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Projet soutenu

Développer une nouvelle immunothérapie grâce aux lymphocytes B

Un consortium de trois laboratoires travaille activement au développement d’une nouvelle immunothérapie contre le cancer à partir de lymphocytes B. Ces cellules produisent naturellement des anticorps contre les molécules étrangères à l’organisme pour permettre leur élimination. L’idée des chercheurs est donc de forcer les lymphocytes B des malades à produire des anticorps capables de s’attaquer à la tumeur. Il s’agirait de prélever des lymphocytes B chez les patients, de les modifier en y insérant un gène qui code l’anticorps en question, puis de les réinjecter dans la circulation. Cette nouvelle stratégie d’immunothérapie permettrait de lutter contre la tumeur mais aussi de contrer une éventuelle rechute. Ce projet est porté par Michel Cogné, directeur de l’unité CNRS-INSERM-Université de Limoges « Contrôle de la réponse immune B et lymphoproliférations » (CRIBL) et nous le soutenons à hauteur de 450 000 euros sur trois ans.

Contexte et objectif du projet

L’immunothérapie a le vent en poupe contre les cancers. Elle consiste à déverrouiller ou à armer le système immunitaire du malade pour qu’il élimine efficacement les cellules cancéreuses. Des traitements sont déjà disponibles et reposent, notamment, sur l’utilisation de lymphocytes T modifiés. Michel Cogné et ses collaborateurs du CRIBL travaillent depuis plus de 20 ans sur les lymphocytes B ; il estime que ces autres cellules immunitaires pourraient également être une arme remarquable. Elles produisent en permanence des anticorps spécifiques contre tous les agents étrangers qui pénètrent dans l’organisme, ce qui facilite leur élimination par d’autres cellules spécialisées. Son idée est donc de modifier génétiquement ces lymphocytes B pour les forcer à produire des anticorps dirigés contre des protéines tumorales et faciliter ainsi l’élimination des cellules cancéreuses. Pour cela, il faut réussir à extraire les lymphocytes B du sang des malades, les purifier et les armer en laboratoire, puis les réinjecter chez le patient.

Dans un premier temps, les chercheurs veulent apporter une preuve de principe : montrer que le prélèvement et la manipulation génétique des lymphocytes B peuvent aboutir de façon sûre et efficace à la production d’anticorps anti-tumoraux. Le problème est que, contrairement aux lymphocytes T, les cellules B se multiplient difficilement in vitro et ont une durée de vie très limitée dans ces conditions de culture. Michel Cogné s’est donc entouré de l’expertise de deux autres laboratoires spécialisés dans le recueil et la culture des lymphocytes B pour pallier ces difficultés.

Concrètement, les chercheurs ont commencé à travailler in vitro et chez la souris afin de remanier le génome de lymphocytes B et de permettre à ces cellules de reconnaitre les cellules tumorales et de sécréter en conséquence un anticorps anti-HER2 (molécule exprimée dans les cancers du sein dits HER2+). Le projet vise aussi à améliorer la viabilité des cellules B modifiées pour qu’elles résistent mieux à leur manipulation in vitro, à leur transfert in vivo et qu’elles y perdurent pour assurer leur action à long terme. Enfin, les chercheurs doivent mettre au point un moyen de suivre le devenir des lymphocytes B modifiés après leur administration et même de pouvoir les éliminer en cas de problème. Relever ces multiples défis permettra d’envisager le développement de cette nouvelle stratégie en thérapeutique humaine et de l’élargir à d’autres types de cancers, sensibles à d’autres anticorps.

Aujourd’hui, les femmes traitées pour ce cancer reçoivent des injections d’anticorps anti-HER2. Grâce aux lymphocytes B modifiés, leur système immunitaire fabriquerait lui-même ces anticorps. En outre, in vivo, la durée de vie des lymphocytes B est très longue et gardent en mémoire les antigènes reconnus. Leur capacité à se réactiver quand l’antigène vient à réapparaitre leur permettrait ainsi de protéger les malades d’une éventuelle rechute. A terme, cette stratégie pourrait alors venir en complément des autres traitements actuels, y compris d’autres immunothérapies.

Le porteur du projet

Michel CognéLe projet est porté par Michel Cogné, directeur de l’unité CNRS-INSERM-Université de Limoges « Contrôle de la réponse immune B et lymphoproliférations » (CRIBL). Il est également professeur d’immunologie et praticien hospitalier à l’Université et au CHU de Limoges. Son laboratoire travaille depuis près de 25 ans sur la génétique et la régulation des lymphocytes B, des travaux soutenus à deux reprises par la Fondation ARC qui leur a décerné en 2018 le Prix « Equipe à l’honneur ».

Si Michel Cogné et son équipe apporteront leur expertise dans la modification génétique des cellules dans le cadre du projet, ils s’appuieront sur le travail de deux autres laboratoires : le laboratoire de l’Établissement Français du Sang à Rennes dirigé par le Dr Gilbert Semana et le laboratoire CNRS de Jérôme Moreaux (Institut de Recherche en Biothérapie & Institut de Génétique Humaine, Montpellier). Ils disposent tous deux d’un grand savoir-faire dans la purification, la manipulation et la culture des lymphocytes B.

Notre soutien

En 2018, nous avons choisi de soutenir ce projet à hauteur de 450 000 € euros pour 3 ans.


A. R.


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