La greffe de foie dans le traitement du cancer du foie
La transplantation hépatique est le traitement à visée curative (autrement dit, qui a pour but de guérir la maladie) le plus efficace du cancer du foie. Chez les patients atteints de cirrhose, il traite à la fois le cancer et la cirrhose qui est un facteur de récidive de cancer du foie.
01 décembre 2025 Dernière mise à jour : 02-04-2026
La transplantation hépatique consiste à retirer la totalité du foie malade pour le remplacer par un organe sain (complet ou partiel) prélevé chez un donneur anonyme, le plus souvent décédé, dont le groupe sanguin est compatible.
C’est une opération lourde et délicate, qui nécessite une préparation rigoureuse du patient et de l’équipe qui prendra en charge la greffe. Un bilan de pré-transplantation (hépatique, cardiaque, pulmonaire, anesthésique…) du patient nécessitant plusieurs examens doit être réalisé pour évaluer la faisabilité, les bénéfices et les risques de l’opération. Différents professionnels médicaux de l’équipe soignante et de l’équipe de greffe sont impliqués, en concertation, dans cette évaluation.
Pour être éligibles à une greffe de foie, les patients doivent notamment :
- avoir moins de 65 ans (parfois au-delà en l’absence de comorbidité fragilisante) ;
- présenter un état général qui n’est pas trop altéré ;
- avoir une tumeur unique de 2 à 5 cm de diamètre (ou 2 ou 3 tumeurs de moins de 3 cm de diamètre), sans envahissement des vaisseaux sanguins,
sans thrombose (caillot sanguin) dans le foie ou la veine porte et sans métastases ; - être pris en charge pour une éventuelle dépendance à l’alcool.
À la fin du bilan et en l’absence de contre-indication (y compris à la mise en place d’un traitement antirejet après l’intervention), le chirurgien responsable de la transplantation examine le dossier du patient et décide de la technique opératoire la plus adaptée. Après validation, le patient est inscrit sur la liste nationale de greffe.
L’attente d’un greffon compatible peut être longue, souvent peu compatible avec le rythme d’évolution du cancer. L’équipe médicale peut néanmoins proposer au patient une surveillance active ou un autre traitement en attendant la disponibilité d’un greffon.
Chez les patients ayant un cancer du foie qui bénéficient d’une transplantation, le taux de survie estimé à 5 ans est de 63 à 80 %.
La greffe en pratique
L’opération nécessite une parfaite coordination entre l’équipe en charge du prélèvement du greffon et celle en charge de la greffe. Elle a lieu sous anesthésie générale et dure entre 5 et 15 heures. L’abdomen est ouvert juste sous les côtes.
Après retrait du foie malade, le greffon est mis en place et reconnecté au reste de l’organisme par les vaisseaux sanguins et les voies biliaires. L’abdomen est refermé après la pose de drains permettant de recueillir des liquides biologiques durant les jours suivant l’hospitalisation.
Les suites de la greffe du foie
Après l’opération, le patient est placé en observation pendant quelques jours dans un service de soins intensifs. Il reste ensuite hospitalisé durant deux à quatre semaines. Parmi les paramètres de surveillance (hémorragie, caillot dans les vaisseaux du foie, infection…), l’un des plus importants est le risque de rejet du greffon : il est dû aux mécanismes de défense de l’organisme contre cet organe considéré comme un corps étranger. Ce risque est élevé durant les premiers jours suivant la transplantation ; il diminue au fil du temps mais persiste néanmoins tout au long de la vie.
Pour prévenir le rejet, le patient reçoit un traitement antirejet : des médicaments
immunosuppresseurs inhibent la réaction du système immunitaire contre le greffon. Prescrit dès le jour de l’opération, ce traitement est ensuite adapté et maintenu à vie. Certains signes cliniques (fièvre, fatigue, ascite) et/ou données biologiques peuvent faire suspecter un rejet. C’est pourquoi des examens réguliers et prises de sang sont nécessaires après une greffe du foie. En cas de suspicion de rejet, une biopsie du foie est indiquée. Le cas échéant, le traitement immunosuppresseur est renforcé.
La greffe de foie est généralement effectuée à partir de greffons entiers provenant de personnes en état de mort cérébrale, plus
rarement d’un morceau de foie chez un donneur vivant. Comme pour d’autres organes, il existe actuellement une pénurie importante de greffons de foie.
En France, le nombre de nouveaux patients inscrits en attente d’une transplantation hépatique était de 1 791 en 2023, dont 31 % pour cause d’hépatocarcinome chez l’adulte, et 1 332 patients étaient en liste d’attente. Or, seulement 1 182 greffons ont été prélevés cette même année.
Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Pr Julien Calderaro, Professeur des Universités-Praticien Hospitalier au sein du Département de Pathologie de l’hôpital Henri Mondor (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris).