Quels avantages à réduire sa consommation d'alcool ?

Il existe aujourd’hui en France des repères officiels pour limiter les effets de l’alcool sur la santé. Ceux-ci s’adressent à toute personne qui consomme de l’alcool, modérément ou de manière plus excessive.

Réduire sa consommation

Il existe aujourd’hui en France des repères officiels pour limiter les effets de l’alcool sur la santé. Ceux-ci s’adressent à toute personne qui consomme de l’alcool, modérément ou de manière plus excessive.

 

Quels repères ?

En mai 2017, l’Institut national du cancer et l’agence nationale Santé Publique France ont publié les conclusions d’un groupe d’experts missionné depuis près d’un an pour établir les nouvelles recommandations officielles qui seront portées par les pouvoirs publics. Ainsi, tout en alertant sur le fait que « toute consommation d’alcool comporte des risques pour votre santé » (nouvel avertissement réglementaire qui pourrait remplacer l’actuel message « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé »), de nouveaux seuils de consommation ont été proposés pour les hommes et les femmes :

  • ne pas consommer plus de 10 verres standard par semaine et pas plus de 2 verres par jour,
  • avoir des jours dans la semaine sans consommation.

Ces seuils ne font que limiter les risques pour la santé ; ils ne permettent en aucun cas de les annuler. Le rapport d’expertise de 2017 préconise également de réduire sa consommation d’alcool à chaque occasion, de boire lentement, en mangeant et en alternant avec de l’eau.

 

Qu’est-ce qu’un verre standard ?

C’est 10 grammes d’alcool pur quel que soit le type de boisson alcoolisée.

 

Être accompagné pour lutter contre la dépendance

Les effets de l’alcool sont d’autant plus importants quand la consommation devient une addiction. Parce que lutter contre la dépendance est difficile, il existe des structures spécialisées pour être aidé.

Consommer des boissons alcoolisées peut devenir un besoin incontrôlable et irrépressible. Une telle situation de dépendance peut s’instaurer au fil du temps et s’explique par l’action de l’alcool sur notre cerveau : l’alcool stimule notamment la production de dopamine, un neurotransmetteur impliqué dans la sensation de plaisir, qui joue un rôle majeur dans les mécanismes d’addiction. Exposées à de fortes doses d’alcool, les connexions nerveuses du cerveau « s’adaptent » pour en réduire les effets, appelant paradoxalement une consommation toujours plus importante. Enfin, la consommation excessive et répétée d’alcool altère les structures cérébrales permettant de décider librement de sa consommation d’alcool et de son comportement en général.

 

Vers qui se tourner ?

Au moindre doute sur votre consommation, les professionnels de santé et, en premier lieu, votre médecin traitant, sont là pour répondre à vos questions ; ils sauront évaluer votre consommation, identifier les habitudes de vie à ajuster ou modifier et éventuellement vous orienter vers d’autres professionnels.

Comme pour toute dépendance, il est à la fois complexe d’en sortir seul et difficile d’en parler à ses proches, voire à son médecin traitant. Ainsi, Alcool Info Service, le service national d’aide à distance en matière d’alcool et de dépendances, met à disposition le site d’information www.alcool-info-service.fr ainsi qu’une plateforme en ligne et téléphonique (0 980 980 930) pour contacter, en tout anonymat, des professionnels qualifiés. Ils sauront notamment vous aiguiller vers des structures spécialisées en addictologie telles que les centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA).

 

Comment se faire aider ?

Les aides au sevrage
Le sevrage de l’alcool peut nécessiter un accompagnement par les professionnels de santé, qui s’appuient sur la collaboration de leur patient. Dans les formes sévères de dépendance, le sevrage peut entraîner des complications physiques, surtout pendant les premiers jours d’arrêt. Des médicaments à base de benzodiazépines réduisent ces effets. D’autres médicaments peuvent ensuite être prescrits pour maintenir l’abstinence ou réduire la consommation.

Les associations
De nombreuses associations d’anciens consommateurs d’alcool existent pour vous aider et vous apporter un soutien dans vos démarches. Les horaires des prochaines réunions sont en général disponibles sur leur site Internet. Les plus connues sont : les Alcooliques anonymes, La Croix Bleue, Vie libre.

 

www.alcool-info-service.fr propose un test qui permet d’évaluer votre consommation d’alcool en quelques questions-réponses et gratuitement.

Ce dossier a été réalisé avec le concours des professeurs Aubin Henri-Jean (université Paris-Sud 11) et Naassila Mickael (université de Picardie Jules Verne) et de l’équipe de coordination du réseau NACRe (www.inra.fr/nacre).

Références :
– Alcool et risque de cancers, INCa, Réseau NACRe, novembre 2007
– Guérin S et al. Mortalité attribuable à l’alcool en France en 2009. Eur J Public Health. 2013;1-6
– Avis d’experts relatif à l’évolution du discours public en matière de consommation d’alcool en France, INCa, Santé Publique France, mai 2017
– Cancer et nutrition, Dossier, Inserm
– Consumption of alcoholic beverages. In: Personal Habits and Indoor Conbustions. Lyon: IARC Monographs on the evaluation of carcinogenic risks to humans, Vol. 100E, 2012.
– Nutrition et prévention primaire des cancers : actualisation des données. INCa, collection « État des lieux et connaissances », 2015.