Quels sont les enjeux de la recherche sur le cancer du foie ?

Si la prise en charge du cancer du foie a bénéficié d’importants progrès ces dernières années, le diagnostic reste généralement trop tardif.

Les recherches se poursuivent donc pour proposer une détection plus précoce et des traitements plus efficaces de la maladie.

01 décembre 2025 Dernière mise à jour : 02-04-2026

Les chercheurs misent en particulier sur la modernisation des techniques de dépistage, les biomarqueurs circulants, l’intelligence artificielle et les nouvelles immunothérapies.

Vers un diagnostic plus précoce et précis

Chez les patients à risque de cancer du foie, la surveillance se base actuellement sur l’échographie. La recherche étudie de nouvelles modalités comme l’IRM de courte durée sans contraste, plus accessible que l’IRM classique et plus sensible que l’échographie.

Le diagnostic du cancer du foie tire également parti de l’essor de l’intelligence artificielle (IA) avec la mise au point de systèmes innovants basés sur des algorithmes associés à des données d’imagerie (scanner, IRM) et/ou d’anatomopathologie numérisées. L’IA va aider les médecins dans le repérage de la tumeur, la caractérisation de son type moléculaire, mais aussi l’évaluation de son extension et la réponse du patient aux traitements.

Davantage de solutions thérapeutiques pour tous

Aujourd’hui, les options de traitement pour le cancer du foie avancé restent limitées. Afin d’améliorer l’efficacité des immunothérapies et des thérapies ciblées, les chercheurs étudient le micro-environnement tumoral.

Ce réseau complexe et encore mal connu est constitué de divers éléments (cellules immunitaires, inflammatoires, endothéliales, facteurs de croissance…), dont l’action peut être pro ou antitumorale. Il représente donc une source de cibles thérapeutiques pour la mise au point de nouveaux médicaments ou d’associations plus efficaces.

L’optimisation du traitement des patients opérables n’est pas négligée : des essais cliniques testent par exemple l’ajout d’une immunothérapie avant ou après la chirurgie, mais aussi en combinaison avec d’autres traitements locaux comme la radiofréquence.

Des thérapies plus ciblées, des immunothérapies individualisées

Pour mieux personnaliser les traitements, les biomarqueurs du cancer du foie, notamment sanguins comme les cellules tumorales ou l’ADN tumoral circulant, font également l’objet d’intenses recherches.

Enfin, les immunothérapies dites « cellulaires » pour le cancer du foie semblent prometteuses pour améliorer les traitements de certains patients. Parmi ces thérapies qui visent à mobiliser le système immunitaire du patient, de premiers résultats de recherche encourageants ont été obtenus avec les thérapies par cellules CAR-T (Chimeric Antigenic Receptor – T) ou TCR-T (T cell receptorengineered T), qui utilisent les lymphocytes T du patient modifiés génétiquement pour attaquer les cellules cancéreuses.

Ce dossier a été réalisé grâce au concours du Pr Julien Calderaro, Professeur des Universités-Praticien Hospitalier au sein du Département de Pathologie de l’hôpital Henri Mondor (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris).