La chimioembolisation ou la radiothérapie interne sélective dans le traitement du cancer du foie
Ces traitements consistent à injecter, dans l’artère qui irrigue le foie, soit un médicament de chimiothérapie soit des microbilles chargées d’éléments radioactifs.
01 décembre 2025 Dernière mise à jour : 02-04-2026
Ces traitements consistent à injecter, dans l’artère qui irrigue le foie, soit :
- un médicament de chimiothérapie pour détruire les cellules cancéreuses et un produit qui bouche les vaisseaux sanguins alimentant la tumeur afin de la priver d’oxygène et de nutriments : c’est la chimioembolisation ;
- des microbilles chargées d’éléments radioactifs : c’est la radiothérapie
interne sélective, également appelée radioembolisation.
Dans les deux cas, l’objectif est de détruire les cellules cancéreuses de façon ciblée, avec l’avantage de ne pas inciser l’abdomen.
Ces deux techniques sont proposées à certains patients, en particulier lorsque la chirurgie n’est pas possible aux stades B et C ou, plus rarement, dans l’attente d’une greffe de foie. Pour chacune d’entre elles, il existe des contre-indications spécifiques, comme une obstruction de la veine porte, des métastases à distance, une cirrhose grave, une fonction hépatique dégradée, un mauvais état général du patient ou encore de l’ascite.
En pratique
La chimioembolisation et la radiothérapie interne sélective sont généralement réalisées dans une salle dédiée à la radiologie interventionnelle en milieu hospitalier et sous anesthésie locale. Le médecin introduit un cathéter dans l’artère fémorale (au niveau de l’aine) ou radiale (au niveau du bras) du patient jusqu’à l’artère hépatique, afin d’accéder au plus près de la tumeur. Le médecin peut alors délivrer le produit de chimioembolisation
ou de radiothérapie interne. Le cathéter est retiré à l’issue de la procédure.
En cas de chimioembolisation, la progression du cathéter est suivie pendant l’intervention par artériographie, une imagerie médicale des artères avec injection d’un produit iodé. En cas de radiothérapie interne sélective, une artériographie est effectuée lors d’une séance préalable à l’intervention proprement dite et associée à l’injection d’un traceur au niveau de la tumeur pour mieux la visualiser. En cas de chimioembolisation, plusieurs cures sont généralement programmées pour obtenir un résultat optimal.
Les suites de l'intervention
Suite à une chimioembolisation ou une radiothérapie interne sélective, l’hospitalisation dure le plus souvent un ou deux jours.
Les patients sont souvent fatigués dans les jours suivant ces traitements. Un traitement antalgique est systématiquement prescrit pour limiter la douleur post-opératoire. Un hématome peut survenir au niveau du point de ponction de l’artère, là où le cathéter a été inséré.
Des effets secondaires indésirables peuvent apparaître dans les jours suivant la chimioembolisation, tels que des malaises, des maux de ventre, des nausées, de la fièvre : des traitements spécifiques seront proposés au patient. Rarement, la chimioembolisation peut entraîner une chute de cheveux transitoire.
Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Pr Julien Calderaro, Professeur des Universités-Praticien Hospitalier au sein du Département de Pathologie de l’hôpital Henri Mondor (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris).