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06 octobre 2022

Cancer du sein et pollution de l’air : résultats marquants d’une étude au long cours

Soutenue depuis 2016 par la Fondation ARC, l’étude XENAIR dévoile de nouveaux résultats permettant d’estimer le poids de certains polluants de l’air dans la survenue de cancers du sein.

En 2015, la Fondation ARC lançait un appel à projets pour soutenir des recherches visant à faire progresser la prévention des cancers liés à l’exposition aux polluants de l’air. Dans ce contexte, quatre projets de grande ampleur avaient été retenus, pour un financement global de 3,6 millions d’euros. Parmi ceux-ci, le projet porté par la Dr Béatrice Fervers, à Lyon, se proposait de documenter les liens qui semblaient exister entre le risque de cancers du sein et l’exposition à différents polluants de l’air, dont des perturbateurs endocriniens.

Pour y parvenir, les chercheurs lyonnais et leurs partenaires, français et anglais, se sont appuyés sur la grande cohorte E3N, comportant près de 100 000 femmes âgées de 40 à 65 ans au moment de l’inclusion, en 1990, et suivies pendant 21 ans. Leur travail a relevé alors, en premier lieu, de la « prouesse méthodologique » : il a fallu, en effet, caractériser la nature et l’intensité des pollutions auxquelles les participantes avaient été exposées, mais aussi prendre en compte tous les autres facteurs connus de risque de cancers du sein (facteurs hormonaux, génétiques, comportementaux ou environnementaux).

Dioxines, particules fines (ou très fines, PM10, PM2,5), cadmium, dioxyde d’azote (NO2), benzo[a]pyrène (BaP), ozone, polychlorobiphényles (PCB153)… La densité et la dispersion de ces polluants liés à des rejets industriels, à la combustion de bois, au trafic routier etc. ont été modélisées pour réussir à retracer l’exposition des femmes de la cohorte en fonction de leur lieu d’habitation.
Finalement, grâce à la comparaison de multiples groupes de femmes de la cohorte E3N, touchées ou non par un cancer du sein, l’étude révèle certains liens significatifs.

  • Le NO2 (émis par le trafic routier), par exemple, serait associé à un surrisque d’environ 9% chez les femmes les plus exposées.
  • Les particules PM10 et PM2,5 seraient, elles, responsables d’une hausse de 8 et 13 % du risque.
  • Le BaP, provenant de la combustion du bois, de la cigarette, des pots d’échappement, du goudron de houille, mais aussi présent dans les viandes grillées, augmenterait de 15 % le risque.
  • Le PCB153, enfin, provenant d’émissions industrielles, remporterait la palme avec un surrisque de 19 %.

Pour ces deux derniers polluants, aux propriétés de perturbateurs endocriniens, l’association serait encore un peu plus forte lorsque l’exposition survient chez les femmes en période de « transition ménopausique ».

Globalement, cette étude permet de quantifier le risque associé à un dépassement des normes environnementales – chronique dans de nombreuses zones urbaines en France – et de le traduire en coût pour la société. Ainsi, si les seuils de dioxyde d’azote définis par l’OMS en 2021 avaient été respectés pendant la période de suivi des femmes, 8,9 % des cancers observés auraient pu être évités. L’équivalent de 3 772 cas et 899 décès pour l’année 2018. En termes financiers, incluant les coûts tangibles et intangibles qu’implique la survenue de ces maladies, ce sont plus de 2,5 milliards d’euros qui auraient pu être économisés.



R.D.


Source : dépêche APM ; 9% des cancers du sein seraient évitables en France si les niveaux de dioxyde d'azote atmosphérique étaient abaissés ; lundi 3 octobre 2022