Qu'est-ce qu'un cancer de la prostate ?
La prostate est une glande masculine dont la fonction principale est de produire un liquide qui entre dans la composition du sperme. C’est l’organe dans lequel se développe le cancer le plus fréquent chez l’homme.
01 février 2023 Dernière mise à jour : 16-04-2026
Qu'est-ce que la prostate chez l'homme ?
La prostate est une glande du système de reproduction masculin. Son développement et son fonctionnement débutent à la puberté, sous la dépendance de la testostérone produite par les testicules. Son rôle principal est de produire le liquide prostatique qui permet la survie, la maturation et la mobilité des spermatozoïdes, produits par les testicules. Son second rôle est de permettre l’éjaculation.
Avec l’âge, la prostate est le siège de deux pathologies : l’adénome de la prostate (ou hyperplasie bénigne de la prostate) qui entraine parfois des difficultés de mictions (difficultés à uriner) et le cancer de la prostate, qui est le cancer le plus fréquent chez l’homme.
Où est la prostate chez l’homme ?
La prostate chez l’homme est située sous la vessie et autour de l’urètre, canal urinaire allant de la vessie vers la verge. Autour de la prostate, cheminent des nerfs essentiels pour l’érection et dans sa partie basse, on trouve le sphincter, muscle permettant la fermeture du canal de l’urètre, sorte de robinet. Sa taille augmente avec l’âge passant en moyenne de 15 g à l’âge de 15 ans à 60-70 g à 80 ans. Cette augmentation de taille et la modification de son élasticité sont à l’origine des troubles urinaires.
Sa situation fait qu’elle est aisément palpable par le toucher rectal, ce qui permet d’en apprécier les contours et la consistance, qui peuvent se modifier avec le développement du cancer ou de l’adénome.
Qu'est-ce que le cancer de la prostate ?
Le cancer de la prostate est une tumeur maligne qui évolue généralement lentement, à partir de cellules de la glande prostatique devenues anormales. Le grade de la tumeur est déterminé par la biopsie, ce qui aide à évaluer le risque et le stade de la maladie.
Le traitement du cancer de la prostate dépend de son stade et peut inclure la prostatectomie, la radiothérapie, et d’autres options déterminées par le médecin et l’équipe médicale.
Selon l’avancée de la maladie, on parle de :
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cancer localisé, lorsque la tumeur est confinée à la prostate ;
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cancer localement avancé, lorsque la tumeur a commencé à déborder de la capsule prostatique et atteindre les organes adjacents dont les ganglions lymphatiques de la région pelvienne ;
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cancer métastatique, lorsque les cellules tumorales ont proliféré dans d’autres organes, en particulier les ganglions lymphatiques à distance et les os.
Plusieurs facteurs peuvent être responsables d’un cancer de la prostate comme l’âge, les antécédents familiaux, le mode de vie ou encore l’exposition à certains produits chimiques.
Avec 59 885 nouveaux cas en 2018 en France métropolitaine, le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme, avant celui du poumon ou le cancer colorectal. Il figure en revanche au deuxième rang des causes de décès par cancer chez l’homme (9 228 décès en 2022). Aujourd’hui, la majorité des diagnostics sont posés autour de l’âge de 70 ans et portent sur des cancers localisés. Plus de la moitié des décès concernent des patients de plus de 80 ans.
Source : INCa – LES INDICATEURS DU PANORAMA DES CANCERS 2025, ÉDITION SPÉCIALE 20 ANS
Quels sont les symptômes du cancer de la prostate ?
Souvent, le cancer de la prostate chez l’homme ne présente pas de symptômes aux premiers stades. Lorsqu’ils sont présents, ils peuvent ressembler à ceux de l’adénome prostatique (hypertrophie bénigne) : troubles urinaires comme des difficultés à uriner, envies fréquentes, besoin d’uriner la nuit. Cette similarité rend indispensable un examen médical approfondi pour distinguer les deux pathologies. Les symptômes plus spécifiques apparaissent lorsque la maladie est avancée, par exemple avec des douleurs osseuses liées à des métastases.
Quels sont les facteurs de risque à prendre en compte ?
L’âge est le facteur principal, la majorité des diagnostics se faisant vers 70 ans. Les antécédents familiaux augmentent également le risque, tout comme certains facteurs liés au mode de vie ou à l’exposition à des substances chimiques. Une surveillance attentive est donc recommandée, surtout chez les hommes présentant ces facteurs.
Quelle est la différence entre cancer de la prostate et hypertrophie bénigne ?
L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est une augmentation non cancéreuse de la taille de la prostate, très fréquente après 50 ans, provoquant des troubles urinaires sans risque d’évolution vers un cancer. Cependant, les deux peuvent coexister, d’où l’importance d’un suivi médical régulier.
Comment le cancer de la prostate est-il diagnostiqué chez l’homme ?
Le diagnostic repose d’abord sur un toucher rectal permettant de détecter d’éventuelles irrégularités de la prostate, complété par un dosage sanguin du PSA (antigène prostatique spécifique). Le PSA est un marqueur utile mais peu spécifique, car il peut s’élever en cas d’inflammation ou d’adénome prostatique. En cas de suspicion, une biopsie prostatique peut être réalisée pour confirmer la présence de cellules cancéreuses et évaluer leur agressivité.
Qu’est-ce que le score de Gleason et quel est son rôle ?
Le score de Gleason est un système de classification de l’agressivité du cancer de la prostate basé sur l’aspect des cellules tumorales observées au microscope après biopsie. Il aide à évaluer la gravité du cancer et à déterminer le traitement le plus adapté. Un score bas indique un cancer moins agressif et une meilleure évolution possible, tandis qu’un score élevé oriente vers des traitements plus intensifs.
Quelles sont les options de traitement pour le cancer de la prostate ?
Le traitement dépend du stade et du grade du cancer, ainsi que de l’âge et de l’état de santé général du patient.
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Pour un cancer localisé, la chirurgie (prostatectomie) et la radiothérapie sont souvent proposées.
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Pour les formes avancées, d’autres traitements comme l’hormonothérapie, la chimiothérapie ou de nouvelles immunothérapies sont développés.
La recherche cherche à améliorer ces traitements pour mieux cibler les tumeurs et réduire les effets secondaires, en visant parfois à contrôler la maladie plutôt qu’à l’éradiquer totalement, afin de préserver une meilleure qualité de vie.
Quels sont les enjeux de la recherche ?
La recherche actuelle vise à améliorer le diagnostic, notamment en limitant le surdiagnostic et le surtraitement par la mise au point de marqueurs génétiques plus précis. De nombreuses études portent sur les immunothérapies et les traitements ciblés qui stimulent la réponse immunitaire anti-tumorale.
L’objectif est également d’adapter les traitements en fonction du profil de chaque patient pour maximiser leur efficacité tout en réduisant leur toxicité.
Peut-on guérir d’un cancer de la prostate ?
Oui, la guérison est souvent possible, surtout si le cancer est détecté à un stade précoce grâce au dépistage. Les traitements adaptés, comme la chirurgie, la radiothérapie ou la surveillance active, permettent d’obtenir un excellent taux de survie.
À 5 ans, environ 93 % des patients sont encore en vie après un diagnostic de cancer de la prostate, témoignant de la très bonne efficacité des prises en charge actuelles.
Les 3 premières questions de cette page ont été réalisées avec le concours du Pr Alexandre de la Taille, chirurgien urologue, responsable du Département d’urologie du CHU Mondor à Créteil.