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26 mai 2016

Quand les cellules immunitaires retrouvent leur vocation antitumorale

Des cellules immunitaires qui réduisent l’action du système immunitaire ont été manipulées pour changer de mission. Une nouvelle stratégie d’immunothérapie pourrait voir le jour.

Le système immunitaire est constitué d’un nombre incalculable de cellules dont les missions sont différentes.

Certaines sont spécialisées dans la reconnaissance et la destruction des cellules cancéreuses, d’autres présentent à leur surface des échantillons des cellules qu’elles ont ingéré et « digéré » et préviennent ainsi les premières d’une présence anormale. D’autres, les lymphocytes T régulateurs (Treg) patrouillent dans l’organisme pour restreindre l’action des cellules destructrices, dont font partie les lymphocytes T effecteurs (Teff). L’immunothérapie vise généralement à influencer cet équilibre de manière à augmenter l’action anti-tumorale. Des chercheurs du Dana-Farber Cancer Institute ont mis au point une stratégie qui pourrait s’avérer très efficace, gageant que le destin des cellules immunitaires n’est pas gravé dans le marbre.

Les cellules Treg et Teff ont des missions diamétralement opposées mais elles sont malgré tout d’assez proches cousines. Une grande partie des cellules Treg provient d’ailleurs de Teff qui, dans un certain contexte physiologique, ont évolué pour finalement œuvrer au ralentissement de la réponse immunitaire. Ainsi, des travaux précédemment publiés dans Science par les chercheurs américains avaient permis de montrer que, dans un contexte inflammatoire, les Treg gardaient leurs propriétés immuno-suppressives tant qu’une protéine appelée Helios était présente en assez grande quantité. Leurs travaux actuels montrent que cet état de fait pourrait être exploité contre les cancers.

En réduisant la production d’Helios grâce à l’action d’un anticorps ad hoc, les chercheurs ont en effet réussi à transformer les lymphocytes Treg présents dans des tumeurs en lymphocytes Teff. Des expériences précliniques ont montré que le développement tumoral était alors significativement ralenti. L’originalité et l’intérêt de cette approche réside dans le fait que seules les Treg qui sont dans un contexte inflammatoire – comme c’est le cas dans une tumeur – sont sensibles au niveau d’Helios : si l’anticorps administré fait aussi chuter le taux de cette protéine dans des tissus sains, les Treg présentes n’y seront pas sensibles et resteront des Treg. Elles continueront à contenir l’agressivité du système immunitaire, une action qui permet d’empêcher d’éventuelles réactions auto-immunes. D’autres approches visant à supprimer les cellules Treg sont en effet envisagées mais comportent cet inconvénient majeur d’augmenter le risque de réaction auto-immunes en privant l’organisme d’un moyen de contrôle efficace.


R.D.

Source : Nakagawa, H. et al ; Instability of Helios-deficient Tregs is associated with conversion to a T-effector phenotype and enhanced antitumor immunity; PNAS; 16 mai 2016


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