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04 avril 2018

Cancer du sein triple négatif, la piste de la capécitabine

Face aux cancers du sein triple négatifs qui résistent aux chimiothérapies actuelles, une nouvelle piste pourrait s’ouvrir.

Sans hormonothérapie ni thérapie ciblée anti-HER2, la prise en charge des cancers du sein triple négatifs repose principalement sur une chimiothérapie intensive administrée avant l’opération, quand celle-ci est envisageable. Mais pour les patientes dont la tumeur résiste à cette chimiothérapie de première intention, les solutions sont réduites. Des travaux soutenus par la Fondation ARC ouvrent une perspective.

Les cancers du sein triple négatifs (sans récepteurs hormonaux et ne surexprimant pas la protéine HER2) représentent 15 à 20 % des cas de cancers du sein et sont généralement plus agressifs. Mais cette appellation regroupe en fait un ensemble assez hétérogène de situations cliniques. Dans certains cas les tumeurs réagissent très bien à la chimiothérapie et des réponses complètes sont observées. Cependant, chez plus de la moitié des patientes, une maladie résiduelle persiste après ce traitement et augmente alors le risque de récidive distante. Coordonnée par Fabien Reyal, chirurgien spécialiste du cancer du sein et chef de l’équipe de recherche « Résidu tumoral et réponse au traitement » à l’Institut Curie, une étude soutenue par la Fondation ARC fournit les données pré-cliniques qui permettent d’envisager une nouvelle piste de traitement pour ces patientes.

En premier lieu, les chercheurs parisiens ont mis au point une approche expérimentale permettant de tester différentes thérapies, en laboratoire, sur les cellules provenant de patientes dont les tumeurs résistaient à la chimiothérapie classique. Leurs résultats ont tout d’abord permis de vérifier que leur modèle d’étude reflétait bien l’évolution clinique de la tumeur résiduelle des différentes patientes. En particulier, les cellules étaient résistantes aux anthracyclines, aux taxanes et aux sels de platine, les classes de chimiothérapie utilisées contre ces cancers.

Plus intéressant, l’expérience a révélé que, à l’exception des cas de prédisposition génétique due à des mutations de BRCA1/2, les tumeurs résiduelles étaient sensibles, dans 60 % des cas, à une autre molécule, la capécitabine. Mieux, les chercheurs se sont rendu compte que la sensibilité à la capécitabine était corrélée à l’expression de deux gènes - RB et TYMP - le premier étant lié au développement de nombreux cancers et le second étant impliqué dans la transformation de la capécitabine en une molécule plus active du point de vue pharmacologique.

Enfin, la sensibilité des tumeurs résiduelles à la capécitabine semblait moindre quand les patientes avaient été traitées au préalable par le 5 fluoro-uracile une molécule dérivée de la capécitabine. Ce phénomène, qui s’apparente à l’acquisition d’une résistance par les tumeurs, laisse penser qu’un traitement à la capécitabine pourrait être envisagé dès la première ligne chez les patientes dont les cellules cancéreuses résiduelles expriment fortement les gènes RB et TYMP.


R. D.

Source : Marangoni, E. et al ; Capecitabine efficacy is correlated with TYMP and RB expression in PDX established from triple-negative breast cancers ; Clinical Cancer Research ; 20 février 2018


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