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23 septembre 2019

Cancer du pancréas, y voir plus clair dans la matrice tumorale

Pour mieux comprendre le rôle du microenvironnement des tumeurs pancréatiques dans la résistance aux traitements ou l’agressivité tumorale, des chercheurs ont tenté de démêler le réseau plus ou moins dense de cet environnement complexe.

La majeure partie de la masse d’une tumeur pancréatique n’est pas constituée de cellules cancéreuses. Celles-ci ne représenteraient en fait qu’environ 20 % de la tumeur. Le reste ? Tout d’abord des cellules de soutien, ou « stromales », des tissus pancréatiques, c’est-à-dire des cellules qui servent à organiser les structures nécessaires à la physiologie de l’organe ; mais aussi de nombreuses protéines qui forment ce que les biologistes appellent la matrice extracellulaire (MEC) : un réseau plus ou moins dense et fibreux, plus ou moins élastique ou rigide, qui conditionne le milieu dans lequel évoluent les cellules. On sait depuis longtemps que cette MEC du tissu pancréatique est modifiée dans les tumeurs. Des chercheurs américains et suédois ont voulu mieux comprendre son rôle afin d’envisager une intervention thérapeutique plus ciblée.

L’observation de tumeurs pancréatiques indique en effet clairement que la MEC est plus dense et plus fibreuse que celle du tissu sain. Cette modification s’accompagne d’une résistance aux traitements médicamenteux et semblerait aussi responsable d’une certaine imperméabilité du cœur de la tumeur au système de défense immunitaire. Malgré ces connaissances et l’existence d’outils pharmacologiques, les tentatives menées pour sensibiliser les tumeurs aux traitements en fragilisant la MEC ont souvent échoué… Pour mieux comprendre ces limites, les chercheurs américains et suédois ont mené une exploration au cœur de cette matrice, dans différents contextes : du tissu pancréatique sain à l’adénocarcinome pancréatique en passant par la pancréatite chronique… Ils ont systématiquement analysé le contenu protéique de cette matrice, pour savoir comment elle évoluait avec l’émergence d’une inflammation puis d’une masse cancéreuse.

Leurs résultats montrent que la quantité de protéines de la MEC augmente drastiquement mais surtout que cette augmentation s’accompagne d’une diversification importante. Ils sont par ailleurs parvenus à distinguer les protéines de la MEC qui étaient produites par les cellules stromales de celles qui provenaient de cellules cancéreuses. De façon très intéressante, cette contribution différentielle avait un impact sur l’agressivité des tumeurs : une plus forte teneur de la MEC en protéines produites par les cellules cancéreuses était associée à un moins bon pronostic. Parmi le grand nombre de protéines de matrice produites par les cellules stromales, certaines étaient aussi liées à un caractère agressif de la tumeur, d’autres étaient au contraire associées à une meilleure survie.

En conclusion, les auteurs de ces travaux considèrent qu’il est nécessaire de cibler bien plus précisément les stratégies thérapeutiques qui comptent sur la fragilisation de la matrice tumorale.


R.D.

Source : Tian, C. et al; Proteomic analyses of ECM during pancreatic ductal adenocarcinoma progression reveal different contributions by tumor and stromal cells; PNAS; Aout 2019


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