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29 septembre 2020

Cancer colorectal, immobiliser les cellules pour combattre les métastases

Une nouvelle stratégie thérapeutique pour limiter le développement des métastases de cancers colorectaux semble émerger. Les chercheurs ciblent les capacités motrices des cellules cancéreuses.

La très grande majorité des décès par cancer est due au développement métastatique de la maladie. Ce mécanisme constitue l’évolution naturelle de nombreux cancers : certaines cellules cancéreuses quittent la tumeur primaire, se faufilent généralement dans la circulation sanguine ou lymphatique, puis en ressortent pour se nicher dans un autre tissu, un autre organe ; elles y prospèrent pour former une nouvelle tumeur, dite métastatique. On sait depuis longtemps que cette capacité à s’échapper du site de la tumeur primaire repose, entre autres, sur des compétences de mobilité bien spécifiques. Les mécanismes moléculaires sous-jacents à cette mobilité sont complexes, mais bien connus. Des chercheurs de Chicago ont récemment montré qu’une molécule permettait d’enrayer ces mécanismes, avec un effet notable sur la formation des métastases.

Dans toutes nos cellules, un squelette interne assure le maintien d’une forme, règle la rigidité ou la déformabilité de la cellule, sa capacité à ramper, à rouler, à s’étirer... Toute cette dynamique repose, notamment, sur les caractéristiques moléculaires des filaments de ce squelette interne – appelé cytosquelette – et de celles de « moteurs moléculaires » qui y sont associés. De par sa situation stratégique dans la biologie de la cellule, l’un de ces moteurs, la myosine-2C non-musculaire (NM2C), a attiré l’attention des chercheurs nord-américains. En effet, cette myosine reçoit des signaux protumoraux qui proviennent d’origines multiples et les traduit en mouvement. Par une approche pharmacologique, ils sont parvenus à activer de façon anormale la NM2C et ainsi à perturber la dynamique du cytosquelette des cellules cancéreuses.

Le produit utilisé, la 4-hydroxyacetophenone (4-HAP), altérait l’adhérence des cellules cultivées in vitro et entravait leur mobilité. In vivo, le traitement à la 4-HAP permettait de réduire de moitié le développement de métastases hépatiques dans le modèle de tumeurs colorectales utilisé. Les résultats obtenus montrent que le fait de cibler les moteurs moléculaires directement responsables de la mobilité des cellules permettait de, littéralement, mettre des bâtons dans les roues aux cellules cancéreuses promptes à se disséminer et former des métastases. Les auteurs suggèrent que cette stratégie fasse l’objet d’explorations plus poussées et qu’elle soit, à terme, combinée à d’autres approches anticancéreuses.


R.D.

Source : Bryan, D.S. et al; 4-Hydroxyacetophenone modulates the actomyosin cytoskeleton to reduce metastasis; PNAS; 26 août 2020


 


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