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25 mai 2021

Neuroblastomes : aux origines embryonnaires d’un cancer pédiatrique

Des chercheurs ont comparé, unes à unes, des cellules de neuroblastomes à des cellules prélevées à différents stades du développement embryonnaire. Un travail de fourmi qui a permis de remonter aux origines de ces cancers et de mieux comprendre les différences de sévérité qui peuvent être constatées chez les jeunes patients.

Les neuroblastomes sont les tumeurs solides les plus fréquentes chez les enfants, après les tumeurs cérébrales. Ces cancers sont plus ou moins sévères et se répartissent ainsi en plusieurs groupes, associés également à des spécificités génétiques. Afin de mieux comprendre l’origine de ces disparités et imaginer des solutions pour intervenir, notamment, sur les formes les plus critiques, des chercheurs ont mené une comparaison des profils moléculaires de cellules cancéreuses et de cellules embryonnaires. Une filiation a pu être établie et des stratégies thérapeutiques pourraient se dégager.

C’est un véritable « retour aux sources », que les chercheurs allemands du KiTZ – le centre de recherche sur les tumeurs infantiles dirigé par Stefan Pfister, co-lauréat du 49ème Prix Griffuel – ont opéré. Leur défi était de comparer les cellules de neuroblastome à des cellules qui se trouvent à différents stades embryonnaires, pour établir des liens entre la sévérité de la maladie et le degré de différenciation de ces cellules qui, à terme, donnent normalement naissance aux glandes surrénales. On sait en effet que les neuroblastomes sont des cancers qui émergent à partir de cellules du système dit « adrénergique », c’est-à-dire lié à la transmission du signal porté par l’adrénaline, un système au cœur duquel se trouvent… les glandes surrénales.

L’analyse des cellules qui forment la glande surrénale à différents stades du développement embryonnaire humain a permis de décrire le rôle de certains gènes dans le déclenchement de voies de différenciation importantes : en fonction des gènes qu’elles expriment, des cellules progénitrices prennent des voies différentes et donnent naissance à plusieurs types de cellules dont les destinées divergent. Enfin, les chercheurs ont montré que les caractéristiques moléculaires de ces cellules embryonnaires – prises à différents stades du développement (de quelques semaines à quelques mois) – correspondaient aux caractéristiques des différentes cellules cancéreuses des jeunes patients. Très concrètement, les cellules prélevées chez les patients dont le neuroblastome était le plus agressif étaient très proches des cellules (saines) telles que décrites dans les stades précoces de développement embryonnaire. Au contraire, les cancers moins sévères étaient caractérisés par des cellules semblables à celles d’un système adrénergique relativement bien différencié tel qu’il peut être observé après deux mois – voire quatre – de développement du fœtus.

Ces observations, qui semblent très lointaines d’un progrès clinique tangible pour les jeunes patients, éclairent cependant d’un jour nouveau le rôle de certains gènes dans les mécanismes de développement de ces cancers pédiatriques. Sans offrir directement de nouvelles cibles thérapeutiques, les résultats obtenus laissent imaginer des stratégies thérapeutiques qui agiraient sur la plasticité des cellules très peu différenciées (une caractéristique des cellules embryonnaires progénitrices) et permettraient de lutter contre la résistance des neuroblastomes les plus agressifs aux traitements actuels.


R.D.
  
Source : Jasnky, S. et al; Single-cell transcriptomic analyses provide insights into the developmental origins of neuroblastoma; Nature Genetics; 25 mars 2021


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