Quels sont les symptômes d’un cancer du poumon ?

Caractéristique de la maladie : elle est souvent silencieuse à ses débuts. Les poumons étant dépourvus de terminaisons nerveuses sensibles à la douleur, une tumeur peut évoluer sans symptôme direct, ce qui contribue à un diagnostic souvent tardif.

01 février 2018 Dernière mise à jour : 15-06-2026

Avec plus de 52 000 nouveaux cas diagnostiqués en 2023, le cancer du poumon (ou cancer bronchique) constitue la première cause de mortalité par cancer en France (1). Le tabagisme est impliqué dans 80% des cas. Les autres facteurs de risques reconnus ou suspectés sont : la consommation de cannabis, l’exposition au radon, la pollution (particules fines), à l’amiante ainsi qu’à un certain nombre d’expositions professionnelles. Une minorité (10 à 15%) de cancer du poumon survient chez des personnes n’ayant jamais ou peu fumés. Il n’y a pas de prédisposition génétique spécifique au cancer du poumon.

Caractéristique de la maladie : elle est souvent silencieuse à ses débuts. Les poumons étant dépourvus de terminaisons nerveuses sensibles à la douleur, une tumeur peut évoluer sans symptôme direct, ce qui contribue à un diagnostic souvent tardif.

Les principaux symptômes du cancer du poumon

Les manifestations cliniques du cancer du poumon varient selon la taille, la localisation et le stade d’évolution de la lésion tumorale. Elles peuvent être respiratoires ou générales, et leur apparition progressive doit alerter, surtout lorsqu’elles persistent dans le temps.

Au début de la maladie (stade précoce)

Au stade initial, les symptômes sont souvent discrets et peuvent être confondus avec des affections respiratoires bénignes. Les principaux signes d’alerte incluent :

  • une toux nouvelle, sèche ou productive, persistante depuis plus de 3 semaines ;
  • une modification d’une toux chronique, notamment chez un fumeur ou ex-fumeur ;
  • un essoufflement inhabituel à l’effort ;
  • la présence de sang dans les crachats ;
  • des infections respiratoires répétées (bronchite, pneumonie).

Des symptômes plus généraux peuvent également apparaître sans lien direct évident avec l’appareil respiratoire :

  • une fatigue persistante ;
  • une perte d’appétit ;
  • un amaigrissement inexpliqué ;
  • des douleurs sous les côtes aiguës ou chroniques (type point de côté).

Ces signes ne sont pas spécifiques du cancer du poumon et peuvent être associés à d’autres pathologies. Toutefois, leur persistance au-delà de 2 à 3 semaines justifie une consultation médicale.

À un stade avancé

À un stade plus évolué, les symptômes deviennent plus marqués et associent souvent atteinte respiratoire et altération de l’état général :

  • présence de sang dans les crachats (hémoptysie) ;
  • aggravation de l’essoufflement, pouvant survenir même au repos ;
  • douleurs thoraciques, dorsales ou à l’épaule ;
  • enrouement ou modification de la voix liée à une atteinte du nerf des cordes vocales ;
  • troubles de la déglutition (dysphagie), parfois avec fausses routes ;
  • syndrome cave supérieur se caractérisant par un œdème du visage ou du cou, avec une circulation veineuse visible sur la partie supérieure du thorax ;
  • épanchement pleural entraînant des difficultés respiratoires ;
  • syndrome de Claude-Bernard-Horner (chute de la paupière, myosis) ;
  • hippocratisme digital (déformation des doigts en « baguettes de tambour » avec des ongles d’apparence bombée).

Lorsque la maladie progresse, elle peut s’étendre à d’autres organes (métastases) :

  • douleurs osseuses en cas d’atteinte du squelette ;
  • symptômes neurologiques (céphalées, nausées, troubles de l’équilibre, confusion, troubles de la parole ou de la vision) en cas de métastases cérébrales.

Selon la localisation de la tumeur

La localisation de la lésion tumorale dans le poumon influence les symptômes observés :

  • Tumeur centrale (proche des grosses bronches) : elle peut provoquer une toux persistante, parfois sifflante, des expectorations sanglantes ou purulentes, ainsi qu’un essoufflement progressif.
  • Tumeur périphérique (zones externes du poumon) : souvent longtemps asymptomatique, elle est fréquemment découverte de manière fortuite ou lors d’un bilan pour douleur thoracique. Son diagnostic est souvent plus tardif.
  • Tumeur de l’apex (syndrome de Pancoast-Tobias) : située au sommet du poumon, elle peut entraîner des douleurs irradiant vers l’épaule et le bras. Elle représente environ 5 % des cancers bronchiques non à petites cellules (CBNPC) (2).

Quand consulter un médecin ?

Le cancer du poumon peut évoluer de manière silencieuse, sans douleur spécifique. Il est donc important de consulter rapidement en présence de signes persistants ou inhabituels.

Une consultation médicale est recommandée dans un délai de 2 à 3 semaines en cas de :

  • toux modifiée, persistante ou aggravée ;
  • crachats sanglants, même isolés ;
  • essoufflement inhabituel ;
  • modification d’une toux chronique ;
  • perte de poids inexpliquée.

Questions fréquentes

Le cancer du poumon est-il douloureux dès le départ ?

Non, le cancer bronchique se développe en silence, parfois pendant des années avant de montrer des signaux d’alerte. Les poumons sont en effet des organes dépourvus de terminaisons nerveuses. Lorsqu’il y a douleur, il est rare d’avoir mal aux poumons. S’il y a une douleur, elle vient en général d’une partie du corps à proximité.

Comment savoir si j’ai mal aux poumons ?

Les poumons ne contiennent pas de terminaisons nerveuses. Ce ne sont donc pas directement les poumons qui sont douloureux, mais plutôt les structures environnantes. La douleur peut être causée par l’inflammation de la plèvre (enveloppe des poumons), une irritation des bronches ou encore par une compression des nerfs et des muscles environnants. Dans tous les cas, une consultation médicale est indispensable.

Comment diagnostique-t-on un cancer du poumon ?

Le diagnostic repose sur une démarche progressive combinant examen clinique, imagerie et analyses biologiques. Un diagnostic précoce améliore significativement la prise en charge.

L’examen clinique

Lors de la consultation, le médecin généraliste ou pneumologue commence par un interrogatoire détaillé portant sur les symptômes ressentis, leur durée et leur évolution, les antécédents médicaux et familiaux, ainsi que les facteurs de risque, notamment le tabagisme actif ou passif. Cet échange permet d’orienter le diagnostic dès les premières étapes de la prise en charge.

L’examen clinique comprend ensuite une auscultation pulmonaire pour détecter d’éventuelles anomalies respiratoires, ainsi qu’une évaluation de l’état général du patient.

Ces premiers éléments guident le médecin dans le choix des examens complémentaires à prescrire.

Les examens d’imagerie

La radiographie thoracique peut être normale malgré la présence d’une lésion de petite taille. C’est pourquoi d’autres examens sont prescrits.

Le scanner thoracique avec injection de produit de contraste (TDM) est l’examen de référence. Il permet de localiser les lésions (dans le poumon et/ou ganglions), d’en préciser les caractéristiques et d’orienter le diagnostic, sans pouvoir déterminer à lui seul leur nature bénigne ou maligne.

La fibroscopie bronchique et les biopsies

La fibroscopie bronchique permet de visualiser directement les voies aériennes à l’aide d’un endoscope. Elle est réalisée sous anesthésie locale ou générale.

Lorsqu’une lésion suspecte est identifiée, une biopsie est effectuée afin de déterminer la nature de la masse tumorale (CBNPC ou cancer à petites cellules).

D’autres méthodes diagnostiques peuvent être proposées selon la localisation de la tumeur : comme une biopsie transthoracique sous scanner ou une médiastinoscopie au bloc opératoire.

Les prélèvements sont analysés en anatomopathologie pour confirmer la présence de cellules cancéreuses.

Dans la plupart des cas, des analyses moléculaires sont réalisées, notamment en cas de cancer avancé (stade IV), afin de rechercher des altérations génétiques, en particulier sur les gènes EGFR ,ALK, HER2, KRAS, BRAF, ROS1, MET, RET, NRG1, NTRK.

Ces analyses permettent d’orienter vers des traitements adaptés.

Le bilan d’extension

Une fois le diagnostic confirmé, un bilan d’extension est réalisé pour évaluer la propagation de la maladie dans l’organisme. Il permet de déterminer le stade du cancer, de détecter d’éventuelles métastases et d’orienter le choix du traitement. Ce bilan associe plusieurs examens complémentaires : imagerie médicale comportant généralement un TEP scanner ainsi qu’une imagerie cérébrale,. Par ailleurs, des examens servent aussi à s’assurer de la capacité du patient à recevoir un traitement, comme une évaluation de la capacité respiratoire, du risque cardiovasculaire ou une consultation en oncogériatrie. Chaque examen apporte des informations spécifiques qui, combinées, permettent aux médecins de proposer la prise en charge la plus adaptée.

Les stades du cancer du poumon

Le stade de la maladie est défini selon la classification TNM (3), qui évalue la taille et l’extension locale de la tumeur, l’atteinte des ganglions lymphatiques (N) et la présence de métastases à distance (M).

H3 : Stade I (localisé)

La tumeur est de petite taille et limitée à un seul lobe pulmonaire, sans atteinte ganglionnaire. Le traitement repose généralement sur la chirurgie. Le taux de survie à 5 ans peut atteindre 60 à 80 % selon les cas.

H3 : Stade II

La lésion tumorale est plus volumineuse et peut atteindre les ganglions voisins. La prise en charge associe chirurgie, immunothérapie et chimiothérapie et parfois des thérapies ciblées. Le taux de survie à 5 ans est estimé entre 40 et 60 %.

H3 : Stade III (localement avancé)

La maladie touche les ganglions médiastinaux ou des structures proches, sans métastase à distance. Le traitement repose sur une approche multimodale associant chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie et parfois des thérapies ciblées.

H3 : Stade IV (métastatique)

Le cancer s’est propagé à distance (cerveau, foie, os, etc.). La chirurgie n’est généralement pas indiquée. Le traitement repose sur la chimiothérapie, l’immunothérapie et/ou les thérapies ciblées (4).

Où se localise la douleur lors d’un cancer du poumon ?

Une tumeur localisée peut passer inaperçue et ne provoquer aucune gêne. Ce n’est que lorsqu’elle s’étend aux tissus environnants que des douleurs peuvent apparaître et se manifester à différents endroits du corps en fonction de l’extension du cancer :

  • dans la poitrine, sous forme de pression ou de brûlure, surtout lors de la respiration profonde ou de la toux ;
  • dans le dos ou les épaules, si la lésion comprime des nerfs situés à proximité ;
  • au niveau des côtes, lorsque la paroi thoracique est atteinte.

Quels signes peuvent annoncer un cancer du poumon ?

Le cancer du poumon peut se manifester par des signes généraux qui ne sont pas toujours spécifiques aux voies respiratoires. Une fatigue inhabituelle, une perte de poids inexpliquée et une fièvre prolongée peuvent être des indicateurs précoces. Aucun de ces signes n’est évidemment spécifique au cancer du poumon, consulter son médecin traitant est donc indispensable.

D’autres symptômes comme une voix rauque ou enrouée sans cause apparente, un gonflement du visage ou du cou (pouvant indiquer une obstruction veineuse), des douleurs osseuses ou des maux de tête récurrents et importants doivent vous pousser à demander un avis médical.

Les symptômes sont-ils différents chez la femme ?

Non, il n’y a pas de différences entre les hommes et les femmes. Les symptômes du cancer du poumon sont identiques tels qu’un essoufflement, des crachats sanguinolents ou une douleur thoracique.

Comment différencier une toux banale d’un cancer du poumon ?

Une toux liée à un cancer du poumon est généralement persistante, s’aggrave avec le temps et ne disparaît pas malgré les traitements habituels. Mais ces signes ne sont absolument pas spécifiques. La toux peut s’accompagner d’autres signes comme des crachats de sang, une perte de poids ou une fatigue inhabituelle. Dans tous les cas, un avis médical est indispensable.

À quel âge survient le cancer du poumon ?

Le cancer du poumon survient le plus souvent après 60 ans. L’âge médian se situe à 68 ans chez les hommes et 66 ans chez les femmes en 2023 (5). Le risque augmente avec l’âge et la durée d’exposition aux facteurs de risque, notamment le tabac. Il reste rare chez les personnes jeunes, même s’il peut survenir plus tôt dans certains cas.

Références

Ce dossier a été réalisé avec les concours du Professeur Benjamin Besse et du Docteur Adrien Rousseau, oncologues médicaux spécialisés en pathologie thoracique (Gustave Roussy, Villejuif).

Sources :

(1) Institut national du cancer (INCa). « Cancer du poumon — Données épidémiologiques ». Consulté sur www.cancer.fr

(2) Société de pneumologie de langue française (SPLF). « Recommandations sur le diagnostic et le traitement du CBNPC ». Consulté sur www.splf.fr

(3) Haute Autorité de santé. Consulté sur www.has-sante.fr

(4) Centre Léon Bérard. Consulté sur www.centreleonberard.fr

(5) Santé Publique France. « Cancer du poumon – incidence, mortalité, survie ». Consulté sur www.santepubliquefrance.fr