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27 février 2018

Cancer colorectal : comment le brocoli pourrait se rendre utile

La modification de certaines bactéries de notre flore intestinale permettrait de produire une molécule anticancéreuse à partir du brocoli ingéré lors d’un repas.

« Contre le cancer, mangez des brocolis ! » Cette idée - souvent véhiculée - que certains aliments « miracle » comme les brocolis permettraient de lutter contre le cancer pourrait d’une certaine manière devenir une réalité, si les expériences réalisées récemment par une équipe de Singapour étaient transposées chez l’Homme.

L’objectif initial des chercheurs était de mettre au point une méthode permettant d’optimiser les propriétés anticancéreuses de certaines molécules présentes dans les brocolis et autres légumes crucifères (chou de Bruxelles, chou chinois, roquette…). Si ces plantes sont souvent mises sur le devant de la scène, c’est qu’elles sont riches en molécules appelées glucosinolates : sous l’effet d’une enzyme, la myrosinase, ces molécules sont transformées en sulforaphanes à l’effet anticancéreux avéré. Dans notre tube digestif, certaines bactéries de la flore intestinale produisent la myrosinase ; toutefois, leur activité est trop faible pour produire en quantité suffisante des sulforaphanes à partir des glucosinolates ingérés. Pour pallier cette insuffisance, les chercheurs ont mis au point une véritable « usine de production » en modifiant des souches bactériennes naturellement présentes dans notre tube digestif.

Dans un premier temps, les chercheurs ont sélectionné, dans le règne végétal, la myrosinase la plus efficace dans les conditions d’acidité et de température qui règnent dans le tube digestif et en particulier lorsque des tumeurs s’y développent. Le gène codant la myrosinase ainsi élue a ensuite été introduit dans le patrimoine génétique d’une bactérie du microbiote intestinal. Cette bactérie a alors été à nouveau modifiée pour exprimer à sa surface une molécule qui lui permet de se fixer préférentiellement sur les cellules cancéreuses, augmentant ainsi considérablement sa concentration au niveau de la tumeur à traiter.

Grâce à cette ingénierie génétique, des résultats remarquables ont été obtenus, in vitro comme in vivo, les tumeurs étant clairement réduites lorsque les bactéries se mettaient à l’ouvrage après un apport alimentaire de brocolis. Les auteurs suggèrent ainsi qu’il serait possible d’envisager un développement clinique pour prévenir dans certains cas le développement de cancers colorectaux ou, le cas échéant, pour accompagner les traitements déjà proposés aux patients touchés par ces cancers.


R. D.

Source : Chun Loong Ho et al ; Engineered commensal microbes for dietmediated colorectal-cancer chemoprevention; Nature biomedical engineering; janvier 2018


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