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09 septembre 2020

Tumeur in vitro : un nouvel outil pour choisir le meilleur traitement

Des chercheurs sont parvenus à mettre au point un modèle d’étude reproduisant in vitro la sensibilité de tumeurs à divers traitements.

La mise en œuvre d’une médecine de précision repose sur la capacité des médecins à appréhender l’identité de la tumeur de chaque patient pour y opposer le traitement le plus approprié. Pour y parvenir, de nombreux outils ont été mis au point ou font l’objet d’intenses recherches : analyses génétiques, identification d’indicateurs liés à l’état du système immunitaire qui évolue au contact de la tumeur, recherche d’indices d’imagerie… Quelle que soit la nature du biomarqueur recherché, l’enjeu est toujours de le corréler au degré de sensibilité de la tumeur à une thérapie. Mais les tumeurs sont complexes – c’est un euphémisme – et il est toujours difficile de savoir si la réponse à un traitement correspondra bien, chez un patient, à celle que l’on aurait attendu étant donné les indices disponibles. Grâce à une technique de « mise en culture » d’un échantillon tumoral, des chercheurs de Pékin sont parvenus à mettre au point un outil permettant de tester une batterie de médicaments pour faire émerger celui qui semble le plus efficace.

Leur technique repose principalement sur la mise en culture de différents types de cellules, que l’on trouve normalement dans la tumeur au côté des cellules cancéreuses, : cellules épithéliales, cellules de soutien, cellules immunitaires… Mises dans certaines conditions, ces cellules s’auto-assemblent et reforment des masses au sein desquelles s’organisent les relations entre cellules, mimant ainsi fidèlement la biologie de la tumeur. Cette fidélité, les chercheurs l’ont évaluée grâce à une série d’essais menés auprès de 59 patients touchés de cancers gastro-intestinaux ou de cancers du sein : l’évolution clinique des patients était prédite par l’observation des « organoïdes » formés in vitro avec une précision globale de 93 %.

Au-delà de la puissance prédictive de leur modèle, les chercheurs mettent en avant la reproductibilité de leur approche – les conditions de culture sont standardisées – dans des temps compatibles avec la prise en charge d’un patient : la mise en culture et les tests pharmacologiques pouvaient être réalisés en deux semaines après l’obtention des échantillons. Ce laps de temps correspond en général au délai minimal qui sépare une intervention chirurgicale des débuts d’un traitement de chimiothérapie.

Pour éprouver cette faisabilité, l’expérience a été menée auprès d’un patient touché par un cancer du rectum qui se trouvait en situation de récidive métastatique et chez qui la chimiothérapie conventionnelle ne donnait plus de résultat. Le test réalisé in vitro a révélé une sensibilité à une association de chimiothérapies parfois administrée à des femmes atteintes d’un cancer du sein. Après trois cycles de cette chimiothérapie « non-conventionnelle », une réponse positive a pu être observée, avec une régression ou une disparition de certains nodules et le recul de plusieurs marqueurs tumoraux. Ces résultats n’ont évidemment pas valeur d’essai clinique, mais les auteurs appellent maintenant de leurs vœux la réalisation de tels essais. Un potentiel grand pas pour la médecine personnalisée.


R. D.

Source : Yin, S. et al; Patient-derived tumor-like cell clusters for drug testing in cancer therapy; Science translational medicine; 24 juin 2020


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