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04 décembre 2018

Cancer du pancréas, une nouvelle cible pour fragiliser l’environnement tumoral

Face aux difficultés rencontrées par les traitements actuels dans la lutte contre les cancers pancréatiques, de nombreuses équipes ont fait le choix de se focaliser sur l’environnement, très caractéristique, de ces tumeurs. Soutenue par la Fondation ARC, Ana Hennino a coordonné une exploration de ce microenvironnement afin de déterminer le rôle d’une protéine qui, d’après les résultats obtenus, pourrait bien être une cible prometteuse.

On le sait depuis de nombreuses années, le microenvironnement des tumeurs pancréatiques est l’un des éléments clés du développement de ces cancers. Il joue un rôle direct, en stimulant sa croissance et en la protégeant des défenses immunitaires, mais aussi un rôle indirect, en limitant la capacité des thérapies à pénétrer dans la tumeur et à y mener leur action. Dans cet écosystème, chaque détail biologique et moléculaire compte et constitue, du point de vue médical, un éventuel levier pour mettre au point une nouvelle stratégie thérapeutique. Dans ce contexte, l’équipe d’Ana Hennino, du centre de recherche en cancérologie de Lyon, accompagnée de collaborateurs marseillais, toulousains, coréens et italiens s’est penchée sur l’action d’une protéine qui attirait leur attention depuis quelques années...

βig-h3 est une des nombreuses protéines qui constituent la matrice dans laquelle baignent les cellules. En interagissant avec certaines protéines exposées à la surface des cellules, elle contribue au dialogue entre celles-ci et leur milieu extérieur. Dans certains cas, par exemple, ces interactions permettent aux cellules de se mouvoir dans la matrice. Il semblerait aussi, selon des résultats précédents de l’équipe lyonnaise, que βig-h3 soit capable d’agir sur la réactivité de cellules immunitaires dans le cadre d’une forme auto-immune de diabète. Considérant l’expression importante de βig-h3 dans le microenvironnement des tumeurs pancréatiques, Ana Hennino et ses collaborateurs ont tenté de découvrir son action potentielle sur le contexte immunitaire très particulier de ces cancers.

Première vérification, dans le modèle expérimental in vivo utilisé, la protéine βig-h3 est bien exprimée massivement par des cellules du microenvironnement tumoral. Plus intéressant, les chercheurs ont pu montrer qu’une fois émise dans la matrice, cette protéine était capable de limiter l’activité et la prolifération des cellules immunitaires potentiellement agressives vis-à-vis de la tumeur. Réciproquement, en réprimant l’expression de βig-h3 dans leur modèle expérimental, les chercheurs ont observé une baisse drastique de la croissance tumorale, concomitante à une immunité antitumorale plus active. Même si d’importantes confirmations doivent être réalisées grâce à l’analyse d’échantillons provenant de patients, ces données laissent clairement penser qu’une nouvelle cible d’immunothérapie pourrait émerger face aux cancers du pancréas.


R.D.


Source : Goehrig, D. et al; Stromal protein βig-h3 reprogrammes tumour microenvironment in pancreatic cancer; Gut; 10 novembre 2018


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