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Résistance à la chimiothérapie : la mise en cause du tissu graisseux

Les derniers résultats d’une équipe californienne montrent comment les cellules graisseuses de notre organisme agissent sur une molécule de chimiothérapie.

Quand une molécule thérapeutique pénètre dans notre organisme, elle est exposée à un environnement d’une complexité telle qu’il est compliqué d’anticiper toutes les embûches qui l’attendent. Comment parviendra-t-elle à sa cible, et dans quel état ?!

Cette question, des chercheurs de Los Angeles se la posent depuis plusieurs années et s’intéressent plus particulièrement à l’influence des adipocytes – les cellules qui constituent nos tissus graisseux – sur les traitements. En effet, les données cliniques montrent que l’obésité et le surpoids sont des facteurs de risque de récidive et de moins bon pronostic en général, mais les dessous biologiques de cette constatation ne sont pas toujours bien compris. En l’occurrence, les chercheurs se sont penchés sur une chimiothérapie, la daunorubicine, prescrite aux patients atteints de leucémie aigüe lymphoblastique (LAL), des premiers résultats ayant montré qu’elle perdait son efficacité lorsque des adipocytes étaient mis en présence des cellules de LAL.

Grâce à des expériences menées in vitro, des mesures précises de la concentration en daunorubicine et en daunorubicinol, un dérivé inactif de la chimiothérapie, ont pu être réalisées dans des cellules, leur milieu de culture mais aussi dans des tissus. Lorsque des adipocytes étaient présents, la daunorubicine disparaissait au profit de son dérivé inactif, laissant les cellules de LAL libre de proliférer. Pour aller encore plus loin, les chercheurs ont montré que les adipocytes exprimaient massivement des enzymes capables de métaboliser la chimiothérapie. Dans les tissus graisseux, les adipocytes seraient donc en mesure de « capter » la daunorubicine puis de la rendre inoffensive.

Dans le micro-environnement d’une tumeur, la présence massive de cellules graisseuses serait donc un déterminant de l’efficacité d’une chimiothérapie. Si les expériences menées ici concernaient la daunorubicine, les auteurs de la publication précisent bien que les adipocytes disposent d’un arsenal important d’enzymes capables de métaboliser d’autres types de molécules thérapeutiques. La question pourrait donc être pertinente pour les tumeurs solides se développant dans des tissus potentiellement riches en graisses, comme le sein ou la moelle osseuse, par exemple. Hasard de l’actualité scientifique, ces résultats font écho à d’autres, relayés ici-même le mois dernier. Des chercheurs avaient alors mis en évidence la destruction d’une chimiothérapie par des populations bactériennes présentes dans le micro-environnement tumoral. S’il paraît illusoire de parvenir à maîtriser tous les facteurs qui conditionnent le succès d’une thérapie, l’ensemble de ces données permet de mieux appréhender les situations et d’envisager une adaptation des traitements, pour en optimiser l’efficacité.


R. D.

Source : Shenq, X. et al ; Adipocytes Sequester and Metabolize the Chemotherapeutic Daunorubicin; Molecular Cancer Research; 8 novembre 2017


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