Quels sont les symptômes d’un myélome multiple ?

Le myélome multiple est à l’origine de différents symptômes selon le stade de son évolution et selon les patients. Le plus souvent, les malades souffrent au niveau de la colonne vertébrale, du bassin ou du crâne. Dans 20 % des cas (1), le cancer est asymptomatique et est découvert au cours d'un bilan sanguin souvent alors que la maladie est peu évoluée.

01 octobre 2023 Dernière mise à jour : 20-10-2026

Pour sa rédaction, ce dossier (sauf la FAQ) a bénéficié du concours du Professeur Hervé Avet-Loiseau, médecin à l’Institut universitaire du cancer de Toulouse.

Dernière relecture : octobre 2023

Les principaux symptômes d'un myélome multiple

Lorsque la maladie est peu développée, le myélome multiple est asymptomatique. Dans cette situation, il n’y a souvent pas encore de manifestations physiques, la découverte d’un myélome peut être fortuite avec comme point de départ un bilan sanguin de routine qui révèle des anomalies.

Les premiers symptômes : les douleurs osseuses

Dans plus de 2/3 des cas (70 à 80 % en moyenne), les principales manifestations cliniques de ce cancer hématologique sont les douleurs des os (2) localisées principalement sur la colonne vertébrale (rachis) et le sternum (atteintes costales et vertébrales), le bassin, le crâne.

Ces premiers symptômes sont souvent la conséquence de lésions du squelette, telles que des fractures (sans cause traumatique), des lésions lytiques (pressions osseuses), voire des compressions nerveuses (cruralgie et sciatiques) et médullaires.

La plupart du temps, les douleurs osseuses résistent aux traitements antalgiques classiques.

Les symptômes révélateurs CRAB

Il existe différents signes révélateurs d’un myélome multiple. Le médecin va en rechercher notamment quatre qui constituent les critères CRAB (C = calcium, R = rein, A = anémie et B = bone, « os » en anglais). Ceux-ci servent en partie à orienter la prise en charge consistant à débuter un traitement ou à mettre en place une surveillance active du patient.

C pour hypercalcémie

L’hypercalcémie signifie un taux de calcium sanguin anormalement élevé dans le sang lié à sa libération excessive  lors de la destruction osseuse. Elle est responsable de manifestations telles que des maux à l’estomac, des nausées, des vomissements, des troubles cardiaques.

R pour insuffisance rénale

Le myélome peut altérer le fonctionnement des reins, en raison :

  • des anticorps circulant dans le sang qui, lors de la filtration au niveau des reins, peuvent y former un dépôt ;
  • du calcium issu de la destruction de l’os qui peut également s’y accumuler.

Dans ce cas, la capacité de filtration des reins diminue, entraînant divers troubles assez généraux (fatigue, perte de poids, nausées, démangeaisons). L’insuffisance rénale survient quand les reins ne sont plus capables d’assurer leur rôle, essentiel, d’épuration de l’organisme.

A pour anémie

L’anémie, c’est-à-dire un déficit en globules rouges, se manifeste par une fatigue importante, un essoufflement et parfois des vertiges. Chez les personnes atteintes, cette pathologie est due à une diminution de la production de globules rouges par la moelle osseuse ainsi que celle de la synthèse par le rein d’une hormone appelée érythropoïétine.

B pour atteintes osseuses

Au début de la maladie, il est courant, mais pas systématique, que la personne présente des douleurs en particulier à la colonne vertébrale, souffre de fractures spontanées ou d’une sciatique (un tassement de vertèbres qui se manifeste par une douleur vive partant d’une fesse et irradiant vers l’arrière de la jambe). La personne peut aussi avoir une cruralgie (douleur liée à la compression d’un nerf, qui part de la hanche et se propage  au-devant de la cuisse jusqu’au genou).

La présence d’au moins l’un de ces quatre signes engendre généralement le début d’une démarche diagnostique.

GMSI ou MGUS: stade précurseur

Certaines pathologies hématologiques peuvent être des signes avant-coureurs. Elles sont souvent diagnostiquées au cours d’un prélèvement sanguin.

Ainsi, une gammapathie monoclonale de signification indéterminée (GMSI) ou Monoclonal Gammopathy of Undetermined Significance (MGUS en anglais) précède dans la majorité des cas l’apparition d’un myélome. Souvent asymptomatique, cette pathologie se manifeste par la présence de plasmocytes dans la moelle osseuse en quantité anormale.

schéma de production de cellules souches : globules rouges et globules blancs dont lymphocytes B dont sont issus les plasmocytes

Quand consulter un médecin ?

Les douleurs osseuses permanentes et résistantes aux antalgiques classiques, doivent conduire à consulter un médecin. Certaines manifestations physiques (fatigue intense, perte de poids inexpliquée, fièvre, infections répétitives) sont aussi des symptômes possibles du myélome multiple, auxquels il convient de rester attentif et qui justifient une consultation.

Questions fréquentes

Le myélome multiple est-il un cancer héréditaire ?

Non, ce cancer hématologique est en général sans origine familiale, du moins les formes familiales sont très rares.

Qu’est-ce que la MGUS ?

La gammapathie monoclonale de signification indéterminée (GMSI ou MGUS) est un trouble caractérisé par la présence anormale de plasmocytes dans la moelle osseuse, généralement sans symptôme ni atteinte d’organe. Elle évolue vers un myélome multiple dans environ 1 % des cas par an, ce qui justifie une surveillance médicale régulière (4).

Quels sont les signes d’alerte de rechute ou de progression du cancer ?

Les signes d’alerte de rechute ou de progression du cancer reprennent souvent les mêmes manifestations que lors du diagnostic initial (ex. : atteinte au squelette, GMUS…).

Comment diagnostique-t-on un myélome multiple ?

Plusieurs examens sont nécessaires pour diagnostiquer ce cancer.

La découverte fortuite

Le diagnostic du myélome multiple repose sur un bilan médical afin d’en préciser les caractéristiques du cancer et orienter les décisions thérapeutiques.

  • L’électrophorèse des protéines, à partir d’un prélèvement de sang ou d’urine, permet de mettre en évidence le « pic monoclonal », soit la présence en trop grande quantité d’un même type d’immunoglobulines.
  • Le dosage dans le sang de la créatinine (contrôle du fonctionnement du rein).
  • Le myélogramme consiste en une analyse au microscope des cellules de la moelle osseuse prélevées lors d’une ponction médullaire réalisée dans le sternum ou la crête iliaque. Les plasmocytes sont comptés et leurs caractéristiques observées. Une analyse génétique complète cet examen afin d’identifier les anomalies génétiques présentes dans les cellules tumorales.
  • Différents examens d’imagerie (radiographie du squelette, IRM du bassin et du rachis, scanner osseux) permettent de localiser toutes les lésions du squelette. Une tomodensitométrie peut être prescrite, au cas par cas.

Des marqueurs pronostiques

Le taux de β-2 microglobuline, une protéine produite notamment par les plasmocytes, est un marqueur important de l’agressivité du cancer. Plus il est élevé, plus les cellules tumorales progressent rapidement.

Des anomalies chromosomiques détectables dans les plasmocytes anormaux peuvent également servir à évaluer le diagnostic du myélome multiple. C’est particulièrement le cas de la délétion du chromosome 17 amputé d’une partie de son matériel génétique, qui est associée à une plus grande agressivité du cancer.

Questions fréquentes sur le myélome multiple

Quel est le taux de survie d’un malade atteint de myélome multiple ?

Le taux de survie nette à 5 ans après le diagnostic est de 60 % (6). Il peut atteindre 80 % pour les patients diagnostiqués à 50 ans, contre 42 % à 80 ans. Les progrès de la recherche et l’arrivée de nouveaux traitements ont permis d’améliorer significativement la prise en charge et la qualité de vie des patients.

Quelles sont les causes d’un myélome multiple ?

Les causes précises ne sont pas encore établies par la recherche scientifique. La gammapathie monoclonale de signification indéterminée (GMSI ou MGUS), l’exposition accidentelle à des radiations ionisantes à de fortes doses, les lysolipides LGL1 et des facteurs génétiques figurent parmi les facteurs de risque identifiés ou suspectés.

Quels sont les traitements envisageables ?

Le traitement du myélome multiple regroupe un ensemble d’actes seuls ou combinés selon le stade de l’infection tumorale, l’âge du patient et son état général.

Références

Cet article a été rédigé à partir du dossier« Les Myélomes multiples » réalisé grâce au concours du Professeur Hervé Avet-Loiseau, médecin à l’Institut universitaire du cancer de Toulouse.

 Sources :

(1) Intergroupe francophone du myélome (IFM) – Idées vraies fausses sur le myélome multiple. Consultée sur  https://www.af3m.org/uploads/PDF/Guides/Idees-vraies-fausses-myelome-multiple.pdf

(2) La revue du praticien – Myélome multiple : vers une guérison possible. Consulté sur  https://www.larevuedupraticien.fr/article/myelome-multiple-0

(3) Société des réanimateurs de langue française (SRLF) – Syndrome d’hyperviscosité : mise au point pour les réanimateurs. Consulté sur https://www.srlf.org/wp-content/uploads/2019/01/1807-MIR-Vol27-N4-p317_323.pdf

(4) Arcagy – MGUS ou GMSI. Consulté sur https://www.arcagy.org/infocancer/localisations/hemopathies-malignes-cancers-du-sang/myelome-multiple/formes-de-la-maladie/les-gammapathies-monoclonales.html/

(5) Info Cancer – Myélome asymptomatique. Consulté sur https://www.arcagy.org/infocancer/localisations/hemopathies-malignes-cancers-du-sang/myelome-multiple/formes-de-la-maladie/le-my-lome-asymptomatique.html/

(6) Santé publique France – Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2018. Consulté sur  https://www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/rdd/document/399700_spf00002904.pdf