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16 septembre 2014

Réussir le retour au travail

La reprise du travail est souvent un moment espéré par les patients parce qu’il symbolise la fin d’une parenthèse douloureuse liée à l’annonce puis au traitement de la maladie. Pourtant cette étape n’est pas toujours facile à appréhender, au point qu’elle peut même se transformer en une nouvelle épreuve. Comment faire pour que ce retour soit bel et bien positif, tant sur le plan professionnel que personnel ?

Confrontées à un cancer, plus de huit personnes actives sur dix sont amenées à prendre un arrêt de travail, pendant et après leur prise en charge. Parmi elles, près de la moitié quittent leur emploi pour un congé maladie de longue durée1.

Etudes et témoignages montrent que des difficultés peuvent survenir lorsqu’il s’agit de reprendre le travail. En effet, le cancer peut avoir des répercutions psychologiques et physiques profondes qui ont un impact même après la fin des traitements. Par ailleurs, l’environnement professionnel a pu évoluer depuis l’arrêt de travail.  De l’avis des patients et des professionnels, une préparation personnelle et une organisation rigoureuse de la reprise sont indispensables2.

Se préparer sur le plan personnel

L’expérience d’une maladie grave amène naturellement les personnes concernées à se poser des questions sur leur vie passée, présente et future : quel équilibre entre toutes mes activités ? Quel temps pour moi, mes enfants, mes proches… ? Quelle place pour mon travail au quotidien ? Répondre à ces questions avant de reprendre l’activité professionnelle aide non seulement à retrouver un équilibre de vie serein mais aussi à bien définir ce que l’on attend de cette reprise. Les patients qui prennent conscience de ce qu’ils peuvent raisonnablement espérer lors des premiers temps du retour, notamment en termes de bénéfice moral, se protègent de potentielles déceptions. Car s’il est difficile de renouer de manière directe et entière avec les fonctions, les responsabilités et le rythme de travail d’avant la maladie, revenir travailler permet de retrouver des aspects de la vie « d’avant », de s’investir dans un nouveau projet, d’ouvrir de nouvelles perspectives, d’améliorer l’estime de soi, de « normaliser » le regard des autres…

Adapter l’environnement de travail

La fatigue est l’une des principales séquelles de la maladie et de son traitement : près de 60 % des femmes et 37 % des hommes en souffrent encore deux ans après le diagnostic3. La première des solutions envisagées est de réduire et/ou d’aménager le temps de travail, voire de réfléchir à un temps partiel thérapeutique. La charge de travail doit aussi être adaptée mais attention, le retour au travail doit être autant que possible une période positive et valorisante, il est donc important de veiller à ne pas « vider » le poste de toute substance sous prétexte d’allègement…

Depuis juillet 2012, pour aider à préparer ce retour,  la visite de pré-reprise s’est systématisée. Elle doit être organisée par le médecin du travail à la demande de l’employé, de son médecin traitant ou du médecin conseil de la sécurité sociale pour tout arrêt de plus de trois mois. Elle est l’occasion d’envisager les aménagements de poste nécessaires qui sont alors soumis à l’employeur sous forme de recommandations. Leur prise en compte est évaluée lors de la visite de reprise qui doit avoir lieu avec la médecine du travail dans la semaine suivant le retour.

D’une manière générale, bien se renseigner sur ses droits et sur les instances qui peuvent soutenir ce moment où l’on retrouve le statut de salarié aide à revenir avec un peu plus d’assurance (voir encadré). Malheureusement, les discriminations ne sont pas rares dans le monde du travail  et les personnes les moins favorisées (tâches d’exécution, emplois précaires…) sont généralement les plus touchées4.

Lutter contre l’isolement

De l’avis des patients eux-mêmes, avoir conservé des liens avec le travail, ou du moins avec quelques interlocuteurs privilégiés, aide à mieux préparer son retour. Plus les contacts sont distants pendant l’arrêt, plus il sera compliqué d’anticiper les changements liés à une nouvelle équipe éventuelle, à des modifications des outils de travail, ou encore d’établir un terrain de discussion propice pour, par exemple, envisager des aménagements du poste. Mais l’isolement pèse peut-être encore plus sur les relations humaines, qui ne sont pas régies par des réglementations : garder le contact facilite les échanges avec des collègues parfois déstabilisés face à une personne confrontée à une maladie grave. Préparer son retour, c’est aussi préparer les autres, les sensibiliser à ce qui a été vécu et accepter quelques attitudes parfois maladroites sans fléchir face aux discriminations.

Une brochure pour préparer, anticiper et accompagner le retour au travail Réalisée par l’Institut Curie, avec la participation de nombreux experts d’horizons professionnels multiples, mais aussi grâce aux témoignages de patients, cette brochure diffusée par la Fondation ARC est un support pour préparer, anticiper et accompagner son retour au travail après un cancer. Elle soulève les principales questions qui peuvent se poser lorsque l’on envisage de revenir à son emploi et donne des clés pour y répondre, qu’il s’agisse de questions purement personnelles ou de problèmes liés à l’organisation concrète de son retour au travail. Elle permet aussi d’identifier les professionnels qui, à chaque étape,offrent un support pour aider les patients dans leur démarche : les médecins et/ou infirmières du travail, l’assistance sociale de la caisse régionale d’assurance maladie, le service des ressources humaines, les assistantes sociales de l’établissement de soin…

Vous pouvez consulter, commander et télécharger gratuitement cette brochure sur le site de la Fondation ARC.


R.D.

Article réalisé avec le concours de Monique Sevellec, Psychosociologue, Maison des patients et des proches, Hôpital René Huguenin, Institut Curie.

 
1 le Clainche, Chassaing, Lasne & Waser; Travailler avec un cancer; Centre d’étude de l’emploi, Mars 2011
2 Sevellec et al.Répercussion du cancer sur la vie professionnelle des salariés en Ile de France in « Situations de travail et trajectoires professionnelles des actifs atteints de cancer (rapport de synthèse des recherches de l’appel à projet Fondation ARC et INCa 2006) » septembre 2012, p47
3 « La vie deux ans après un diagnostic de cancer - De l’annonce à l’après cancer », collection Études et enquêtes, INCa, juin 2014, p190
4 « La vie deux ans après un diagnostic de cancer - De l’annonce à l’après cancer », collection Études et enquêtes, INCa, juin 2014 ; p285


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