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22 juillet 2020

Jeûne : de nouveaux résultats pour accompagner une chimiothérapie

Les résultats d’un essai clinique réalisé auprès de femmes atteintes d’un cancer du sein semblent mettre en évidence le bénéfice d’un régime qui mime les effets métaboliques d’un jeûne.

Les bénéfices du jeûne dans la prise en charge des cancers font régulièrement couler beaucoup d’encre. Effets ciblés de la privation de nutriments sur les cellules cancéreuses, diminution des effets secondaires (de la chimiothérapie notamment)... Mais si les promesses sont nombreuses – et parfois largement entendues par les patients – les éléments tangibles qui les soutiennent restent faibles. Globalement, les données disponibles sont principalement issues de travaux fondamentaux voire d’études in vivo mais quasiment jamais d’essais cliniques. En décembre 2017, le réseau NACRe, dont la Fondation ARC est partenaire, publiait un rapport permettant de faire le point sur les connaissances. Publiés le 23 juin dans la revue Nature Communications, les résultats d’un essai clinique donnent enfin de nouveaux éléments pour mieux appréhender les effets d’un régime alimentaire restrictif dans la prise en charge des patients, en l’occurrence de femmes atteintes de cancers du sein.

L’étude a été menée auprès de 131 patientes touchées par un cancer du sein HER2 négatif de stade II/III et dont l’indice de masse corporelle n’était pas inférieur à 18kg/m². Le régime, très pauvre en calorie et en protéines, a été mis au point pour mimer les effets métaboliques d’un jeûne strict (eau exclusive) en limitant ses contraintes. Il a été « prescrit » aléatoirement à une moitié d’entre elles pendant les trois jours qui précédent et pendant leurs séances de chimiothérapie néoadjduvantes (une chimiothérapie administrée avant la chirurgie).

L’analyse des résultats par les cliniciens néerlandais met en lumière un certain nombre de données importantes : tout d’abord que le suivi d’un régime très restrictif, même s’il ne s’agit pas d’un jeûne strict, est difficile à respecter. 20 % des patientes ont réussi à le respecter pendant tous les cycles de chimiothérapie, un tiers pendant 4 cycles et plus de la moitié pendant les deux premiers cycles seulement. Malgré cette difficulté d’adhésion, les résultats restaient significatifs, avec, notamment, une augmentation de la proportion des réponses aux chimiothérapies. En outre, si le nombre d’effets secondaires n’était pas statistiquement différent dans les deux groupes de patientes, celles qui suivaient le régime n’ont pas eu besoin de traitement préventif des nausées. Le dernier enseignement, majeur, de cette étude concerne surtout la progression de la recherche clinique sur ce sujet du jeûne : malgré la conception d’un essai clinique randomisé et des résultats significatifs, leur interprétation n’autorise pas de conclusions définitives. Les auteurs eux-mêmes l’affirment : les résultats encourageants qu’ils ont obtenus appellent de nouvelles études pour les consolider.


R. D.

Source : de Groot, S. et al; Fasting mimicking diet as an adjunct to neoadjuvant chemotherapy for breast cancer in the multicenter randomized phase 2 DIRECT trial; Nature Communications; juin 2020


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