Tout comprendre sur le cancer du foie
Le carcinome hépatocellulaire (CHC), qui représente 80 à 90 % des cancers primitifs du foie, est détecté le plus souvent à un stade avancé chez des patients présentant des facteurs de risque tels qu'une cirrhose ou une hépatite B ou C.
01 décembre 2025 Dernière mise à jour : 29-06-2026
Ce qu’il faut retenir sur le cancer du foie
- Le cancer du foie touche chaque année environ 11 700 personnes (chiffres 2023), dont 76 % d’hommes, et causent environ 8 700 décès (chiffres 2021). Son incidence est en hausse depuis 1990 (+ 1,3 % par an). (Données Institut national du cancer)
- Dans la grande majorité des cas, ce cancer se développe sur un foie atteint de cirrhose. Les principaux facteurs de risque sont une consommation excessive d’alcool, une infection chronique par les virus des hépatites B ou C et la stéatose hépatique non alcoolique (SHNA).
- Le cancer du foie évolue longtemps en silence. Trois signes d’alerte doivent conduire à consulter : une douleur ou pesanteur diffuse dans la région du foie, une fatigue inhabituelle et perte de poids inexpliquée, et l’apparition d’un ictère (jaunisse) ou d’une ascite (épanchement de liquide dans l’abdomen). Détecté à un stade opérable, la survie à 5 ans atteint 50 %, contre 18-19 % tous stades confondus.
- Quatre approches thérapeutiques sont possibles selon le stade : la résection chirurgicale (hépatectomie partielle), la greffe de foie (traitement curatif le plus efficace chez les cirrhotiques), la destruction percutanée (radiofréquence) et la chimioembolisation ou thérapie ciblée/immunothérapie pour les formes avancées. (INCa)
- Les soins de support comprennent : prise en charge de la douleur, soutien nutritionnel (alimentation adaptée à la fragilité hépatique), accompagnement psychologique, arrêt accompagné de l’alcool et activité physique adaptée. Après greffe, un suivi spécifique anti-rejet est mis en place à long terme.
Qu'est-ce qu'un cancer du foie ?
Il n’existe pas un, mais plusieurs cancers du foie, en fonction de leur origine cellulaire :
- le carcinome hépatocellulaire ou hépatocarcinome représente 80 à 90 % des cancers primitifs du foie. Il se développe à partir des principales cellules du foie, les hépatocytes (1) ;
- plus rares, d’autres formes primitives peuvent se développer : le cholangiocarcinome (cancer des voies biliaires), l’angiosarcome et ou l’hépatoblastome de l’enfant (à partir des cellules embryonnaires du foie).
dans un cancer secondaire ou métastatique, les cellules tumorales migrent dans le foie à partir d’un autre organe malade (sein, poumon, rein, côlon notamment) via les vaisseaux sanguins.
Quelles sont les causes connues du cancer du foie ?
En France, 90 % des carcinomes hépatocellulaires se développent sur un foie déjà malade atteint de cirrhose (3). Cette pathologie chronique entraîne une inflammation de l’organe, puis une destruction progressive du tissu hépatique, favorisant l’apparition de cellules cancéreuses. Les principaux facteurs de risque du cancer du foie sont la consommation excessive d’alcool ou de tabac, les hépatites chroniques (B et C), ainsi que la stéatose hépatique métabolique (MASLD), associée à l’obésité, au diabète de type 2 et au syndrome métabolique.
Parmi les facteurs de risque du cancer du foie, la consommation d’alcool est à elle seule responsable de près de 48 % des nouveaux cas diagnostiqués (4).
Quels sont les symptômes d’un cancer du foie ?
Aux premiers stades, le cancer du foie est le plus souvent asymptomatique. Lorsque des symptômes apparaissent, la tumeur est généralement déjà évoluée. D’où l’importance d’un suivi médical régulier, surtout pour les personnes à risque atteintes de maladies chroniques du foie (cirrhose, hépatites B ou C).
Des troubles digestifs et hépatiques (ictère ou jaunisse, ascite), des douleurs ou une gêne abdominale, ainsi qu’une fatigue importante, des nausées et une perte de poids font partie des principaux symptômes d’un cancer du foie.
Comment diagnostique-t-on un cancer du foie ?
Le bilan diagnostique chez un patient avec une suspicion de cancer du foie comprend en première intention une échographie abdominale pour détecter d’éventuelles anomalies hépatiques, suivie d’un scanner ou d’une imagerie par résonance magnétique (IRM) pour confirmer le diagnostic.
Un bilan sanguin incluant les marqueurs hépatiques (transaminases, bilirubine, gamma-GT, taux de prothrombine et alphafœtoprotéine AFP) et une éventuelle biopsie du foie permettent de confirmer le diagnostic.
Un bilan d’extension complète le diagnostic du cancer du foie en précisant l’étendue de la tumeur, son évolution éventuelle vers d’autres organes, et en orientant le protocole thérapeutique adapté à l’état général du patient.
Quels sont les traitements du cancer du foie ?
Lorsque le cancer du foie est diagnostiqué à un stade opérable, la maladie peut être traitée par chirurgie (greffe de foie ou résection chirurgicale) ou par destruction percutanée in situ (radiofréquence). Lorsque la tumeur est plus évoluée, les traitements utilisés sont la chimioembolisation, la radiothérapie interne sélective, l’immunothérapie et les thérapies ciblées.
Vivre avec et après un cancer du foie
Dès l’annonce de la maladie, le patient atteint d’un cancer du foie peut bénéficier de soins de support : un accompagnement psychologique pour mieux accepter la maladie et arrêter l’alcool, ainsi qu’une prise en charge de la douleur pour soulager les symptômes et supporter les traitements. Une prise en charge nutritionnelle complète le soutien, car le cancer du foie entraîne fréquemment une dénutrition liée à l’inflammation, à la consommation énergétique de la tumeur et aux troubles digestifs. Après les traitements, une surveillance est mise en place, notamment un contrôle très régulier en cas de greffe.
Quels sont les enjeux de la recherche sur le cancer du foie ?
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Le point sur les avancées de la recherche sur les cancers du foie
« Si la prise en charge du cancer du foie a bénéficié d’importants progrès ces dernières années, le diagnostic reste généralement trop tardif. Les recherches se poursuivent donc pour proposer une détection plus précoce et des traitements plus efficaces de la maladie. Les chercheurs misent en particulier sur la modernisation des techniques de dépistage, les biomarqueurs circulants, l’intelligence artificielle et les nouvelles immunothérapies. »
Quelle est l’action de la Fondation ARC dans la recherche sur le cancer du foie ?
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Questions fréquentes
1. Le cancer du foie est-il toujours lié à l’alcool ?
La consommation excessive d’alcool fait partie des principaux facteurs de risque de développer un cancer du foie, chez l’homme et la femme. Elle est responsable de près de la moitié des nouveaux cas diagnostiqués. D’autres causes sont connues : une hépatite B ou C chronique, une stéatose hépatique métabolique (MASLD) ou une cirrhose qui fragilise progressivement les fonctions du foie et favorise l’apparition de cellules cancéreuses.
2. Peut-on avoir un dépistage du cancer du foie ?
Les personnes à risque atteintes de maladies chroniques du foie (cirrhose, hépatite B ou C, MASLD) bénéficient d’un suivi médical individuel. Le médecin réalise généralement tous les 6 mois un examen clinique, une échographie abdominale et un bilan sanguin pour détecter une éventuelle évolution cancéreuse.
3. Quels sont les symptômes du cancer du foie ?
Les symptômes du cancer du foie apparaissent généralement à un stade avancé. Les signes les plus fréquents sont une fatigue intense, une perte d’appétit, une perte de poids inexpliquée, des douleurs dans la partie droite de l’abdomen sous les côtes, et l’apparition d’un ictère (jaunisse) c’est-à-dire une coloration jaune de la peau et du blanc des yeux. Une ascite (accumulation de liquide dans l’abdomen) peut aussi se manifester. Ces symptômes doivent conduire à consulter un médecin sans tarder.
4. Comment diagnostique-t-on un cancer du foie ?
Le diagnostic repose sur plusieurs examens d’imagerie : une échographie en première intention, suivie d’un scanner ou d’une IRM pour caractériser la tumeur. Des examens complémentaires (bilan sanguin, dosage de l’AFP, examen clinique) et une éventuelle biopsie permettent de confirmer le diagnostic. Un bilan d’extension évalue l’état général du patient, la taille de la tumeur, la présence de métastases dans d’autres organes et oriente le traitement.
5. Quels sont les traitements du cancer du foie ?
Le traitement dépend du stade d’évolution de la maladie. Aux stades précoces, la chirurgie (résection ou greffe de foie) et la destruction percutanée par radiofréquence sont les options curatives. Pour les tumeurs plus avancées, la chimioembolisation artérielle ou la radiothérapie interne sélective, l’immunothérapie et les thérapies ciblées constituent les différentes options thérapeutiques. Le taux de survie à 5 ans tous stades confondus est de 18 % à 19% mais il est de 50% en cas de chirurgie, ce qui souligne l’importance d’un diagnostic précoce pour améliorer les chances de survie des patients.
6. Que se passe-t-il après une greffe du foie ?
Après une greffe, le patient bénéficie d’un suivi médical spécifique pour éviter toute complication. Un traitement antirejet à base de médicaments immunosuppresseurs est mis en place à vie, accompagné d’analyses de sang et d’examens réguliers réalisés pour garantir le succès de la transplantation.
Références
Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Pr Julien Calderaro, Professeur des Universités-Praticien Hospitalier au sein du Département de Pathologie de l’hôpital Henri Mondor (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris).