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09 octobre 2020

Cancers du sein: comment les cellules cancéreuses détournent les lipides

Des travaux soutenus par la Fondation ARC décryptent les mécanismes qui permettent aux cellules cancéreuses de détourner les ressources disponibles dans le tissu adipeux du sein.

Les cancers du sein se développent en contact direct avec le tissu adipeux qui entoure la glande mammaire. On sait depuis longtemps que le tissu adipeux du sein est modifié au contact des tumeurs, on sait aussi que les cellules cancéreuses exploitent largement ce tissu : les lipides qu’il contient sont une source d’énergie indispensable à la tumeur. En outre, les adipocytes, qui contiennent – et fournissent – ces lipides, produisent aussi des « adipokines », molécules porteuses de messages qui contribuent à stimuler la croissance tumorale. Au-delà du constat, les mécanismes précis qui régissent les interactions entre cellules cancéreuses et adipocytes sont encore mal compris. Des travaux soutenus par la Fondation ARC, réalisé au sein de l’Institut de Biologie Valrose (Nice) et en collaboration avec des chercheurs de l’Université de MacGill (Montréal), permettent aujourd’hui d’y voir plus clair.
 

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Pour caractériser les liens entre les cellules cancéreuses et les adipocytes, les chercheurs ont tout d’abord mis au point un modèle d’étude reconstituant certaines conditions « physiologiques » de la tumeur : les cellules cancéreuses étaient cultivées in vitro sous forme de sphères, que les chercheurs ont appelées « mammosphères », et mises en contact avec des adipocytes. Cet agencement permettait, notamment, de générer un contexte hypoxique pour les cellules cancéreuses (une faible teneur en oxygène de leur milieu), une contrainte dont on connait l’importance pour les « choix » métaboliques des cellules cancéreuses. Grâce à ces conditions expérimentales, il a été possible d’observer une modification du contenu des adipocytes jouxtant les cellules cancéreuses, semblable à celle qui peut être observée dans des échantillons tumoraux : dans ces adipocytes, les gouttelettes de lipides étaient plus petites et différents indices révélaient que des mécanismes de lipolyse (dégradation des lipides) étaient à l’œuvre.

En analysant plus précisément le comportement des cellules cancéreuses évoluant dans ces mammosphères, les chercheurs ont pu mettre en évidence la production d’une molécule, l’adrenomedulline, sous l’effet de l’hypoxie. Cette molécule est reconnue par les adipocytes chez qui elle déclenche une reconfiguration des réactions métaboliques, aboutissant à cette fonte des lipides. Quand les cellules cancéreuses étaient modifiées pour perdre leur capacité à exprimer cette molécule, les adipocytes qui étaient au contact des mammosphères ne changeaient plus d’apparence et leur métabolisme n’était plus perturbé. Selon les auteurs, ce mécanisme constitue une piste intéressante à explorer pour envisager des stratégies thérapeutiques ciblées. Des stratégies qui pourraient d’ailleurs concerner d’autres cancers, comme les cancers de la prostate, de l’ovaire ou encore des cancers du système nerveux central, qui évoluent eux aussi au contact direct de tissus adipeux. 


R.D.

Source : Paré, M. et al.; Breast cancer mammospheres secrete Adrenomedullin to induce lipolysis and browning of adjacent adipocytes; BMC Cancer; 20 août 2020


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