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04 juillet 2019

Tumeur pulmonaire et système immunitaire, récit d’une rencontre

Des travaux récents permettent de comprendre les liens qui se tissent entre les cellules du tissu bronchique et le système immunitaire, dès les premières étapes du développement cancéreux chez des fumeurs. Une intervention très précoce sur le système immunitaire pourrait éviter la formation de ces cancers agressifs.

On connait globalement les étapes qui mènent un tissu pulmonaire sain à se transformer en un cancer invasif : une simple hyperplasie locale (légère augmentation du volume du tissu) évolue en dysplasie, légère puis modérée, quand l’organisation et la nature du tissu accumulent des anomalies ; cette dysplasie peut ensuite devenir sévère et donner naissance à une tumeur cancéreuse localisée, puis invasive, lorsque les cellules perdent les derniers points de contrôle de la prolifération et d’ancrage à leur tissu d’origine. Face à ces transformations, que fait le système immunitaire ? On sait qu’il veille - dans le tissu bronchique comme dans tout l’organisme - et qu’il a normalement la capacité de reconnaitre et d’éliminer les cellules anormales. On sait aussi qu’en cas de cancer, le système immunitaire est tenu au silence par de nombreux mécanismes d’autorégulation détournés par la tumeur. Mais pourquoi ne réagit-il pas lors des premières étapes de transformation du tissu bronchique, quand le cancer n’est pas encore installé ?

Pour éclaircir cette zone d’ombre, une étude coordonnée par Jérôme Galon et publiée dernièrement dans la revue Nature s’est attachée à décrire dans le détail l’évolution conjointe du tissu pulmonaire et du système immunitaire dans des échantillons prélevés au sein d’une cohorte de fumeurs. Au total, ce sont 122 biopsies provenant de 77 personnes qui ont été minutieusement analysées : le degré de transformation du tissu pulmonaire a été déterminé (selon une classification en 9 stades) et l’état du système immunitaire a été décrite avec un niveau de détail exceptionnel : 18 types de cellules immunitaires ont notamment été identifiés et quantifiés, tout comme de nombreux messagers moléculaires utilisés par notre système de défense pour se mettre en action ou, au contraire, pour se mettre en veille.

Les résultats publiés montrent que le système immunitaire est bien présent et actif dès les premières anomalies détectées dans le tissu pulmonaire. Mais ils montrent également que les prémices de sa mise sous silence se mettent en place très tôt elles aussi, avant que la moindre lésion cancéreuse ne se soit développée.

Forts de ces observations, les auteurs proposent que la mise au point d’approches préventives soit envisagée pour les gros fumeurs, particulièrement à risque de développer les cancers du poumon sur lesquels l’étude a été menée. Elles reposeraient sur la stimulation des cellules immunitaires dans l’épithélium pulmonaire afin de maintenir une pression suffisamment dissuasive pour limiter le développement tumoral.


R.D.

Source : Mascaux, C. et al; Immune evasion before tumour invasion in early lung squamous carcinogenesis; Nature; 26 juin 2019


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