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27 avril 2018

Restriction protéique, immunité et cancer : une piste anti-tumorale ?

Des travaux précliniques soutenus par la Fondation ARC suggèrent qu’une diminution des apports alimentaires en protéines pourrait favoriser l’action du système immunitaire contre les tumeurs.

Combattre un cancer grâce à son alimentation ? Si les promesses sont nombreuses, la réalité des données scientifiques invite surtout à la prudence vis-à-vis de conduites qui, dans certains cas, peuvent mettre la santé des patients en danger. Pour autant, comprendre les effets de modifications du régime alimentaire sur le développement cancéreux est une question scientifique qui intéresse de nombreux chercheurs et médecins. 
 

Jeûnes thérapeutiques, aliments « anti-cancer »… Pour l’instant, la seule certitude est celle de l’absence de preuves scientifiques appuyant ces prétendues solutions, comme le soulignait un rapport sur la relation entre le jeûne, les régimes restrictifs et le cancer, publié par le réseau NACRe en novembre 2017. Pour autant, sachant que l’alimentation a une influence sur l’équilibre physiologique d’un organisme, il s’avère important de chercher à savoir si ce que nous mangeons agit sur le développement tumoral. L’équipe niçoise de Jean-Ehrland Ricci, soutenue par la Fondation ARC, s’est penchée sur les conséquences d’une restriction alimentaire en protéines ou en glucides. Les résultats de leurs travaux, publiés dans la revue Cell metabolism, ouvrent des pistes intéressantes.

La question posée par les chercheurs du Centre méditerranéen de médecine moléculaire (C3M) était simple : sans réduire le nombre de calories consommées, une réduction des apports alimentaires en protéines ou en glucides peut-elle ralentir le développement tumoral ? Leurs travaux, réalisés chez la souris, ont clairement révélé que la restriction protéique permettait de limiter la croissance tumorale et d’allonger la durée de vie des souris, ce qui n’est pas le cas pour un régime appauvri en glucides.

Mieux, une analyse détaillée des tumeurs a montré que la restriction protéique augmentait significativement le nombre de cellules immunitaires ayant une action anti-tumorale spécifique. Le régime n’aurait donc pas une action toxique directe sur les cellules cancéreuses, mais stimulerait les défenses naturelles de l’organisme. Cette présence massive de cellules immunitaires serait liée à la libération de signaux par les cellules cancéreuses « stressées » par le manque d’acides aminés (les constituants de base des protéines).

Les auteurs alertent enfin sur les limites de leur étude, les mécanismes immunitaires et métaboliques décrits par leurs travaux n’étant pas directement transposables à l’humain. Par ailleurs, le degré de restriction protéique nécessaire au déclenchement de ces mécanismes n’a pas été précisé et il est possible qu’il ne puisse pas être atteint en toute sécurité chez des patients. Cette étude vient appuyer l’idée qu’il est possible que nos conduites alimentaires aient un effet significatif sur la croissance tumorale, mais de nombreux travaux doivent encore être accomplis avant que l’on puisse proposer des « régimes anti-cancer » aux patients !


R.D.

Source : Rubio-Patiño, C. et al ; Low-Protein Diet Induces IRE1α-Dependent Anticancer Immunosurveillance ; Cell metabolism ; Avril 2018
 


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