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Projet soutenu

Modifier la flore intestinale pour lutter contre les cancers colorectaux

Environ 20 % des personnes atteintes de maladie inflammatoire chronique de l’intestin développent un cancer colorectal. Or cette inflammation est fortement corrélée à des anomalies de la flore intestinale. Le Pr Jamila Faivre, Professeur de médecine et de biologie cellulaire à l'Hôpital Universitaire Paul-Brousse et responsable d’une équipe de recherche Inserm, cherche à savoir si la correction des anomalies de la flore intestinale permettrait de réduire le niveau d’inflammation et le risque de cancer. Elle développe pour cela une protéine thérapeutique pour réaliser les essais précliniques chez la souris avant les essais chez l’homme. Nous soutenons le projet de Jamila Faivre à hauteur de 50 000 euros sur deux ans.

Contexte et objectif du projet

Plus de 20 % des patients souffrant de maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) comme la maladie de Crohn, développent un cancer colorectal au cours des trois premières années d'évolution. Ces cancers associés aux MICI constituent un sous-groupe difficile à traiter.

On sait maintenant que cette inflammation chronique est liée en partie à des perturbations de la flore intestinale. Chez les patients, la diversité bactérienne de cette flore est réduite et notamment appauvrie en certaines souches très sensibles à l’oxygène, qui contribuent au contrôle de l’inflammation. Le Pr Jamila Faivre étudie la possibilité de rééquilibrer cette flore afin de réduire à la fois l’inflammation chronique et le risque de cancer associé. Pour cela, elle ne mise pas sur les probiotiques qui ont des difficultés à coloniser le tube digestif et sont souvent eux-mêmes des bactéries sensibles à l’oxygène mais sur la protéine REG3A. Elle est produite naturellement par les cellules de l’intestin et présente une activité « anti-oxydante » en éliminant les molécules oxydées. Cette action protège les fameuses bactéries « anti-inflammatoires » sensibles à l’oxygène. Par la même occasion, REG3A préserve la paroi intestinale, également sensible aux molécules oxydées.

Au cours de précédents travaux, l’équipe de Jamila Faivre a utilisé une lignée de souris qui surexprimait le gène humain REG3A et a constaté une très bonne résistance de la paroi intestinale à des produits censés la dégrader et induire une inflammation locale. En outre, il a été mis en évidence que le transfert de la flore intestinale de ces souris à des animaux sans flore protégeait ces derniers de la maladie inflammatoire intestinale. Suite à ces résultats prometteurs, elle cherche désormais un moyen d’administrer efficacement cette protéine aux animaux. L’injecter par voie intraveineuse n’a pas d’effet : la protéine n’arrive pas dans le système digestif. La faire consommer par voie orale sous sa forme libre non plus : elle est dégradée dans l’estomac avant d’arriver sur son site d’action. La solution que l’équipe de Jamila Faivre tente de mettre au point est celle d’un système d’enrobage qui permettrait d’ingérer la protéine rendue résistante aux enzymes digestives afin qu’elle parvienne intacte dans les intestins où elle serait délivrée pour être active. Pour cela elle s’inspire de technologies déjà existantes afin de développer une formulation adaptée et lancer un essai préclinique chez la souris. Elle travaillera pour cela avec des animaux utilisés comme modèles pour les MICI et pour le cancer colorectal associé à une inflammation, présentant une flore intestinale perturbée, et évaluera l’effet de la protéine REG3A sur la composition de celle-ci, sur les symptômes inflammatoires et sur le risque de cancer induit chez ces souris.

Le porteur du projet

Le Pr Jamila Faivre est responsable de l'équipe « Microbiote, Inflammation et Cancer » au sein de l’Unité physiopathologie et traitement des maladies du foie (UMR-S 1193) du centre hépato-biliaire de l’Hôpital Paul-Brousse à Villejuif. Elle est également enseignante à la Faculté de médecine Paris-Sud et à l’Université Paris-Sud et praticien hospitalier au sein du service d'onco-hématologie de l'hôpital Paul-Brousse. Son équipe Inserm composée de 12 personnes est spécialisée dans l’étude des cancers primitifs du foie et des voies biliaires et dans celle des facteurs qui régulent le microbiote intestinal. Elle travaille sur l’impact de la protéine REG3A dans le microbiote intestinal depuis 5 ans et ses travaux pourraient concerner d’autres domaines car les déséquilibres de la flore intestinale sont également impliqués dans la réponse aux traitements anticancéreux mais aussi dans l’obésité ou encore le diabète de type 2. Elle travaille par ailleurs en collaboration avec les équipes médicales hépatologues et chirurgiens du centre hépato-biliaire de l’hôpital Paul-Brousse et les équipes de gastro-entérologie de l’Hôpital Bicêtre pour définir les indications pour les patients susceptibles de bénéficier de cette protéine thérapeutique, ainsi que l’équipe MICALIS (microbiologie de l’alimentation au service de la santé) à l’INRA pour leur expertise dans la science du microbiome.

Notre soutien

Nous soutenons les travaux de Jamila Faivre depuis plusieurs années avec déjà deux financements accordés en 2012 et 2016 et contribuons à cette nouvelle phase du projet depuis 2018 à hauteur de 50 000 euros pour 2 ans.


A. R.


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