Que sait-on du dépistage du cancer de la prostate ?
Il n’existe pas aujourd'hui en France de programme national de dépistage du cancer de la prostate.
19 juin 2025 Dernière mise à jour : 23-04-2026
Cancer de la prostate : un dépistage au cas par cas
Il n’existe pas aujourd’hui de programme de dépistage s’adressant aux hommes de manière systématique. En effet, le bénéfice du dépistage du cancer de la prostate n’est pas clairement démontré. Outre le fait que les deux examens (toucher rectal et dosage du PSA) ne présentent pas une fiabilité suffisante, le diagnostic est ensuite posé après biopsie (méthode invasive).
De plus, une grande majorité des cancers diagnostiqués (environ 80 %) ne progresseront pas dans les vingt ans et pourraient être traités inutilement, entrainant des séquelles qui auraient pu être évitées.
Ainsi, dépister une tumeur précoce de la prostate chez un homme âgé revient donc à envisager la prise en charge d’une maladie qui n’aura peut-être pas d’incidence sur l’espérance de vie de la personne. Ainsi, pour réduire les cas de surdiagnostic (diagnostic d’une tumeur qui ne se serait jamais manifestée du vivant de la personne) ou de surtraitement (traitement d’une tumeur sans impact sur le pronostic de la maladie), le cancer de la prostate ne fait pas pour l’heure l’objet d’un dépistage organisé systématisé auprès de tous les hommes d’une tranche d’âge.
Cependant, dans 20 % des cas, les cancers de la prostate sont agressifs et évolutifs, avec des risques de métastases et d’issue fatale. La mesure du taux de PSA, en plus de manquer de spécificité, n’est pas discriminante entre les cancers qui évolueront rapidement et ceux qui n’évolueront que très lentement. C’est pourquoi l’intérêt – et les modalités – de la mise en place d’un programme de dépistage organisé est actuellement vivement discuté.
Aujourd’hui, le dépistage chez une personne ne présentant pas de symptômes ne peut être proposé qu’au cas par cas. C’est une décision qui doit être réfléchie et discutée avec un médecin.