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04 janvier 2019

Cancer du sein : vers une nouvelle cible d’immunothérapie

Notre système immunitaire est d’une complexité vertigineuse. Les cellules qui le constituent, de natures très différentes, communiquent entre elles et, grâce à de nombreux mécanismes, certaines sont stimulées, d’autres mises en sommeil, afin d’adapter la réactivité de nos défenses. La force des tumeurs réside alors dans leur capacité à détourner ces mécanismes à leur profit. Réciproquement, chaque nouveau détournement mis au jour ouvre des perspectives cliniques passionnantes, comme en témoignent les derniers travaux du laboratoire dirigé par Guido Kroemer, lauréat du 41ème Prix Fondation ARC Léopold Griffuel.

Etre mangées ou ne pas être mangées, la question se pose à peu près en ces termes aux cellules de cancer du sein qui, après avoir été exposées au traitement de chimiothérapie, se trouvent, mourantes, face aux cellules dendritiques, véritables sentinelles de notre système immunitaire. Deux scénarios, donc : 1° les cellules cancéreuses sont identifiées et ingérées par les cellules dendritiques. Celles-ci exposent ensuite des extraits des cellules cancéreuses à d’autres cellules immunitaires, activant ainsi celles qui s’avèrent capables de reconnaitre les cellules cancéreuses qui auraient survécu ; 2° les cellules cancéreuses mourantes parviennent à empêcher les cellules dendritiques de les absorber, épargnant ainsi aux survivantes de faire face à une réponse immunitaire efficace. En explorant les évènements moléculaires qui surviennent lors de la mort des cellules de cancers du sein exposées à certaines chimiothérapies, Guido Kroemer et ses collaborateurs ont trouvé la faille qui permettrait de passer du second au premier scénario.

Lorsqu’elles sont sur le point de mourir, après avoir subi l’action d’une chimiothérapie, les cellules cancéreuses exposent à leur surface une protéine appelée calréticuline, qui constitue un fort signal pour les cellules dendritiques. Les chercheurs parlent d’un signal « eat-me », « mange-moi », explicite. Mais différentes équipes ont aussi montré que les cellules de cancer du sein avaient aussi tendance à exprimer massivement la protéine CD47, qui constitue un signal inverse pour les cellules dendritiques : lorsqu’elles reconnaissent la protéine CD47 à la surface d’une cellule qu’elles rencontrent, les cellules dendritiques passent leur chemin sans réagir. Dans une série d’expériences menées in vivo, les chercheurs ont réussi à montrer qu’un traitement de chimiothérapie associé à une molécule bloquant la reconnaissance de CD47 permettait de limiter drastiquement la croissance tumorale et d’augmenter le taux de survie des souris. Ce constat était par ailleurs étayé d’observation biologiques : grâce à l’anti-CD47, la zone tumorale était presque totalement dépourvue de lymphocytes T dits « régulateurs » et appauvrie en macrophages de type M2, deux populations de cellules qui limitent l’action des cellules immunitaires potentiellement anticancéreuses.

Parallèlement à ces travaux, des chercheurs californiens ont mené une étude comparable, évaluant l’action d’un gel applicable en spray lors de l’ablation chirurgicale de tumeurs solides. Les résultats obtenus montrent là-aussi que ce levier permet l’activation du système immunitaire et la réduction du risque de récidive après chirurgie. Quelle que soit l’approche envisagée, le fait de cibler la protéine CD47 semble bel et bien ouvrir des perspectives d’immunothérapie intéressante.


R. D.

Source : Iribarren, K. et al; Anticancer effects of anti-CD47 immunotherapy in vivo; Oncoimmunology; 11 décembre 2018 Chen, Q. et al; In situ sprayed bioresponsive immunotherapeutic gel for post-surgical cancer treatment; Nature nanotechnology; 10 décembre 2018


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