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07 février 2014

Troisième Plan cancer : décryptage

Annoncé le 4 février 2014 par le Président de la République, le troisième Plan cancer consacrera 1,5 milliard d'euros à la lutte contre la maladie sur la période 2014-2019.

À l'occasion des Rencontres de l'Institut national du cancer (INCa) organisées le 4 février 2014 à la Maison de la Mutualité à Paris, le Président de la République François Hollande a présenté les grandes lignes du troisième Plan cancer, qui structurera la politique nationale de lutte contre le cancer pour la période 2014-2019.

Pour Axelle Davezac, Directrice générale de la Fondation ARC, « ce plan ambitieux a été construit avec une excellente compréhension de l’ensemble des enjeux de la lutte contre le cancer. Il est concret et porte une attention particulière aux inégalités sociales. » Qu'elles concernent le dépistage, l'exposition aux risques ou encore l'accès aux traitements et l'après-cancer, les inégalités, sociales et territoriales, persistent. « Ce troisième plan sur la lutte contre le cancer s'est fixé comme objectif et comme ambition de donner les mêmes chances à tous, partout en France, pour guérir du cancer », a déclaré en introduction le Président de la République. Le troisième Plan cancer mobilisera près de 1,5 milliard d'euros sur la période 2014-2019, dont la moitié sera consacrée au financement de nouvelles mesures. Il couvre quatre grands thèmes de la lutte contre le cancer : la prévention, le dépistage, les traitements et la recherche et l’accompagnement des malades, déclinés en 17 objectifs parmi lesquels dix mesures phares peuvent être particulièrement soulignées.

La prévention

L'accent est mis sur la prévention « le meilleur investissement » a insisté le Président de la République, rappelant qu'elle constituera un élément central de la nouvelle Stratégie nationale de santé. Alors que le tabac est responsable de 30 % des décès par cancer, un effort sera porté sur la lutte contre le tabagisme : un programme national de réduction du tabagisme sera annoncé avant l'été par Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé. Parmi les annonces faites dans ce domaine, les recettes supplémentaires dégagées à la suite des augmentations de prix abonderont un fonds dédié « à la recherche sur le cancer, à sa prévention et à l'amélioration de sa prise en charge ». Le forfait pour l'achat de substituts nicotiniques sera porté à 150 € contre 50 € aujourd'hui pour les moins de 30 ans, les bénéficiaires de la Couverture maladie universelle (CMU) ainsi que pour les patients atteints de cancer.

Des actions fortes seront également menées contre les autres facteurs de risque des cancers, au premier rang desquels l’alcool, dont la consommation par les jeunes mineurs appelle un renforcement des mesures de prévention. Les politiques de substitution des produits cancérigènes utilisés dans le cadre professionnel seront encouragées. Enfin, les cabines de bronzage seront davantage encadrées.

Le dépistage

La mise en place d'un dépistage organisé du cancer du col de l'utérus, après ceux du cancer du sein et du cancer colorectal. Le frottis cervico-vaginal tous les trois ans sera ainsi généralisé pour les femmes âgées de 25 à 65 ans, et la couverture vaccinale contre les papillomavirus humains sera doublée d'ici 5 ans pour atteindre 60 % des jeunes filles.

Le développement de l'imagerie pour limiter les retards de diagnostic. Concernant l'imagerie par résonance magnétique (IRM), pour laquelle la France est sous-dotée par rapport à ses voisins européens, 15 millions d'euros seront consacrés pour aider les régions sous-équipées afin de réduire les délais d'accès, de 27 jours en moyenne aujourd'hui à 20 jours.

Les traitements et la recherche

Le doublement du nombre de patients participant à un essai clinique, pour atteindre 50 000 patients inclus en 2019. Un effort sera mené pour que ces essais concernent l'ensemble des cancers et des régions, y compris l'outre-mer. Le déploiement du réseau de centres labellisés INCa de phase précoce (CLIP²), auquel la Fondation ARC est associé, sera poursuivi.

Le lancement d'un programme « unique au monde par son ampleur » selon le Président de la République : le séquençage à haut débit du génome complet des tumeurs, afin d'individualiser la prise en charge des patients. L'objectif fixé est de séquencer le génome complet de 50 000 tumeurs à l'échéance du Plan. Une enveloppe de 60 millions d'euros sur la durée du Plan sera consacrée à l'équipement des établissements de soins en séquenceurs de nouvelle génération.

Les restes à charge seront diminués pour la reconstruction mammaire (via une réévaluation des actes pour les médecins) et une offre de chirurgie réparatrice sans frais pour les patients sera disponible d'ici 2020 dans chaque région. Les actes de dépistage et des examens complémentaires liés à celui-ci seront quant à eux intégralement pris en charge par l’Assurance maladie obligatoire et complémentaire.

L’accompagnement des malades

L'avènement d'une médecine de parcours, afin de fluidifier la prise en charge des patients, du diagnostic jusqu'au retour à domicile et au suivi. Cela entraînera un changement de l'organisation de l'offre de soins, qui s'appuiera sur un partage accru de l'information entre les différents professionnels de santé grâce à un dossier communicant de cancérologie (DCC), opérationnel d'ici 2015. Ce dossier intégrera  un programme personnalisé de l'après-cancer (PPAC) qui récapitulera les éventuels soins de suite, les examens de contrôle mais aussi les modalités d'accompagnements.

Un « droit à l'oubli » sera instauré pour garantir à chaque personne guérie d'un cancer un accès équitable au crédit. Le Plan cancer précise qu'il sera fixé « un délai au‐delà duquel les demandeurs d’assurance ayant eu un antécédent de cancer n’auront plus à le déclarer. Ceci concerne en priorité les cancers pédiatriques et avant la fin de l’année 2015 les autres cancers. »

Une meilleure information des patients, grâce à de nouveaux indicateurs de qualité. Pour François Hollande, les patients doivent « pouvoir connaître, comparer les performances des établissements et des services auxquels ils s'adressent » : ce sera le cas grâce au futur site national d'information en santé. Jacques Raynaud, Président de la Fondation ARC, estime que « ce plan est bon. Il met le patient au centre de toutes nos attentions. Il maintient l’engagement des pouvoirs publics dans la recherche et s’engage plus fortement dans la réduction des inégalités et la prévention. Nous serons vigilants sur sa mise en oeuvre. »


G.F.


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