Vivre avec et après un cancer du foie
Dès l’annonce de la maladie, le patient atteint d’un cancer du foie peut bénéficier de soins de support qui lui permettront de mieux accepter la maladie, soulager ses symptômes et supporter les traitements. Après les traitements, une surveillance sera mise en place.
01 décembre 2025 Dernière mise à jour : 02-04-2026
Les soins dits « de support » représentent tous les soins et soutiens nécessaires aux personnes malades pendant et après la maladie, en plus des traitements contre le cancer lui-même. Ils sont détaillés dans le Plan Personnalisé de Soins (PPS) remis au patient à l’issue de la consultation d’annonce.
Le soutien psychologique
L’annonce d’un cancer constitue souvent un traumatisme pour le patient et ses proches. En parler peut aider à accepter la maladie. Un soutien émotionnel permet au patient de ne pas perdre pied et de limiter les baisses de moral. Cela contribue à améliorer sa qualité de vie et à mieux adhérer aux traitements contre le cancer. Pour s’impliquer pleinement dans sa prise en charge, le patient devrait être entouré de ses proches et du personnel soignant.
L’important est qu’il puisse exprimer ses inquiétudes et trouver des réponses à ses questions.
Un soutien par un psychologue ou un psycho-oncologue peut aussi être proposé par l’équipe soignante pour écouter et épauler le patient et son entourage dans l’objectif de soulager leurs souffrances émotionnelles.
Ce suivi professionnel est précieux pour le malade tout au long de la prise en charge, mais aussi après les traitements.
Livret réalisé en collaboration avec Rose magazine
Elles proposent des permanences téléphoniques et des groupes d’échange offrant aux patients ou à leurs proches l’occasion de dialoguer avec des personnes touchées par le cancer ou les maladies du foie. Les associations de patients permettent aux malades et à leur famille d’obtenir des informations pratiques, mais aussi de se sentir comprises, soutenues et encouragées.
L'arrêt de la consommation d’alcool
Pendant et après les traitements du cancer du foie, il est impératif d’arrêter la consommation d’alcool pour améliorer l’efficacité des traitements. En cas de dépendance à l’alcool, une prise en charge spécifique passant par un médecin addictologue, un psychologue et/ou un psychiatre accompagne si nécessaire le patient dans cette démarche. Cet accompagnement s’inscrit dans une approche globale qui prend en compte l’ensemble des
difficultés psycho-sociales, médicales et relationnelles pouvant concerner le patient. Ainsi organisé, il améliore les chances de réussite du sevrage à long terme.
La prise en charge de la douleur
La plupart des patients atteints d’un cancer du foie avancé ressentent des douleurs sourdes au niveau de l’abdomen. Ceux ayant des métastases au niveau des os peuvent également souffrir de douleurs osseuses.
Le soulagement des douleurs est l’une des priorités de la prise en charge des cancers, y compris du foie. L’équipe soignante proposera donc des médicaments antalgiques adaptés à l’intensité des douleurs, mais qui respectent la fragilisation de la fonction hépatique. Si nécessaire, une radiothérapie peut être envisagée pour réduire la taille des métastases osseuses, et ce faisant les douleurs liées à celles-ci.
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La prise en charge nutritionnelle
Le cancer du foie entraîne une dénutrition chez la moitié des patients : du fait de l’inflammation et de la consommation énergétique de la tumeur, de troubles digestifs et d’un manque d’appétit, le patient perd du poids et s’affaiblit, ce qui peut constituer un obstacle aux traitements.
Dès le début de la prise en charge, le médecin ou l’équipe soignante fait appel à un diététicien pour évaluer l’état nutritionnel du patient, repérer la dénutrition et établir ses besoins nutritionnels. Des suppléments nutritionnels peuvent être nécessaires. Si le patient ne perd pas de poids et que sa fonction hépatique est préservée, il lui est recommandé de favoriser une alimentation variée, riche en fruits, légumes et céréales (dont complètes), limitée en sucres rapides et pauvre en graisses. Des médicaments peuvent être également prescrits pour soulager les troubles digestifs liés à la maladie et aux effets secondaires des traitements.
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Un suivi régulier après les traitements
Plusieurs mois ou années après les traitements, il est possible que le cancer
du foie récidive. Pour repérer rapidement les rechutes et empêcher leur évolution,
le médecin prescrit un suivi précis, ajusté en fonction du patient, de son cancer et des traitements dont il a bénéficié. Schématiquement, il comporte :
- tous les trois mois, un examen clinique et éventuellement une analyse de sang dosant l’AFP. Lorsque tout est normal durant la première année, le bilan est par la suite réalisé une fois par semestre ;
- tous les trois à six mois, une échographie du foie, une IRM et/ou un scanner de la région thoraco-abdominale. Ces examens de surveillance deviennent semestriels ou annuels au bout de deux ans.
Si le patient a une maladie qui prédispose au cancer, comme une cirrhose ou une maladie rare, l’état de santé global du foie sera également surveillé, notamment par une imagerie et des examens sanguins spécifiques.
Si des symptômes apparaissent entre deux contrôles, il ne faut pas attendre pour consulter son médecin. Celui-ci déterminera s’ils sont liés à une éventuelle récidive. Il prescrira des examens complémentaires, identiques ou différents de ceux utilisés lors des suivis réguliers.
La surveillance après une greffe de foie
Les modalités du suivi après la greffe seront proposées par le centre de transplantation qui a réalisé la greffe. La surveillance est intensive durant deux ans, puis personnalisée en fonction du patient.
Le risque de rejet
Le risque de rejet de la greffe existe à vie, mais diminue avec le temps. Pour prévenir ce risque, le traitement immunosuppresseur doit être rigoureusement respecté. Si des signes cliniques ou biologiques (fièvre, ictère, ascite…) indiquent un rejet de la greffe, ce traitement peut être intensifié. En l’absence de résultat ou lorsqu’il y a urgence, une nouvelle transplantation pourra être envisagée. Comme tout médicament, les traitements antirejet exposent le malade à divers effets secondaires. La pression artérielle ainsi que le fonctionnement des reins et du cœur seront particulièrement surveillés, et traités en cas de problème.
Le risque de récidive
Le traitement antirejet peut faciliter l’évolution de la maladie préexistante, si la cause n’a pas été éradiquée. Ainsi, l’hépatite B ou C chronique peut se réinstaller au niveau du nouveau foie si le virus n’a pas été éliminé de l’organisme. À long terme, la fibrose et la cirrhose peuvent réapparaître. Les traitements antiviraux doivent donc être poursuivis chez ces patients. Dans la majorité des cas, ils permettent d’éviter cette évolution.
À distance de l’opération, le patient peut retrouver une vie quotidienne globalement normale. Aucune activité n’est déconseillée. Si le fonctionnement du foie était assez dégradé avant la greffe, la qualité de vie peut même être améliorée.
Les contacts utiles
L’Institut national du cancer (INCa) propose un service d’information et d’écoute au 0 805 123 124 (service et appel gratuits du lundi au vendredi, de 9 h à 19 h et le samedi de 9 h à 14 h) et consacre un dossier sur les cancers du foie. www.cancer.fr/personnes-malades/les-cancers/foie
Arcagy propose un dossier sur les cancers du foie. www.arcagy.org/infocancer/localisations/appareildigestif/cancers-du-foie.html/
Transhépate est la fédération nationale des déficients et transplantés hépatiques. Tél. : 01 40 19 07 60 www.transhepate.org
Alcool Info Service propose une permanence téléphonique : 0 980 980 930 (de 8 h à 2 h, 7j/7 – appel non surtaxé) et un site Internet d’informations : www.alcool-info-service.fr
SOS Hépatites est une fédération qui a pour but d’aider et d’informer toutes les personnes concernées par les hépatites virales et les autres maladies du foie. www.soshepatites.org
Hépatites Info Service propose une permanence téléphonique : 0 800 845 800 (appel gratuit et anonyme, de 8 h à 23 h, 7 j/7) et un site Internet d’information sur les hépatites : www.hepatites-info-service.org
Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Pr Julien Calderaro, Professeur des Universités-Praticien Hospitalier au sein du Département de Pathologie de l’hôpital Henri Mondor (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris).