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Projet soutenu

Traiter efficacement les cancers du sein triples négatifs avant leur évolution métastatique en mobilisant le système immunitaire : le projet PRISM-2

Les cancers du sein triples négatifs représentent 15 % des cancers du sein et sont le plus souvent de mauvais pronostic. Des travaux de Fabrice André, directeur de la recherche de Gustave Roussy, et ses équipes, ont montré que ces cancers au stade métastatique peuvent être sensibles à l’immunothérapie. La durée de vie des patientes s’en trouve augmentée. Il pose maintenant l’hypothèse que ce traitement initié précocement chez des femmes atteintes d’un cancer du sein triple négatif localisé (non métastatique) pourrait guérir une partie d’entre elles. Pour le vérifier, il lance l’étude POP-Durva et espère qu’au moins 20 % de ces femmes seront concernées. En parallèle, à partir des échantillons biologiques collectés dès le diagnostic et au cours de l’essai chez les patientes y participant, le projet PRISM-2 visera à identifier les caractéristiques biologiques associées à la sensibilité ou à la résistance à l’immunothérapie. L’objectif est non seulement d’identifier des marqueurs prédictifs de la réponse à l’immunothérapie permettant de mieux sélectionner les patientes susceptibles d’en bénéficier mais également de découvrir de nouvelles cibles afin que les stratégies d’immunothérapie soient efficaces chez davantage de patientes. Nous soutenons le projet PRISM-2 à hauteur de 3 millions euros sur 5 ans.

Contexte et objectif du projet

Les cancers du sein triples négatifs (c’est-à-dire n’exprimant aucun des trois récepteurs de surface fréquemment retrouvés dans les cancers du sein), représentent 15 % des cancers du sein soit environ 9 000 nouveaux cas par an. Difficiles à prendre en charge, ils résistent dans 20 % des cas à la chimiothérapie, par ailleurs souvent mal tolérée. L’étude SAFIR02 Breast, menée par UNICANCER (un réseau de 18 Centres de lutte contre le cancer français) avec le soutien de la Fondation ARC, a montré qu’une partie des cancers du sein triples négatifs au stade métastatique est sensible à une immunothérapie, le durvalumab, un anti-PDL1 actuellement indiqué dans le cancer du poumon. Elle peut augmenter de plusieurs mois la survie des patientes. L’immunothérapie cible le système immunitaire de la malade et lève un frein à son action, ce qui facilite l’élimination des cellules cancéreuses.

Fabrice André, Directeur de la Recherche de Gustave Roussy et auteur de ces premiers travaux, estime que ce traitement pourrait aussi être efficace chez des femmes atteintes de cancer du sein triple négatif localisé – c’est-à-dire non métastatique – et pourrait même en guérir certaines. Pour tester cette hypothèse, son équipe va recruter 200 malades au moment du diagnostic et administrer immédiatement l’immunothérapie à raison de trois injections sur une période de huit semaines avant la chirurgie. Les chirurgiens opéreront ensuite toutes les femmes, pour supprimer la tumeur repérée au moment du diagnostic. Puis, les chercheurs regarderont s’il y reste des cellules cancéreuses ou non. Si elles sont devenues indétectables, la patiente sera considérée comme ayant de grandes chances de guérison, de précédents travaux ayant établi ce lien entre l’absence de cellules cancéreuses dans la zone tumorale et la possibilité d’une guérison. Si au moins 20 % des patientes incluses dans l’essai sont concernées, le bénéfice sera considéré comme important et l’essai jugé positif.

Le projet PRISM-2 visera à découvrir des marqueurs de réponse à l’immunothérapie, l’objectif étant d’identifier, au moment du diagnostic, les femmes chez qui le traitement sera efficace. Par ailleurs, les chercheurs espèrent aussi identifier des mécanismes de résistance au traitement, ce qui permettrait de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques. Pour cela, les chercheurs analyseront les profils moléculaires (ADN, ARN, marqueurs protéiques de surface) des cellules tumorales et des cellules immunitaires infiltrant ces tumeurs ainsi que leur distribution spatiale dans les tumeurs, avant et après traitement, grâce aux échantillons obtenus par biopsie au moment du diagnostic puis par chirurgie au moment de la résection. Ces données biologiques seront corrélées aux données cliniques des patientes afin d’identifier des marqueurs ou des ensembles de marqueurs (des signatures) de réponse (sensibilité ou résistance) à l’immunothérapie.

Si les résultats sont au rendez-vous, cette étude PRISM2 marquera un tournant dans la prise en charge des femmes atteintes de cancer du sein triple négatif avec au moins 20 % de guérisons en huit semaines après le diagnostic grâce à un traitement d’immunothérapie précoce. Ce seront également de nouvelles connaissances qui émergeront pour comprendre comment développer d’autres approches thérapeutiques mobilisant le système immunitaire des patientes chez qui cette immunothérapie en monothérapie serait inefficace.

Le porteur du projet

Fabrice AndréLe Pr Fabrice André est oncologue et directeur de recherche à Gustave Roussy. Il est spécialisé en médecine de précision en cancérologie, depuis l’étude des mécanismes fondamentaux jusqu’à la réalisation d’essais cliniques de phase III. Il dirige le programme de médecine de précision Gustave Roussy Cancer Campus (GRCC), le groupe de médecine personnalisée UNICANCER et le Centre national de médecine de précision en cancérologie PRISM. Le projet PRISM-2 réunit trois équipes de Gustave Roussy : le Département cancer du sein dirigé par le Dr Suzette Delaloge, la plateforme AMMICA de biotechnologie dirigée par le Pr Jean-Yves Scoazec pour le séquençage d’ADN des cellules des tumeurs et leur analyse moléculaire et l’équipe Oncostat dirigée par Stefan Michiels. Pour ce projet PRISM-2, le Pr Fabrice André travaille en étroite collaboration avec le Dr Monica Ardenos, responsable de la partie clinique et les personnels de recherche clinique de Gustave Roussy. Une collaboration est aussi établie avec des chercheurs de l’école Centrale Supelec, pour le traitement des données bioinformatiques et les calculs mathématiques.

Notre soutien

Nous finançons le projet PRISM-2 à hauteur de 3 millions d’euros sur 5 ans, dans le cadre de notre partenariat avec le Centre national de médecine de précision en cancérologie PRISM (PRecISion. Medicine Institute in oncology) labellisé en 2018 par l’Agence nationale de la recherche, et unissant Gustave Roussy, l’Inserm, Centrale Supélec et l’Université Paris-Saclay.


A. R.


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