La radiothérapie dans le traitement du cancer du cerveau

La radiothérapie est l’un des traitements les plus utilisés dans la prise en charge des tumeurs cérébrales primitives. Elle utilise des rayons ionisants dont la forte énergie permet de tuer les cellules cancéreuses.

21 juillet 2025 Dernière mise à jour : 09-09-2025

Ces rayonnements sont focalisés sur la tumeur afin de concentrer leur énergie sur les cellules tumorales et de limiter leur impact sur les tissus sains voisins. Cependant, les cellules saines environnant la tumeur peuvent être touchées et leur altération peut engendrer des effets secondaires transitoires. La radiothérapie est souvent utilisée après la chirurgie, seule ou en association avec la chimiothérapie. Elle peut également être envisagée sans chirurgie, seule ou en association avec une chimiothérapie.

Dans tous les cas, sa mise en œuvre comprend plusieurs étapes dont l’ensemble porte le nom de plan de traitement. Un scanner ou une IRM préparatoire est d’abord programmé. Cet examen permet au radiothérapeute de définir très précisément la façon dont l’appareil de radiothérapie devra être utilisé et positionné lors des séances de traitement et de calculer la dose totale et le nombre de séances à prévoir (le schéma d’irradiation) pour détruire la tumeur tout en préservant au mieux les zones saines.

Entre cet examen préparatoire et les différentes séances de radiothérapie, la position du patient doit être scrupuleusement identique. Pour cela, un point de marquage (tatouage ou marqueur) peut servir de repère. Un masque de contention, une fois placé sur la tête, aide le patient à être parfaitement immobile lors des différentes séances.

Il existe différentes techniques de radiothérapie utilisées pour délivrer le rayonnement de façon la plus précise possible au niveau du tissu tumoral :

  • la radiothérapie conformationnelle tridimensionnelle est la technique la plus utilisée aujourd’hui dans le traitement des tumeurs cérébrales. Elle permet d’optimiser la dose à administrer en calculant précisément la façon de positionner le faisceau de rayons sur le volume à traiter. Elle utilise pour cela les images en 3D qui ont été obtenues par scanner et/ou IRM ;
  • la radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité repose sur le même principe que la radiothérapie conformationnelle tridimensionnelle. La différence réside en la capacité de l’appareil à moduler l’intensité du faisceau administré au cours d’une même séance selon la zone traitée de la tumeur ;
  • la radiothérapie en conditions stéréotaxiques est une méthode récente qui permet surtout de traiter les petites tumeurs bien délimitées, notamment lorsqu’elles sont difficiles d’accès par chirurgie. Elle utilise des faisceaux de rayons convergents qui irradient la tumeur avec une précision millimétrique. Elle peut ainsi concentrer une dose suffisante sur la masse tumorale en vue de la détruire. Lorsqu’une seule séance suffit on parle aussi de « radiochirurgie », l’irradiation remplaçant le geste chirurgical. Pour certaines tumeurs, ce traitement est réalisé en plusieurs séances : on parle de radiothérapie en conditions stéréotaxiques hypofractionnée. Pour garantir la précision du rayonnement, la tête du patient est maintenue dans un cadre de stéréotaxie.
En pratique

Le schéma d’irradiation le plus utilisé actuellement est appelé « schéma en fractionnement classique » : il comprend une séance quotidienne tous les jours de la semaine sauf le week-end et les jours fériés. Le nombre de semaines de traitement dépend de la dose totale à délivrer, qui dépend du type de tumeur cérébrale. La durée quotidienne d’une séance classique est de 10 à 15 minutes. L’irradiation elle-même ne dure que quelques minutes, la majeure partie de la séance étant réservée au contrôle de la position de traitement. Plus rarement, une séance unique de radiothérapie ou quelques séances (de 3 à 10) réparties sur une ou deux semaines peuvent être proposées pour de petites tumeurs en rechute, par exemple.

Effets secondaires

Certains effets secondaires peuvent apparaître lors d’une irradiation cérébrale. La dose de rayons, la technique de radiothérapie utilisée, l’emplacement de la tumeur influencent la survenue de ces effets.

Un œdème cérébral peut survenir au bout de quelques semaines après le début du traitement. Il n’entraîne pas toujours de symptômes, mais lorsque c’est le cas, des céphalées, des nausées et/ou de la fatigue peuvent survenir. Parfois, la radiothérapie majore les symptômes pré-existants liés à la tumeur. Une corticothérapie est prescrite pour faire disparaître l’œdème et les symptômes qui lui sont liés.

Le second effet secondaire fréquemment rencontré après une irradiation est l’alopécie (chute des cheveux). Elle est localisée au niveau des zones sur lesquelles sont orientés les rayons. Elle peut survenir au bout de 2 à 3 semaines. Son importance dépend de la dose délivrée par chaque faisceau. Elle peut être définitive ou non, selon la dose délivrée et la zone irradiée.

La radiothérapie cérébrale peut provoquer d’autres effets secondaires qui peuvent être transitoires ou persister à long terme : crises d’épilepsie, réaction cutanée, somnolence, perturbation des fonctions cognitives… Leur survenue et leur intensité dépend du type de tumeur, de sa localisation et du profil du patient. La plupart du temps, des traitements peuvent être proposés pour soulager ou réduire ces effets.

Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Pr Khê Hoang-Xuan, neuro-oncologue, et du Dr Matthieu Peyre, neurochirurgien, ainsi que du Dr Loïc Feuvret, radiothérapeute à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris).