurs sont parvenus à identifier une cascade de réactions sur laquelle il était envisageable d’intervenir grâce à des molécules déjà utilisées contre d’autres cancers. Parmi les molécules testées, une a fait preuve d’une activité anti-cancéreuse remarquable sur les cultures primaires issues des patients. Un premier résultat qui en appelle d’autres, nécessaires pour imaginer une réelle mise en application thérapeutique. Mais la perspective est relativement dégagée, les chercheurs ayant par ailleurs identifié un troisième gène (MOK), spécifiquement surexprimé lorsque LATS2 et NF2 étaient tous deux mutés. Loin d’être accessoire, l’identification d’un tel biomarqueur permet de passer outre la nécessité de rechercher des mutations parfois complexes à déceler et ainsi de disposer d’une méthode réaliste pour sélectionner les patients susceptibles de bénéficier de la nouvelle thérapie.

Selon leurs données, un peu moins de 10 % des patients cumuleraient des mutations de LATS2 et NF2. Si ces travaux constituent donc un grand pas, ils doivent être répétés et multipliés pour que l’ensemble des patients atteints d’un cancer de la plèvre puisse bénéficier d’une thérapie ciblée plus efficace que les traitements actuels.

R. D.

Source : Tranchant, R. et al ; Co-occurring Mutations of Tumor Suppressor Genes, LATS2 and NF2, in Malignant Pleural Mesothelioma; Clinical Cancer Research; Décembre 2016

Dernière mise à jour : 28-03-2017

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