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29 septembre 2017

Myélome multiple : du cœur des cellules à leur environnement

Pour mieux cerner une maladie très hétérogène, une équipe toulousaine, soutenue par la Fondation ARC, a choisi de multiplier les points de vue. De la moindre anomalie moléculaire des cellules cancéreuses au dialogue qui s’instaure entre celles-ci et leur microenvironnement, rien de devrait échapper aux chercheurs, qui comptent bien faire reculer, encore, la maladie.

Les myélomes multiples touchent plus de 4 000 nouveaux patients chaque année en France. Ils sont caractérisés par la prolifération anormale des cellules immunitaires qui produisent les anticorps, dans la moelle osseuse.

4 000
nouveaux patients
chaque année en France
54 %
survie nette
à 5 ans

Leur prise en charge classique repose sur une chimiothérapie intensive suivie d’une autogreffe de moelle osseuse (contenant les cellules souches sanguines) avant 65 à 70 ans, ou sur une chimiothérapie standard après 70 ans. Depuis quelques années, des progrès considérables ont été réalisés, grâce à de nouvelles molécules qui interviennent à différentes phases du traitement, de l’induction (en préparation de l’autogreffe) à la consolidation ou à l’entretien (après l’autogreffe, à plus ou moins long terme). Les protocoles de prise en charge évoluent rapidement et le nombre de nouvelles molécules testées ne cesse de croître. Pour autant, même si les résultats de ces essais sont souvent positifs et que certains patients bénéficient de rémissions très longues, la résistance aux traitements et les récidives constituent encore des obstacles à la guérison.

Principale cause de ces limites, la grande variabilité qui s’observe d’un patient à l’autre, qu’il s’agisse des signes cliniques au diagnostic et de l’évolution de la maladie, de la réponse aux traitements ou des caractéristiques biologiques des cellules cancéreuses...

Face à cette multiplicité de situations, la prise en charge thérapeutique doit pouvoir s’adapter, d’où un besoin impérieux de toujours mieux comprendre la maladie de chaque patient.

De l’anomalie moléculaire…

Afin de comprendre les dessous d’une telle variabilité, des résistances et des récidives, les chercheurs toulousains comptent tout d’abord sur une exploration extensive de la banque d’échantillons tumoraux que leur laboratoire constitue depuis de nombreuses années, grâce à la collaboration des médecins participant à l’Intergroupe francophone des myélomes. Dans cette banque, la plus importante du monde, 2 500 à 3 000 échantillons provenant des patients français sont répertoriés chaque année, avec les données cliniques qui leur correspondent (traitements suivis, évolution de la maladie, devenir des patients…). Une mine d’or pour les chercheurs, qui prévoient de déployer différentes approches de séquençage à haut débit pour identifier les anomalies moléculaires des cellules de myélomes - au diagnostic et tout au long de l’évolution de la maladie. Quelles caractéristiques moléculaires sont associées à la résistance à certains traitements, ou au contraire, à la sensibilité de certains patients ? Certaines anomalies génétiques permettent-elles de prédire le risque de récidive ? Peut-on envisager de cibler un nouveau mécanisme spécifique aux cellules cancéreuses ? L’enjeu est clair : il faut trouver les éléments qui permettront, à termes, de personnaliser au mieux les traitements.

… À une perception globale du système immunitaire

Pour réussir à enrayer la maladie, l’équipe d’Hervé Avet-Loiseau mise aussi sur une compréhension plus large de la biologie des myélomes. Plus précisément, ce sont les relations entre les cellules immunitaires cancéreuses et les cellules immunitaires qui constituent leur environnement immédiat, leur microenvironnement, qui intéressent les chercheurs. Tous les travaux portant sur le système immunitaire semblent en effet montrer que les différentes populations de cellules interagissent, se stimulent ou se modèrent mutuellement. Quels sont, alors, les relations entre les plasmocytes cancéreux et les autres cellules immunitaires, « saines », qui constituent l’environnement immédiat de la tumeur ? En identifiant les mécanismes qui régissent ces relations, les chercheurs espèrent mettre au point de nouvelles approches d’immunothérapie qui pourraient remettre en marche les défenses des patients, contre les cellules cancéreuses du myélome multiple.

L’autre enjeu de cette approche n’est pas secondaire : en comprenant mieux comment réagit le système immunitaire confronté au développement anormal d’une de ses composantes, l’espoir est aussi d’intervenir sur son efficacité générale, afin d’améliorer la santé des patients atteints de myélome multiple, particulièrement susceptibles de contracter des infections graves.

En se penchant à la fois sur les anomalies intrinsèques des cellules cancéreuses et sur les relations de celles-ci avec leur environnement, des perspectives d’approches thérapeutiques combinées et adaptées à chaque patient pourraient prendre corps.

Myélome multiple : des travaux mis à l'honneur en 2016

En mai 2016, le 44ème prix Fondation ARC Leopold Griffuel de recherche clinique et translationnelle a été décerné au professeur Michel Attal, directeur général de l’Institut Universitaire du Cancer Toulouse Oncopole. Cette distinction, la plus importante d’Europe en cancérologie, vient récompenser sa  carrière dédiée au traitement du myélome multiple. Son action, le professeur Attal l’a aussi menée à travers la création de l’Intergroupe francophone du myélome (IFM). Ce groupe coopérateur conçoit et met en œuvre, depuis plus de 20 ans, les essais cliniques qui font avancer les thérapies, informe les patients, anime un réseau de chercheurs… En sélectionnant ce lauréat, c’est donc aussi un travail collaboratif d’excellence que la Fondation ARC a voulu mettre à l'honneur. En savoir plus


R. D.

Le 21 septembre 2017, la Fondation ARC a remis une subvention de 400 000 euros à l’équipe du Professeur Avet-Loiseau, du Centre de recherche en cancérologie de Toulouse. En savoir plus


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