La chirurgie dans le traitement du cancer du foie : l'hépatectomie partielle
L’hépatectomie partielle est une intervention chirurgicale consistant à retirer la partie du foie dans laquelle se trouve la tumeur.
01 décembre 2025 Dernière mise à jour : 02-04-2026
L’hépatectomie partielle est préférentiellement proposée aux patients ayant une ou plusieurs tumeurs hépatiques, mais dont la fonction du foie est préservée. Il faut qu’il reste une partie de foie sain (environ 30 %) après l’ablation de la partie malade pour que la portion de foie restante puisse assurer à elle seule ses fonctions et se régénérer pour remplacer la partie retirée au cours de l’opération.
L’hépatectomie partielle est aussi possible chez des patients ayant une cirrhose légère, sans hypertension portale, dont le foie fonctionne encore relativement bien et sur une tumeur unique. La partie du foie restante doit être un peu plus volumineuse que chez les patients subissant une hépatectomie partielle sur un foie non cirrhotique.
L’hépatectomie partielle est contre-indiquée en cas d’hypertension portale importante et de cirrhose grave. L’arrêt de l’alcool est impératif.
La chirurgie en pratique
L’hépatectomie partielle est réalisée sous anesthésie générale. Le plus souvent, le chirurgien réalise une laparotomie pour accéder au foie : cet acte consiste à réaliser une incision de quelques centimètres au niveau du côté droit de l’abdomen du patient, en dessous des côtes.
Lorsqu’elle est possible, la coelioscopie (ou laparoscopie) est privilégiée : cette technique, peu invasive, consiste à effectuer des incisions, de quelques millimètres seulement, au niveau de l’abdomen pour introduire une caméra et des instruments chirurgicaux miniaturisés. Le chirurgien repère ensuite avec précision la localisation de la ou des tumeurs dans l’organe à l’aide d’une sonde d’échographie.
Selon la position des tumeurs et des vaisseaux sanguins avoisinants, le chirurgien détermine s’il peut uniquement retirer les tumeurs ou s’il doit élargir l’ablation à un segment plus large, voire à un lobe du foie. Dans tous les cas, les tumeurs sont retirées avec une marge de tissus sains pour ne pas laisser de cellules cancéreuses sur place.
Les suites de l'opération
En l’absence de complications immédiates et si le foie retrouve une activité correcte, l’hospitalisation dure entre une semaine et dix jours. Dans le cas contraire, elle est prolongée le temps que la situation se stabilise.
Durant cette période, la douleur est prévenue ou prise en charge grâce à des traitements antalgiques. Les risques d’infection post-opératoire sont également prévenus grâce à un traitement antibiotique.
Après l’opération, et pour évaluer la reprise de la fonction hépatique, les médecins sont attentifs à :
- l’insuffisance hépatique due à la petite taille du foie laissé en place. Dans ce cas, dans les cinq à sept jours suivant l’opération, le patient peut présenter de la fièvre, une jaunisse, de la fatigue… Ces symptômes sont pris en charge par l’équipe médicale. Ils disparaissent généralement après quelques jours.
- la reprise de la production de la bile par le foie et au fait que l’opération n’ait pas créé de fuite, ce qui nécessiterait une nouvelle intervention. Pour permettre cette surveillance, le drain mis en place au niveau de l’abdomen à la fin de l’opération est généralement conservé quelques semaines avant d’être retiré.
Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Pr Julien Calderaro, Professeur des Universités-Praticien Hospitalier au sein du Département de Pathologie de l’hôpital Henri Mondor (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris).