Back to top
Intro donation

Contribuer

à la recherche sur le cancer

Contribuer à la recherche sur le cancer :
Don ponctuel
Don mensuel
Punctual donation buttons
Regular donation buttons

Leucémies de l'enfant : les traitements

Les traitements diffèrent considérablement selon le type de leucémie développée chez l’enfant. De plus, l’élaboration du protocole thérapeutique est étroitement liée aux avancées de la recherche en oncopédiatrie.

La prise en charge des leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL)

La durée du traitement d’une LAL est en moyenne de 2 à 3 ans. Ce traitement repose 
essentiellement sur l’administration de polychimiothérapies (association de plusieurs médicaments de chimiothérapie) et se déroule en trois phases.

Dans de rares situations (moins de 5 % des patients), en cas de maladie particulièrement agressive, une greffe de moelle est proposée après 3 à 4 mois de chimiothérapie.
Un cathéter dit « central », facilitant les prélèvements sanguins, l’administration de médicaments par voie veineuse et les transfusions, est posé au cours d’une petite intervention chirurgicale, avant le début du traitement proprement dit. Il est inséré, au niveau du cou ou du thorax, dans l’une des grosses veines qui mènent au cœur.

La phase d’induction

Elle dure environ 35 jours et nécessite une hospitalisation. L’objectif est de détruire un maximum de cellules leucémiques. Pour ce faire, quatre médicaments sont associés : des corticoïdes, ainsi que trois molécules antitumorales (vincristine, daunorubicine et asparaginase).
Grâce à ce type de protocole, une rémission complète est obtenue dans 98 % des cas et les principaux symptômes disparaissent. La rémission complète, ou « réponse complète », est définie par un nombre de cellules anormales inférieur à 5 % sur le myélogramme.
Les cellules anormales résiduelles (qu’on ne voit plus au microscope) doivent cependant être éliminées pour éviter la rechute. C’est la raison pour laquelle les traitements complémentaires suivants sont absolument nécessaires.

La phase de consolidation et d’intensification

D’une durée de 4 à 8 mois, cette deuxième phase de traitement peut être réalisée en hospitalisation de jour. Avec certains médicaments, de courtes hospitalisations sont toutefois nécessaires. Le traitement peut se fonder sur l’administration de la même polychimiothérapie que lors de la phase d’induction, ou passer par l’utilisation d’autres médicaments. Ainsi, lors de la période de consolidation (8-12 semaines), d’autres molécules antitumorales peuvent être administrées (cyclophosphamide, étoposide, méthotrexate, mercaptopurine, cytarabine…).
Les choix thérapeutiques dépendent notamment du type de LAL dont est atteint l’enfant.

La phase d’entretien ou de maintenance

Pendant 18 à 24 mois, un traitement à base de méthotrexate et de mercaptopurine est administré par voie orale. L’enfant peut alors reprendre une vie normale et retourner à l’école. Cependant, il garde une certaine fragilité par rapport aux infections.
À la fin de ces trois phases de traitement et pendant au moins les cinq années suivant le diagnostic, une surveillance particulière est requise afin de dépister toute rechute éventuelle.

Prévenir l’atteinte du système nerveux central

Un des risques des LAL est l’atteinte du système nerveux central par les cellules leucémiques. Pour éviter ce risque, un traitement préventif par injections dites intrathécales de chimiothérapie est réalisé lors des ponctions lombaires. Ces ponctions sont réalisées dans le bas du dos, entre deux vertèbres de la colonne, pour atteindre le liquide céphalo-rachidien. Elles permettent de prélever du liquide céphalo-rachidien pour vérifier l’absence de cellules leucémiques au niveau du système nerveux central. Le geste est douloureux, mais l’utilisation d’anesthésiques locaux et de gaz sédatifs (inhalés dans un masque) le rend supportable. L’injection intrathécale est réalisée immédiatement après le retrait d’un peu de liquide céphalo-rachidien.
Lorsque le risque de propagation de la maladie au système nerveux central est particulièrement important, ou si des cellules y ont été trouvées dès le diagnostic, une irradiation crânienne à des doses modérées peut parfois être envisagée. Cependant, en raison de ses possibles effets secondaires, ce traitement n’est pas pratiqué chez les enfants de moins de 4 ans.

Qu'est-ce que l'aplasie ?

Lors de la phase d’induction, la destruction des cellules leucémiques entraîne également la destruction transitoire des cellules normales de la moelle osseuse, entraînant une baisse profonde de la production des cellules sanguines. On parle alors d’aplasie. En raison de l’absence transitoire de globules blancs, le risque d’infection est augmenté et une surveillance rigoureuse est indispensable. Le recours à l’isolement en chambre stérile n’est pas systématique. Toutefois, des transfusions sanguines (globules rouges ou plaquettes) sont souvent nécessaires. 
En raison de la chimiothérapie administrée, l’aplasie se répète en phase de consolidation et d’intensification. Le malade parvient à sortir spontanément d’aplasie après 10 à 20 jours de repos thérapeutique. C’est pourquoi les traitements sont renouvelés par cycle, toutes les 3 à 4 semaines.


La prise en charge des leucémies aiguës myéloblastiques (LAM)

Si le traitement des leucémies aiguës myéloblastiques est plus bref que celui des LAL, il est cependant plus intense.

La phase d’induction passe par l’administration d’une polychimiothérapie plus lourde que dans le cas d’une LAL. Elle associe une anthracycline (mitoxantrone, daunorubicine ou idarubicine) et la cytarabine, administrées sur une période d’une semaine. L’intensité du traitement nécessite souvent un séjour en chambre stérile. Au bout de 35-40 jours, une réponse complète est toutefois obtenue dans 90 % des cas.

Après cette première phase, le choix du traitement (polychimiothérapie ou greffe de cellules souches hématopoïétiques) dépend des facteurs de risque de rechute.

S’il existe un donneur de moelle compatible (un frère ou une sœur, ou dans certains cas un donneur non apparenté), une greffe peut être envisagée. Elle est généralement réalisée après une cure de chimiothérapie dite « de consolidation ». Il s’agit alors d’une greffe de cellules souches hématopoïétiques prélevées dans la moelle osseuse du donneur. Cette greffe va non seulement permettre une intensification du traitement de chimiothérapie, mais elle présente en outre un intérêt au niveau immunologique : les cellules immunitaires du donneur vont contribuer à détruire les cellules leucémiques résiduelles.

S’il n’existe pas de donneur familial, trois cures supplémentaires de chimiothérapie de consolidation sont réalisées, éventuellement suivies d’un traitement par interleukine 2 (IL-2). Le traitement par interleukine 2 dure un an. Il permet de stimuler le système immunitaire du patient.


La prise en charge des leucémies myéloïdes chroniques (LMC)

La prise en charge des leucémies myéloïdes chroniques a considérablement évolué au début des années 2000 grâce à l’émergence d’une thérapie ciblée, l’imatinib. Ce médicament bloque la multiplication des cellules leucémiques de manière spécifique, sans affecter les cellules saines. Il agit en empêchant le fonctionnement de la protéine produite à partir du gène anormal BCR-ABL à l’origine de la maladie.

Ce médicament peut être administré en première intention chez l’enfant. Il est extrêmement efficace puisqu’il permet d’obtenir une disparition
quasi-complète des cellules anormales. De plus, il est administré par voie orale et il est généralement très bien toléré, sans chute de cheveux. Des effets secondaires graves apparaissent chez moins de 1 % des patients.
Deux molécules de la même famille ont été développées plus récemment : le dasatinib et le nilotinib. Celles-ci pourront être proposées à l’enfant, dans le cadre d’un essai thérapeutique, en cas de résistance ou d’intolérance à l’imatinib.

Les études en cours permettront de répondre aux questions fondamentales : ces traitements peuvent-ils guérir la maladie ou seulement la contrôler ? Présentent-ils des inconvénients à long terme chez l’enfant ?
En cas d’insuffisance de résultats avec ces différents traitements ou d’évolution de la maladie en phase accélérée ou aiguë, une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques peut être envisagée s’il existe un donneur compatible.


La prise en charge des leucémies myélomonocytaires juvéniles (LMMJ)

La chimiothérapie intensive n’est pas efficace. On utilise souvent en première intention du purinethol (mercapto-purine), administré par voie orale, pour diminuer l’intensité des symptômes et la taille de la rate. Dans la très grande majorité des cas, l’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques est le seul traitement curatif. De nouveaux traitements sont actuellement à l’étude.

Pallier les effets secondaires des chimiothérapies

Les effets secondaires des chimiothérapies utilisées dans le traitement des leucémies aiguës (LAL et LAM), en particulier l’aplasie, nécessitent obligatoirement des précautions.

 

Pour pallier les complications infectieuses, des antibiotiques sont administrés. L’administration d’antifongiques est également incontournable pour remédier aux mycoses et lutter contre les infections fongiques pulmonaires. Dans des cas exceptionnels d’infections graves, des transfusions de leucocytes peuvent également être proposées. En cas de complications hémorragiques (liées à la thrombopénie) des transfusions de plaquettes s’avèrent utiles. Une anémie peut aussi justifier des transfusions de globules rouges. 

Les complications de la lyse tumorale seront surveillées et prévenues. Les gestes susceptibles de provoquer des agressions traumatiques seront évités (injections intramusculaires, ponction artérielle, soins dentaires...). 
D’autres effets secondaires de la chimiothérapie non spécifiques au traitement des leucémies aiguës peuvent être prévenus ou soulagés. Des médicaments dits antiémétiques sont prescrits pour éviter nausées et vomissements. L’apparition de mucites (inflammations de la muqueuse buccale) nécessite des soins buccaux (bains de bouche) ainsi que des antalgiques forts. Une alimentation par voie parentérale (en perfusion par un cathéter) est mise en place si les muqueuses buccales sont trop agressées par la chimiothérapie. Une alopécie (ou perte des cheveux) est fréquemment observée mais elle est réversible à l’arrêt des traitements.


Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr André Baruchel, chef du service hémato-immunologie à l’hôpital universitaire Robert Debré, Paris.


Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux

Les ressources de la Fondation ARC proviennent exclusivement de la générosité de ses donateurs et testateurs.

Vous bénéficiez d'une réduction d'impôt à hauteur de 66 % du montant de votre don, si vous êtes imposable sur le revenu, et de 75 % si vous êtes assujetti à l'IFI (sous réserve de maintien du barème dans le cadre du projet de loi de finances 2018).