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24 juin 2015

ASCO 2015 : un tournant dans le traitement des cancers

Le dernier Congrès mondial de l’ASCO (American Society of Clinical Oncology) à Chicago a confirmé l’émergence de ce que certains experts considèrent comme une véritable révolution : la médecine de précision. Des résultats majeurs ont en effet été présentés dans le champ des thérapies ciblées et de l’immunothérapie, deux pistes que la Fondation ARC a choisi de mettre au cœur de sa stratégie scientifique depuis plusieurs années et dans lesquelles elle occupe une position de premier plan.

Chaque année en juin, la communauté médicale et scientifique internationale a les yeux rivés sur Chicago où se déroule le plus grand congrès de cancérologie au monde, organisé par l’American Society of Clinical Oncology (ASCO).

Fait rare qui démontre que quelque chose est vraiment en train de se passer, les grands médias se sont beaucoup intéressés cette année à ce congrès qui réunit plus de 35 000 professionnels ! L’ASCO a en effet confirmé les extraordinaires avancées réalisées par la médecine de précision, basée sur l’individualisation de la prise en charge et qui s’appuie en particulier sur l’immunothérapie et les thérapies ciblées.

Immunothérapies : des résultats de plus en plus concrets

Alors que notre système immunitaire est supposé s’attaquer aux cellules cancéreuses, des mécanismes d’évasion ou de camouflage permettent aux cellules cancéreuses de lui échapper. Face à ces situations, les chercheurs ont développé deux pistes thérapeutiques : la réactivation d’un système immunitaire réduit au silence par les tumeurs, ou bien - si aucune réaction ne s’est développée spontanément - l’éducation des cellules immunitaires pour qu’elles organisent une réponse adéquate contre les cellules tumorales. Lors de cette dernière édition du congrès de l’ASCO, l’immunothérapie a encore marqué les esprits. Non seulement elle s’est souvent imposée face aux traitements standards des cancers du poumon, de la vessie, du lymphome de Hodgkin, du mélanome, mais elle s’est aussi révélée prometteuse pour de nouvelles localisations. Dans les cancers du foie avancés, par exemple, un essai de phase I/II a montré que le nivolumab (un anticorps anti PD-1) provoquait une réduction importante du volume de la tumeur chez 19 % des patients alors qu’une telle réponse n’est obtenue que dans 2 à 3 % des cas avec le traitement standard actuel. Selon les résultats présentés à l’ASCO, l’immunothérapie a permis de multiplier par deux la proportion de patients encore en vie après un an de suivi (62 % vs 30 %). Dans le mélanome métastatique, l’immunothérapie avait déjà fait la preuve de son utilité avec l’ipilimumab, mais un essai de phase III a montré cette année que l’association au nivolumab permettait de tripler la survie sans progression, une avancée inédite pour cette maladie.

Thérapies ciblées, une généralisation est-elle envisageable ?

Depuis plusieurs années, les essais cliniques de thérapies ciblées sont au cœur du congrès de l’ASCO. En 2015, les premières données du programme AcSé, dont la Fondation ARC est le principal partenaire financier, ont été remarquées : elles montrent qu’il est possible d’élargir l’accès des patients aux thérapies ciblées.

Le programme AcSé (accès sécurisé à des thérapies ciblées innovantes) a été lancé en juin 2013 sous l’impulsion de l’Institut national du cancer (INCa), réalisé par Unicancer en partenariat avec la Fondation ARC. Son principe est simple : dès lors qu’une thérapie ciblée est disponible pour un cancer donné, on considère que des patients atteints d’autres cancers doivent pouvoir en bénéficier si leur tumeur présente l’anomalie moléculaire ciblée par le traitement. Exemple, l’essai AcSé crizotinib initié en juillet 2013 : le crizotinib dispose d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) qui permet sa prescription aux patients atteints d’un cancer du poumon porteurs d’une mutation de la protéine ALK. Pourtant le crizotinib peut agir sur trois cibles, les protéines ALK, ROS1 et MET dont on sait qu’elles sont impliquées dans une vingtaine de cancers. À ce jour, le génome de plus de 4 000 tumeurs a été analysé et 120 patients pouvant recevoir cette thérapie ont été identifiés. Les résultats présentés à Chicago sont préliminaires mais ils montrent d’ores et déjà des réponses significatives chez des patients atteints de cancers du poumon et chez lesquels les gènes MET ou ROS1 sont altérés. Certains patients porteur d’une mutation de MET et atteints d’un cancer colorectal n’auraient, en revanche, pas tiré de bénéfice du crizotinib. Mobilisant les 28 plateformes de génétique moléculaire de l’INCa et plus de 150 centres de soins en France, ces premiers résultats montrent avant tout la faisabilité d’une organisation nationale destinée à assurer l’accès à des thérapies ciblées innovantes, hors AMM, pour des patients en échec thérapeutique. Ces données promettent clairement de faire bouger les lignes, tant sur la manière de concevoir les essais que dans l’organisation des soins.

Après les premiers pas…

Plus de 350 patients doivent encore être recrutés dans l’essai crizotinib, de très nombreux autres résultats sont donc attendus. Parallèlement, un second essai de même envergure évaluant une autre thérapie ciblée, le vemurafenib, a été initié en octobre 2014 grâce à l’implication de la Fondation ARC qui en assure la majeure partie du financement à hauteur d’1,6 million d’euros.

Ces essais cliniques d’un nouveau type ont fait des émules : l’ASCO et le National cancer institute américain ont chacun annoncé le lancement d’essais sur le modèle du programme AcSé. Ces études, françaises et américaines, permettront aux patients de bénéficier de thérapies nouvelles de manière rapide et sécurisée, car encadrées par un protocole strict d’essai clinique.

Enfin, au-delà des immunothérapies ou des thérapies ciblées, les oncologues s’accordent sur le fait que l’avenir de la cancérologie réside très certainement dans des combinaisons de toutes les approches thérapeutiques, combinaisons qui seraient ajustées pour chaque cancer, chaque patient.


R.D.


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