Quels sont les symptômes d’un cancer du cerveau ?

On parle couramment de « cancer du cerveau », mais le terme médical exact est tumeur cérébrale : toutes ne sont pas malignes, certaines sont bénignes comme la plupart des méningiomes. Qu'elle soit bénigne ou maligne, primitive ou secondaire, une tumeur cérébrale produit des manifestations physiques qui peuvent s’avérer importantes pour établir un diagnostic précoce et permettre une prise en charge médicale adaptée. Ces manifestations cliniques sont en grande partie spécifiques à la localisation de la masse tumorale dans le système nerveux central (SNC).

01 mai 2015 Dernière mise à jour : 31-07-2026

Pour sa rédaction, ce dossier a bénéficié du concours du Pr Khê Hoang-Xuan, neuro-oncologue, et du Dr Matthieu Peyre, neurochirurgien, ainsi que du Dr Loïc Feuvret, radiothérapeute à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris).

Dernière relecture : mai 2015

Les principaux symptômes d’une tumeur au cerveau

Les tumeurs cérébrales regroupent de nombreux types, classés selon le type de cellules concernées, la localisation de la tumeur et son degré d’agressivité, de bénigne à maligne. On distingue ainsi :

  • les cancers primitifs du cerveau, qui se développent à partir des cellules cérébrales elles-mêmes. Les plus fréquents sont les gliomes, issus des cellules gliales de l’encéphale (26 % des cas diagnostiqués) (1), dont les glioblastomes, ainsi que les médulloblastomes, les méningiomes (des tumeurs le plus souvent bénignes, plus fréquentes chez la femme), les neurinomes et les lymphomes cérébraux du système nerveux central ;
  • les cancers secondaires du cerveau, qui se développent à partir d’un cancer d’un autre organe (poumon, sein, foie) et se propagent dans la boîte crânienne : on parle alors de métastases cérébrales.

Au début de son développement, le cancer du cerveau ne manifeste aucun symptôme ou très peu. Les premières complications apparaissent lorsque la masse exerce une compression dans la boîte crânienne. Les symptômes peuvent alors paraître anodins, voire disparaître puis réapparaître quelque temps après, ce qui complique la pose d’un diagnostic précoce.

Les signes d’alerte à surveiller

En grossissant, la tumeur comprime progressivement la région du cerveau où elle est localisée, ce qui limite la circulation du liquide céphalorachidien. Ce liquide s’accumule alors et exerce une hyperpression dans le crâne, on parle alors d’hypertension intracrânienne (HIC), voire d’hydrocéphalie lorsque l’accumulation devient importante. Parmi les symptômes d’une hypertension intracrânienne d’origine tumorale :

  • les maux de tête (ou céphalées), persistants et souvent très douloureux le matin, qui constituent le symptôme le plus fréquent quel que soit le type de tumeur cérébrale, le plus souvent accompagnés de nausées et/ou de vomissements.

En dehors de l’HIC, les autres principaux symptômes faisant suspecter une tumeur cérébrale sont :

  • les convulsions et les crises d’épilepsie, des signes fréquents, parfois présents dès les tout premiers stades de la maladie, et souvent le point de départ du diagnostic ;
  • les problèmes de vision (perte de champ visuel ou d’acuité visuelle) ;
  • les troubles de la fonction cognitive (difficulté à se concentrer, confusion, apathie, léthargie, voire démence chez une personne âgée) ou de l’humeur (comportements inhabituels, anxiété ou dépression d’apparition soudaine).

Certains patients peuvent également présenter des pertes de connaissance, voire un coma. D’autres symptômes incluent des troubles de l’élocution ou de l’audition, des vertiges, des étourdissements et des troubles de l’équilibre (ataxie), ainsi que des troubles de la mémoire, de l’apprentissage et, dans certains cas, une paralysie partielle.

Ces symptômes ne sont pas spécifiques des tumeurs cérébrales : d’autres maladies neurologiques ou des pathologies touchant d’autres parties du corps peuvent en être à l’origine. Seule la consultation d’un médecin spécialiste permet d’établir un diagnostic de cancer.

Selon la localisation de la tumeur cérébrale

Les signes d’alerte varient ainsi selon la zone de la tumeur dans le système nerveux central par exemple :

  • dans le lobe frontal (2), le patient peut manifester des changements de comportement, de jugement, de personnalité, des troubles de la parole, une faiblesse d’un côté du corps ;
  • dans le lobe temporal, les tumeurs se manifestent surtout par des troubles de la parole (aphasie), parfois une asthénie physique et psychique, ou des crises d’épilepsie (épilepsie temporale) ;
  • dans le lobe pariétal, les signes peuvent être des troubles de la sensibilité (engourdissement d’un membre), de l’orientation, ou des problèmes de langage ou cognitifs (difficulté à la lecture/écriture, perte de concentration, difficulté à reconnaître les objets ou à exécuter une tâche) ;
  • À noter : une tumeur située d’un côté du cerveau provoque généralement des symptômes du côté opposé du corps, c’est le principe de controlatéralité. Font exception les tumeurs du cervelet, qui peuvent affecter le même côté.

Tout savoir sur le cancer du cerveau

Quand consulter un médecin ?

Certains signes doivent inciter à consulter un médecin sans tarder :

  • des maux de tête sérieux et persistants, surtout au matin avec la sensation de « tête dans un étau », avec une douleur qui s’aggrave en position allongée ;
  • des nausées et/ou des vomissements sévères ;
  • des crises convulsives inexpliquées ou des mouvements convulsifs dans un membre (bras, jambe) ;
  • une perte de sensibilité dans un membre ;
  • des troubles cognitifs ou de langage ;
  • des troubles visuels (baisse de la vue soudaine, amputation visuelle) ou des mouvements incontrôlés des yeux ;
  • des problèmes de coordination dans la marche ou d’équilibre.
Schéma anatomique du système nerveux central

Questions fréquentes

1. Quels sont les premiers signes d’une tumeur cérébrale ?

Les symptômes varient selon la taille, la localisation et le type de tumeur. Parmi les signes les plus fréquents, on retrouve les maux de tête souvent plus intenses le matin, les crises d’épilepsie, les troubles du langage ou visuels, les problèmes d’équilibre et de la coordination, les changements de personnalité, les problèmes cognitifs, la fatigue ou la somnolence, ainsi que les troubles sensoriels comme engourdissement ou perte de sensation.

2. Les maux de tête sont-ils toujours le signe d’une tumeur au cerveau ?

Dans la très grande majorité des cas, un mal de tête est un signe clinique bénin, sans lien avec un cancer du cerveau : c’est davantage sa gravité et sa fréquence qui doivent alerter. Lorsqu’elles sont liées à une tumeur cérébrale, les céphalées résultent généralement de l’hypertension intracrânienne décrite plus haut, et se manifestent typiquement le matin, avec une douleur aggravée en position allongée et parfois accompagnée de nausées ou de vomissements.

Comment diagnostique-t-on une tumeur cérébrale ?

Pour établir le diagnostic d’un cancer du cerveau, plusieurs examens sont nécessaires tels que l’imagerie par résonance magnétique (IRM), une biopsie pour avoir un prélèvement des cellules tumorales. Certains tests recherchent également des molécules spécifiques associées au développement du cancer.

L’examen clinique

Adressé par son médecin traitant, le patient consulte un neurologue ou un neurochirurgien. Au cours de la consultation, le praticien interroge le patient sur ses antécédents familiaux et médicaux, ainsi que sur les signes cliniques qui font suspecter une tumeur cérébrale.

En fonction des symptômes ressentis, il pratique ensuite un examen neurologique : contrôle des fonctions cognitives (langage, capacité de concentration), de la sensibilité au toucher, de la force des membres, ainsi que de la coordination des mouvements (gestes, réflexes, équilibre), complété si besoin par un examen ophtalmologique ou ORL.

À l’issue de la consultation, tout doute sur une tumeur cérébrale implique la réalisation d’examens complémentaires d’imagerie et de biologie.

L’imagerie

Deux examens d’imagerie sont susceptibles d’être utilisés pour diagnostiquer une tumeur dans le système nerveux central.

L’IRM cérébrale

L’IRM est l’examen médical de référence dans les cancers du cerveau. Après injection d’un produit de contraste, elle permet d’obtenir une vue en coupe détaillée de l’intérieur de la boîte crânienne. Cet examen est important pour :

  • identifier la tumeur et préciser des éléments clés comme sa localisation exacte et sa taille ;
  • repérer d’éventuelles extensions à d’autres structures du système nerveux (méninges, moelle épinière) ;
  • recueillir des données qui facilitent les traitements locaux utilisés ultérieurement (chirurgie et/ou radiothérapie).

En pratique, le déroulement de l’IRM est similaire à celui du scanner, mais il met en œuvre un champ électromagnétique à la place des rayonnements. Cet examen, plus sensible dans son rendu, remplace depuis quelques années le scanner en première intention.

Le scanner du cerveau

Pour des questions pratiques et de disponibilité dans les centres d’imagerie, les médecins peuvent prescrire un scanner (ou tomodensitométrie, TDM) en alternative à l’IRM. Il s’agit d’un examen diagnostique efficace, permettant de repérer 80 % des tumeurs, de confirmer ou non leur présence et, le cas échéant, de préciser leur position et leur taille.

Le scanner permet d’obtenir des images du cerveau grâce à des rayons X, après injection d’un produit de contraste iodé dans une veine du patient pour rendre la tumeur plus facilement identifiable. Le patient est allongé sur une table située au cœur d’un grand anneau qui émet les rayonnements ; l’examen dure une vingtaine de minutes.

La ponction lombaire

Une ponction lombaire (rachicentèse) doit parfois être réalisée pour préciser le diagnostic, surtout pour une tumeur impactant les méninges sans présence d’une hypertension intracrânienne (3). Elle consiste à introduire une fine aiguille dans le bas de la colonne vertébrale pour prélever un échantillon du liquide céphalorachidien, dans lequel baignent à la fois la moelle épinière et les structures cérébrales. L’échantillon est ensuite analysé afin d’y rechercher d’éventuelles cellules tumorales.

La biopsie

La biopsie est l’examen diagnostique de certitude, notamment lorsque l’IRM ou le scanner n’ont pas réussi à identifier la tumeur. Elle permet aussi d’orienter les médecins vers les traitements thérapeutiques adaptés.

L’examen consistant en un prélèvement d’un échantillon de tissu de la tumeur, peut être réalisé selon deux techniques : par stéréotaxie ou par craniotomie.

La biopsie cérébrale par stéréotaxie

La biopsie par stéréotaxie est une technique permettant de réaliser un prélèvement avec une précision millimétrique.

La zone du prélèvement est identifiée par l’imagerie, et sa localisation exacte est définie dans un espace géométrique à trois dimensions grâce à l’utilisation d’un cadre stéréotaxique. Au début de l’examen, un cadre est fixé sur le crâne sous anesthésie locale. Le patient est alors soumis à l’examen d’imagerie, par scanner ou IRM. Une fois la tumeur localisée, les coordonnées établies dans le référentiel du cadre stéréotaxique permettent d’indiquer le site et l’angle d’introduction de l’aiguille ainsi que sa profondeur de pénétration pour atteindre précisément la tumeur.

Le chirurgien réalise une incision de quelques millimètres dans la boîte crânienne (trépanation) afin d’introduire l’aiguille et de prélever l’échantillon de la tumeur. Le prélèvement est ensuite analysé par microscopie.

La biopsie cérébrale après craniotomie

La biopsie après craniotomie ou « à ciel ouvert » est envisagée lorsque :

  • la tumeur est superficielle et facilement accessible dans une zone du cerveau non fonctionnelle. L’échantillon prélevé est ensuite analysé par microscopie ;
  • la probabilité que la tumeur soit cancéreuse est élevée : dans ce cas, le chirurgien retire d’emblée la totalité de la tumeur (ablation totale), qui sera ensuite analysée par microscopie. En pratique, la craniotomie consiste à ouvrir la boîte crânienne sous anesthésie générale. Le neurochirurgien découpe une partie de l’os du crâne puis incise les méninges pour accéder à la tumeur. Après avoir prélevé partiellement ou totalement la tumeur, l’os est remis en place et fixé. Cette opération nécessite une semaine d’hospitalisation.

Quel que soit le type de biopsie, les résultats de l’analyse de l’échantillon prélevé permettent d’obtenir des informations précises sur la nature de la tumeur. La pose d’un diagnostic permet aux médecins d’établir un plan de traitement qui prend également en compte l’âge et l’état général du patient.

Les analyses moléculaires

Dans le cas de certains types de tumeurs cérébrale, des analyses moléculaires peuvent compléter le diagnostic : elles recherchent par exemple des mutations comme celles du gène IDH, qui permettent d’affiner la classification de la tumeur et d’orienter le pronostic (4). Cette analyse génétique, réalisée par séquençage de l’ADN, donne des résultats rapides, parfois en une seule journée, et aide à mieux caractériser les tumeurs les plus difficiles à classer (5).

Les stades de la tumeur cérébrale

Les tumeurs du cerveau sont classées en grades croissants de I à IV selon le degré d’agressivité et de sévérité croissants. Ce grade est déterminé à partir des données du diagnostic histologique, posé grâce à l’analyse microscopique de l’échantillon de la biopsie. Il oriente les futurs choix thérapeutiques.

  • Les tumeurs de grade I sont dites bénignes ;
  • Les tumeurs de grade II sont dites de bas grade ;
  • les tumeurs de grade III ou IV, les plus agressives, sont dites anaplasiques, malignes, cancéreuses ou de haut grade.

Questions fréquentes

Tous les patients ont-ils les mêmes symptômes ?

Non car certaines tumeurs, surtout lorsqu’elles grandissent lentement ou se situent dans des zones non essentielles, peuvent rester longtemps sans symptômes évidents.

Les symptômes dépendent-ils de la localisation ?

Une tumeur dans le lobe frontal peut entraîner des troubles du comportement, alors qu’une tumeur dans le lobe occipital provoque plutôt des troubles visuels. Quant aux tumeurs dans le lobe pariétal, elles peuvent causer des troubles sensoriels ou de la coordination.

Une crise d’épilepsie peut-elle révéler une tumeur ?

Les crises convulsives constituent un signal clinique fréquent d’une suspicion de tumeur au cerveau. Elles peuvent se déclencher dès les premiers stades de la lésion au cerveau, ou bien survenir pour des tumeurs à haut grade.

Quels symptômes doivent pousser à consulter ?

Des céphalées violentes et persistantes, des crises convulsives inexpliquées, ou des troubles visuels ou cognitifs d’apparition soudaine doivent alerter. Mieux vaut consulter rapidement un professionnel de santé pour un bilan neurologique complet, qui pourra être complété par des examens d’imagerie (IRM ou scanner) afin de confirmer ou d’écarter la présence d’une tumeur cérébrale.

Références

Sources :

(1) InfoCancer « Epidémiologie ». Consulté sur https://www.arcagy.org/

(2) Infocancer « Signes et symptômes selon la localisation ». Consulté sur  https://www.arcagy.org/

(3) Manuel MSD « Tumeurs cérébrales ». Consulté sur https://www.msdmanuals.com/

(4) INCa « Gliomes cérébraux en rechute : une étude financée par le PHRC-K ouvre la voie à de nouveaux traitements d’immunothérapie ». Consulté sur https://www.cancer.fr/

(5) Institut du cerveau « le diagnostic en une journée ». Consulté sur  https://institutducerveau.org/

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