Tout comprendre sur le cancer de la prostate
Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l'homme. Longtemps silencieux, ce cancer masculin se manifeste la plupart du temps par des troubles urinaires. Avec un diagnostic précoce, la guérison est possible dans 9 cas sur 10.
01 février 2023 Dernière mise à jour : 22-07-2026
Ce qu’il faut retenir sur le cancer de la prostate
- Premier cancer masculin en France avec près de 60 000 nouveaux cas par an, le cancer de la prostate est la 2ᵉ cause de décès par cancer chez l’homme, avec plus de 9 200 décès annuels. (Source : Institut national du cancer)
- La tumeur naît de cellules de la glande prostatique dont la division devient anarchique. Les androgènes, notamment la testostérone, stimulent la croissance des cellules tumorales — un levier thérapeutique majeur. Les facteurs de risque connus sont notamment l’âge, les antécédents familiaux et l’origine afro-antillaise.
- Le cancer de la prostate évolue le plus souvent sans symptôme, d’où l’importance du diagnostic précoce ; les formes avancées peuvent entraîner des difficultés à uriner, des douleurs osseuses persistantes, une fatigue inexpliquée.
- Le dépistage de masse du cancer de la prostate n’est pas recommandé par les autorités de santé. Le dépistage est donc une démarche personnelle à aborder avec son médecin traitant ou un urologue ; elle repose sur le dosage du PSA (l’antigène spécifique de la prostate) et le toucher rectal (Assurance maladie). La survie nette à 5 ans dépasse 93 % (Santé Publique France).
- Le traitement du cancer de la prostate dépend de l’évolution de la maladie, de l’âge du patient et de son état général : une surveillance active est généralement proposée lorsque la tumeur est à évolution lente, sinon la prise en charge fait appel à diverses approches thérapeutiques (chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie, chimiothérapie).
- Les soins de support, l’activité physique adaptée et l’accompagnement psychologique contribuent à préserver la qualité de vie pendant et après les traitements. Une rééducation périnéale, une prise en charge des troubles urinaires ou sexuels et un accompagnement social peuvent également être proposés selon les besoins du patient.
Qu'est-ce qu'un cancer de la prostate ?
La prostate est une glande masculine dont la fonction principale est de produire le liquide prostatique qui entre dans la composition du sperme. Le cancer de la prostate se développe lorsque des cellules de cette glande prolifèrent de manière anormale et incontrôlée, prenant la forme d’un adénocarcinome dans 90 % des cas (1).
Selon le stade d’évolution, on distingue trois formes :
- la tumeur localisée (circonscrite dans la prostate) ;
- la tumeur localement avancée (ayant franchi la capsule prostatique) ;
- le cancer métastatique (envahissement d’autres organes).
Le cancer de la prostate représente près de 25 % des cancers diagnostiqués chez les hommes (2).
Quelles sont les causes connues du cancer prostatique ?
L’avancée en âge constitue le premier des facteurs de risque de cancer de la prostate avec un âge médian au diagnostic de 69 ans (4).
D’autres facteurs sont également identifiés : les antécédents familiaux et certaines mutations génétiques (BRCA1, BRCA2), l’origine ethnique, le régime alimentaire riche en graisses saturées et l’exposition à certains produits chimiques, notamment les pesticides (en particulier le chlordécone).
Quels sont les symptômes d'un cancer de la prostate ?
Le cancer de la prostate peut rester silencieux pendant de nombreuses années, parfois jusqu’à 15 ans. Lorsque les premiers signes apparaissent, ils se manifestent le plus souvent par des troubles urinaires : difficulté à uriner, mictions fréquentes, infections urinaires, présence de sang dans l’urine ou le sperme.
Ces signes peuvent aussi être liés à d’autres pathologies, notamment une hypertrophie bénigne de la prostate (HBP ou adénome prostatique) ou une prostatite.
À un stade avancé, des signes d’altération de l’état général peuvent apparaître : douleurs osseuses, douleurs dans le bas du dos, atteinte d’autres organes. Pour en savoir plus sur les symptômes du cancer de la prostate, visitez notre page dédiée.
Comment diagnostique-t-on un cancer de la prostate ?
Le diagnostic du cancer de la prostate est souvent posé à un stade précoce (80 % des cas) où les symptômes sont absents et les perspectives de guérison sont très bonnes. La réalisation de plusieurs examens cliniques est nécessaire pour poser le diagnostic (3) :
- une analyse de sang pour le dosage du PSA (Prostate Specific Antigen) ;
- un toucher rectal ;
- une imagerie par résonance magnétique (IRM) multiparamétrique de la prostate (IRM-mp) ;
- une biopsie prostatique ;
- un bilan d’extension pour déterminer la forme et le stade de la maladie.
Le bilan diagnostique permet d’évaluer le stade de la maladie et ses risques d’évolution. En conséquence, il permettra de construire un programme personnalisé de soins adapté à chaque situation.
Aujourd’hui, le dépistage organisé (c’est-à-dire généralisé à toute une classe d’âge indépendamment de la présence ou non de symptômes) du cancer de la prostate n’est pas recommandé par les autorités de santé en France. En effet, les grandes études internationales présentent des résultats contradictoires, qui peuvent s’expliquer par la nature des cancers de la prostate comme par le manque de fiabilité des examens actuellement disponibles pour la réalisation de ce dépistage : le toucher rectal et le dosage du PSA. Le dépistage est une démarche personnelle à aborder avec son médecin traitant ou un urologue, qui vous exposera les avantages et inconvénients des examens de dépistage mais aussi leurs conséquences.
Quels sont les traitements du cancer de la prostate ?
Plusieurs options thérapeutiques sont envisageables en fonction de l’âge du patient, de son état général, ainsi que du stade d’évolution du cancer de la prostate (cancer localisé ou cancer métastasé).
- Pour une tumeur localisée restreinte à la prostate, les traitements peuvent aller de la simple surveillance à la chirurgie (ablation totale ou partielle de la prostate) et la radiothérapie. En cas de récidives locales, des traitements locaux par ultrasons ou par congélation peuvent être utilisés ;
- Pour une tumeur métastatique, les traitements comprennent en général l’hormonothérapie seule ou associée à des thérapies ciblées, des séances de chimiothérapie et de radiothérapie.
Vivre avec et après un cancer de la prostate
Pendant et après la maladie, le corps médical et les aidants accompagnent le patient pour faire face aux éventuelles conséquences fonctionnelles urinaires et sexuelles des traitements.
Un accompagnement psychologique est recommandé pour soutenir le patient au quotidien, notamment face aux éventuelles modifications de la vie sexuelle. Des soins de support permettent de limiter les effets secondaires des traitements (5) et la douleur.
Le suivi post-traitement avec une surveillance médicale étroite permet de limiter les risques de récidive.
Le point sur les avancées de la recherche sur les cancers de la prostate
« La recherche a aujourd’hui pour objectif d’améliorer la prise en charge des cancers de la prostate, tant au niveau des traitements que de la qualité de vie. Les principales avancées récentes ont été faites en faveur des tumeurs métastatiques avec des gains significatifs en termes de survie. Un des autres enjeux du cancer de la prostate est l’instauration d’un diagnostic précoce basé sur le PSA obligatoirement couplé avec un entretien médical pour évaluer l’espérance de vie et l’IRM de la prostate afin de mieux affiner la sélection des patients pouvant tirer un bénéfice individuel indiscutable. »
Quels sont les enjeux de la recherche sur le cancer de la prostate ?
La recherche a pour objectif d’améliorer la prise en charge des cancers de la prostate, tant au niveau des traitements que de la qualité de vie.
Les principales avancées récentes ont été faites en faveur des tumeurs métastatiques. Par ailleurs, un des enjeux principaux est aujourd’hui de proposer une méthode de dépistage plus fiable et de mieux prévoir l’évolution des tumeurs.
Quelle est l'action de la Fondation ARC dans la recherche sur le cancer de la prostate ?
L’action de la Fondation ARC dans la recherche sur le cancer de la prostate porte sur trois axes :
- prévenir la survenue de ces cancers ;
- améliorer la précision du diagnostic et du suivi thérapeutique ;
- identifier de nouvelles cibles thérapeutiques au stade métastatique.
De 2020 à 2024, 24 projets ont été financés pour un montant global de 2,3 millions d’euros, couvrant des axes aussi variés que l’exposition aux pesticides, les mécanismes de résistance aux traitements ou le développement de nouveaux biomarqueurs.
Références
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Pr Alexandre de la Taille, chirurgien urologue, responsable du Département d’urologie du CHU Mondor à Créteil.
Sources :
(1) Institut national du cancer « Cancers de la prostate : l’essentiel ». Consulté sur : https://www.cancer.fr/personnes-malades/les-cancers/prostate/comprendre-la-maladie/l-essentiel
(2) Santé publique France « Les cancers ». Consulté sur : https://www.santepubliquefrance.fr/cancers
(3) Association française d’urologie (AFU) « Recommandations du comité de cancérologie actualisation 2022-2024 : cancer de la prostate – diagnostic et prise en charge de la maladie localisée ». consulté sur : https://www.urofrance.org/
(4) Institut national du cancer « Panorama des cancers édition 2025 ». consulté sur : https://www.cancer.fr/
(5) Association nationale des malades du cancer de la prostate (ANAMACaP) rubrique « Vivre avec ». consulté sur : https://anamacap.fr/
Questions fréquentes
1. Le dépistage précoce est-il recommandé ?
Aujourd’hui, le dépistage de masse du cancer de la prostate n’est pas recommandé en France par les autorités sanitaires. En revanche, un dépistage individuel peut être proposé après discussion avec le médecin traitant ou l’urologue, notamment pour les hommes présentant des facteurs de risque ou des antécédents familiaux. Il repose sur deux examens complémentaires : le dosage du PSA (antigène spécifique de la prostate) par analyse sanguine et le toucher rectal. Ces examens ne suffisent pas à poser un diagnostic avec certitude, mais permettent d’orienter vers des investigations complémentaires.
2. Comment limiter les risques d’avoir un cancer de la prostate ?
En dehors du régime alimentaire et des facteurs environnementaux, les facteurs de risque identifiés ne sont pas considérés comme réellement « évitables ». L’âge est ainsi le premier facteur de risque : rare avant 50 ans, le cancer de la prostate augmente progressivement avec l’âge. Les antécédents familiaux et certains facteurs génétiques jouent également un rôle et peuvent justifier un suivi spécifique pour agir au plus tôt sur un éventuel cancer.
3. Quelles douleurs peut-on ressentir en cas de cancer de la prostate ?
Au début de la maladie, des troubles urinaires peuvent déclencher des brûlures ou des douleurs lors des mictions. En phase métastatique, la tumeur peut générer des douleurs dans le bassin, les hanches, le bas du dos ou les os. Des douleurs osseuses inexpliquées (notamment chez un homme âgé) doivent conduire à consulter un médecin.
4. Est-ce qu’on guérit d’un cancer de la prostate ?
Lorsqu’il est diagnostiqué à un stade localisé, le cancer de la prostate peut être guéri dans la très grande majorité des cas. Les traitements proposés varient selon le stade et le grade de la tumeur : surveillance active pour les cancers peu agressifs, chirurgie (ablation totale de la prostate), radiothérapie externe ou curiethérapie pour les tumeurs localisées, hormonothérapie associée à la chimiothérapie ou aux thérapies ciblées pour les formes avancées. En France, la survie nette à 5 ans est d’environ 93 % tous stades confondus.
5. Quelle est la mortalité du cancer de la prostate ?
Malgré son incidence élevée (premier des cancers masculins en France), le cancer de la prostate présente un bon pronostic. Il représente la 3e cause de décès par cancer chez les hommes, avec 9 228 décès enregistrés en 2022. Le taux de mortalité est en baisse régulière, avec une diminution moyenne de 2,2 % par an entre 2012 et 2022, grâce notamment aux progrès diagnostiques et thérapeutiques.