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12 février 2020

Les cancers du sein : expliquer la diversité clinique à l’échelle de la cellule

Des travaux portant sur l’analyse, cellule par cellule, de centaines d’échantillons tumoraux, ont permis d’identifier de nouvelles caractéristiques tumorales associées à l’évolution clinique de la maladie.

Les cancers du sein sont classés selon certaines caractéristiques biologiques, déterminées à partir de l’analyse des échantillons prélevés lors de la biopsie. L’une d’elles est la présence des récepteurs aux œstrogènes ou à la progestérone, ou celle du récepteur « HER2 » à un facteur de croissance. Ces données informent sur la nature des cellules cancéreuses en pointant l’un des mécanismes qui régissent leur croissance anormale : la sensibilité exacerbée aux hormones sexuelles ou à un facteur de croissance, en l’occurrence. Pour les médecins, ces indications sont cruciales, puisqu’elles permettent d’orienter la prise en charge des patientes. Cruciales mais insuffisantes, tout d’abord parce que les thérapies proposées ne sont pas efficaces dans tous les cas. Selon les auteurs d’une étude publiée en ce début d’année dans la revue Nature, cette insuffisance pourrait être liée au fait que la classification biologique des tumeurs mammaires ne repose que sur la présence de plus de 1 % de cellules cancéreuses portant des récepteurs hormonaux ou de plus de 10 % d’entre elles qui expriment massivement le récepteur HER2. Des proportions faible qui laissent en effet un champ très large à d’autres caractéristiques, actuellement non prises en compte : si 12 % des cellules cancéreuses observées arborent massivement le récepteur HER2, quelle est la nature biologique des 88 autres pourcents ?

Pour combler ce manque, un travail colossal a été mené sur des échantillons prélevés auprès de plus de 350 patientes dont 281 avaient pu être suivies à long terme. Grâce à une technique très avancée d’imagerie en microscopie, 35 biomarqueurs ont pu être analysés simultanément, cellule par cellule, sur chaque échantillon. Trente-cinq protéines qui révèlent un aspect de la biologie des cellules qui les expriment : le récepteur aux œstrogènes, bien-sûr, HER2, évidemment, mais aussi des protéines dont la quantité reflète la vitesse de prolifération des cellules ou leur degré d’engagement dans certaines voies de différenciation, par exemple. En fin de compte, sur le principe, cette observation rejoint celle qui est faite par tous les anatomopathologistes dans le processus diagnostique des cancers. Mais la technique employée permet de démultiplier les biomarqueurs observés sur un même échantillon et donc de décrire bien plus précisément les cellules en présence.

Outre les cellules cancéreuses, les chercheurs se sont aussi attachés à caractériser les cellules du microenvironnement tumoral : vaisseaux sanguins, cellules de soutien, cellules immunitaires… Cette approche a permis de distinguer des ilots de cellules aux caractéristiques semblables ou de remarquer les regroupements récurrents de plusieurs types de cellules. Surtout, les chercheurs sont parvenus à associer statistiquement ces différentes observations aux données cliniques enregistrées lors du suivi des patientes. Cette approche descriptive approfondie pourrait, à l’avenir, fournir des indications précieuses pour l’orientation thérapeutique des patients et, par ailleurs, aider à comprendre comment interagissent les différentes communautés de cellules qui peuplent la tumeur.


R. D.

Source : Jackson, H.W. et al; The single-cell pathology landscape of breast cancer; Nature; 20 janvier 2020


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