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08 juin 2018

Cancer du rein métastatique : un marqueur de la réponse à une thérapie ciblée

Des chercheurs français ont trouvé un moyen de suivre, à partir d’une simple prise de sang, la réponse des patients traités par une thérapie ciblée pour un cancer du rein métastatique.

Si les thérapies ciblées ont permis des progrès considérables dans la prise en charge de nombreux cancers avancés, on sait aussi qu’elles ne sont pas efficaces chez tous les patients. Identifier des indicateurs de cette réponse qui soient facilement mesurables est capital pour optimiser l’utilisation de ces thérapies. Des chercheurs français, soutenus par la Fondation ARC, pourraient bien avoir mis la main sur un tel biomarqueur.

Les « inhibiteurs de tyrosines kinases » sont des molécules qui, depuis le courant des années 2000, ont permis d’améliorer les perspectives de nombreux patients touchés par un cancer métastatique. Dans le cas des cancers du rein métastatiques, la thérapie ciblée appelée sunitinib agit sur une protéine qui capte le VEGF, une molécule qui stimule la croissance des vaisseaux sanguins. En bloquant ainsi l’action du VEGF, le sunitinib limite le développement anormal du réseau sanguin tumoral et donc, indirectement, celui de la tumeur. Si la thérapie ciblée a fait la preuve de son efficacité, l’expérience montre aussi que des résistances au traitement se mettent en place après quelques mois ou années. Suivre de près l’action du médicament est donc indispensable pour adapter rapidement la prescription en envisageant d’autres traitements.

Pour identifier un bon outil de suivi, des chercheurs soutenus par la Fondation ARC se sont intéressés aux conséquences moléculaires faisant suite à l’arrivée du VEGF au niveau des cellules endothéliales vasculaires, qui constituent la paroi des vaisseaux sanguins. Entre autres réactions, la tyrosine kinase qui capte le VEGF modifie très légèrement la structure d’une autre protéine, la VE-cadhérine, dont le rôle est d’établir des connexions fortes entre les cellules de la paroi vasculaire. Cette modification, si minime soit-elle, a pour effet de faciliter la « découpe » de la cadhérine et le relargage d’un fragment de cette protéine (sVE) dans la circulation sanguine. Ainsi, quand le sunitinib fait son œuvre, cette chaîne est rompue et la quantité de sVE dans le sang est plus faible. Au contraire, quand la thérapie ciblée n’est plus efficace, ce taux sanguin grimpe de façon significative.

Leurs travaux, réalisés à l’aide de modèles d’études in vitro mais aussi sur la base de données cliniques (plus de 130 patients atteints d’un cancer rénal métastatique), montrent que la mesure du taux sanguin de sVE quatre semaines après le début du traitement par sunitinb permet de distinguer les patients qui répondent de ceux qui ne tireront pas de bénéfice du traitement. Avec ce biomarqueur prédictif, dont l’usage doit encore être validé en clinique, la prise en charge des patients touchés par un cancer du rein métastatique pourraient être significativement améliorée.


R.D.


Source : Polena, H. et al ; The tyrosine-kinase inhibitor sunitinib targets vascular endothelial (VE)-cadherin: a marker of response to antitumoural treatment in metastatic renal cell carcinoma; British Journal of Cancer; 22 ,mars 2018
 


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