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Prévention des cancers, les raison d'espérer

Tribune de Jacques Raynaud, président de la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, parue dans La Croix du 20 mars 2013.

Trois-cent soixante cinq mille nouveaux cas de cancers sont diagnostiqués chaque année en France. 1 000 par jour ! Certes nous parvenons aujourd'hui à guérir une personne sur deux. Les progrès réalisés par les chercheurs nous permettent même d'envisager que nous guérirons deux cancers sur trois d'ici peu. Peut-on pour autant se satisfaire de tels chiffres ? Assurément non.

Car les cancers continuent à représenter la première cause de mortalité en France et il est humainement inconcevable de se contenter d'observer cette baisse tendancielle de la mortalité. Chaque cas de cancer, quelle que soit son issue, représente pour les personnes concernées et leurs familles de grandes souffrances et des traumatismes tels que nous devons continuer à nous mobiliser.

La première ligne de défense à opposer au cancer semble évidente : éviter qu'il ne survienne. Comment ? Par la prévention. En la matière, notre marge de progrès est tout simplement considérable. La recherche nous permet aujourd'hui d'affir­mer avec force que 40 % des cas de cancers pourraient être évités grâce à la prévention.

Les Français semblent pourtant résignés face au cancer. Exposés, voire surexposés à de nombreux messages de prévention qui peuvent leur paraître contradictoires, ils semblent perdus et fatalistes... Le paradoxe réside dans le fait que si les principaux facteurs de risque sont connus des Français, il leur est très difficile de les hiérarchiser et de les pondérer. Selon une enquête réalisée par la Fondation ARC, 70 % d'entre eux déclarent ne jamais avoir mis en place d'action spécifique de prévention et 52 % pensent même avoir de fortes chances de développer un cancer quel que soit leur comportement.

Face à de telles contradictions, il est urgent de rappeler que 30 % des décès par cancer sont liés à des comportements individuels. Le tabac, qui représente à lui seul 24 % des décès par cancer ainsi que l'alcool arrivent largement en tête de ces facteurs comportementaux, suivis de l'alimentation et d'une activité physique insuffisante. Les infections à l'origine de cancers, qu'elles soient virales ou bactériennes, représentent la seconde cause de mortalité (20 %), plus particulièrement dans les pays pauvres. Des infections dont il est en partie possible de se prémunir grâce à la vaccination et à un suivi médical régulier. 5 à 10 % des décès par cancer sont dus à des facteurs environnementaux (pesticides, amiante, pollution, radia­ tions...). Les facteurs strictement héréditaires ne représentent quant à eux "que" 5 à 10 % des cas de décès. Le vieillissement de la population, que l'on peut également qualifier, de façon plus positive, de "plus grande espérance de vie", constitue quant à lui un facteur de plus en plus prépondérant dans l'apparition des cancers et il serait pour le moins malvenu de le regretter.

Alors prenons garde à ne pas sombrer dans le pessimisme car tout n'est pas négatif. Loin de là. Nous pouvons même nous réjouir d'observer une progression continue de l'état de santé moyen de la population. Mais nous avons atteint un plafond. Si nous voulons franchir un nouveau cap et continuer à progresser, il nous faut "passer à la vitesse supérieure" en matière de prévention.

La recherche sur les traitements des cancers constitue un enjeu fondamental et les efforts réalisés dans ce domaine doivent se poursuivre, d'autant plus qu'ils se révèlent très efficaces et contribuent à sauver toujours plus de vies. Mais, il nous faut parallèlement accentuer nos efforts dans un domaine peut-être moins immédiatement perceptible mais tout aussi déterminant, celui de la recherche en prévention. Pourquoi le grand public ne prend-il pas davantage en compte les messages de prévention ? Comment expliquer qu'il y ait de telles disparités sociales face au cancer, notamment dans le domaine de la prévention et du dépistage ? Comment ajouter à une politique de prévention généralisée pour tous une stratégie de prévention personnalisée pour chacun ? Comment mieux prendre en compte les populations à haut risque de cancer ? Quels sont les facteurs de risques émergeants ?

Ces questions sont cruciales et nous commandent d'agir. Elles constituent un formidable champ de recherche qu'il nous faut massivement investir. En décidant de consacrer plus de 15 millions d'euros sur trois ans à ces différentes thématiques, la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer entend contribuer à cet effort.

La recherche a un rôle un important à jouer. Pour qu'elle puisse accompagner et éclairer les évolutions de la société, elle doit être transparente et proche des gens. Grâce aux résultats qu'elle obtient, elle a également vocation à nourrir le débat public et à tracer de nouvelles voies pour que les Français, les pouvoirs publics et les acteurs de la santé continuent à se mobiliser et à concevoir des formes d'actions toujours plus imaginatives et efficientes. En matière de prévention des cancers, nous avons en effet dès aujourd'hui les moyens d'agir. En perspective, un formidable espoir : éviter, grâce à la prévention, 400 cas de cancer par jour en France.


Tribune de Jacques Raynaud, président de la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, parue dans La Croix du 20 mars 2013.


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