COVID-19 et cancer : quelles informations retenir aujourd’hui ?
11 avril 2020 Dernière mise à jour : 05-09-2025
Face aux questions que pose l’épidémie actuelle, notamment pour les malades et leurs proches, quelques ressources sélectionnées pour leur clarté, leur rigueur et leur valeur de référence.
Depuis les premiers cas de pneumonies d’origine inconnue survenus en Chine, au mois de décembre, jusqu’aux décisions de confinement des populations par les états européens en ce mois de mars, les événements se sont succédés à un rythme vertigineux. Dans ce contexte, il est facile de se perdre dans le flot d’informations d’ordre médical et scientifique provenant de sources très diverses.
En outre, les sujets d’inquiétudes sont encore plus prégnants pour les personnes déjà fragilisées par un cancer : le risque d’être infecté par le SRAS-CoV2 est-il plus important ? Les conséquences de la maladie respiratoire induite sont-elles plus graves ? Comment la prise en charge habituelle des cancers se déroule-t-elle dans un contexte où l’activité hospitalière est bouleversée par l’urgence et le risque infectieux ?
Pour y voir clair dans ce paysage, de nombreux acteurs de la recherche ou du monde médical produisent des contenus fiables et éclairants, ainsi que des recommandations pour la prise en charge des patients.
Nous proposons ici quelques ressources sélectionnées pour leur clarté, leur rigueur et leur valeur de référence. Attention, la situation évolue rapidement et les recommandations pour la prise en charge médicale des patients comme les mesures de santé publique sont aussi susceptibles d’évoluer. Nous suivrons cette évolution pour enrichir, aussi fréquemment que nécessaire, l’information relayée sur cette page.
Le virus SRAS-Cov-2 et le COVID-19, informations générales
En décembre 2019 plusieurs cas de pneumonies dont la cause n’était pas connue apparaissaient en Chine dans la ville de Wuhan. Début janvier, un virus responsable de l’infection, et des complications respiratoires associées est identifié : il s’agit d’un coronavirus, de la même famille, notamment, que celui qui avait causé l’épidémie de SRAS en 2003 (SRAS pour syndrome respiratoire aigu sévère). Les scientifiques le nomment SRAS-CoV2, la maladie respiratoire associée est appelée COVID-19 (pour COronaVIrus Disease 2019). L’infection par le SRAS-CoV2 s’est avérée très contagieuse, menant en moins de trois mois à la situation mondiale que nous connaissons.
L’institut national de la recherche médical (INSERM), L’Organisation mondiale de la santé (OMS), Santé publique France ou l’Institut Pasteur constituent des ressources précieuses pour s’informer.
Cette page de l’INSERM regroupe de nombreuses ressources provenant de ces émetteurs, qu’il s’agisse d’informations de base sur les coronavirus ou du suivi de la pandémie. Elle permet aussi de s’informer sur les recherches identifiées par le consortium REACTing, coordonné par l’INSERM, dont le rôle est d’organiser la recherche pour faire face aux crises sanitaires liées aux maladies infectieuses émergentes.
Pour les patients atteints de cancer, quelles précautions, quelle prise en charge ?
Les patients traités pour un cancer ont souvent un système de défenses immunitaires défaillant, soit parce que la maladie concerne directement les cellules immunitaires (leucémies, lymphomes, myélomes), soit parce que les traitements ont un impact sur ces mêmes cellules (lorsqu’ils sont administrés et, pour certains, jusqu’à quelques mois plus tard). Pour cette raison, les patients touchés par un cancer sont actuellement considérés comme des sujets à risque, même si les données formelles manquent encore pour en être sûr. En outre, le fait d’être atteint par un cancer induit un sur-risque de complications causées par l’infection virale et implique donc une fragilité face à la pandémie de COVID-19. Du fait qu’un confinement renforcé soit recommandé aux personnes les plus à risque, et même si les services d’oncologie et de radiologie mettent en place des mesures de protection spéciales (dépistage des éventuels cas d’infection au coronavirus et service dédié à l’accueil de patients qui seraient infectés…), certaines questions sont posées quant aux modalités de prise en charge des patients atteints de cancer.
Aujourd’hui, Il est important d’insister sur le fait que, dans tous les cas, c’est l’échange avec le médecin oncologue qui permet d’établir la conduite à tenir pour chaque patient.
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Pour répondre aux patients atteints de cancer, l’Institut national du cancer a publié une « FAQ » très complète, consultable ici.
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L’association RoseUp, qui édite Rose magazine, réalise une série d’articles pour informer les patients. Un entretien avec le Dr Paul Couttu (Institut Curie) permet ainsi de faire un point général sur les risques propres aux patients atteints de cancers et à leurs traitements.
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De façon plus précise, le Pr Benjamin Besse (Gustave Roussy) décrit l’adaptation de la prise en charge des patients traités par immunothérapie, qui nécessite systématiquement un déplacement en hôpital de jour. Là encore, la continuité ou l’interruption momentanée du traitement se décide au cas par cas, en mettant face à face le bénéfice apporté par l’immunothérapie et le risque d’exposer le patient à une contamination virale à l’hôpital.
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Dans un entretien, le Pr Nicolas Girard (Institut Curie) explique les risques propres aux patients atteints de cancers pulmonaires et la façon dont est adaptée leur prise en charge. Des recommandations ont par ailleurs été rédigées pour aider les médecins à adapter le suivi de leurs patients.
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Même si les cas pédiatriques de COVID-19 sont extrêmement rares, l’inquiétude est grande pour les enfants touchés par un cancer, du fait de leur fragilité immunitaire. Dans une lettre d’information, l’association InfoSarcomes rassure et transmet les conseils à donner aux parents pour l’accompagnement de leur enfant, à la maison ou à l’hôpital.
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Enfin, le site hematoalaune.fr propose un entretien avec le Pr Guillaume Cartron (CHU de Montpellier) pour décrire comment les recommandations de prise en charge se déclinent pour les patients atteints de cancers du sang, dont l’immunité est particulièrement altérée. Quelle implication, par exemple, pour les greffes de cellules souches sanguines, pour les protocoles d’immunothérapies par cellules T CAR ?
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Face à la situation de confinement qui se prolonge, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a adapté ses repères en termes de lutte contre la sédentarité et pour la pratique d’une activité physique. Ces repères s’adressent à la population générale et non aux patients atteints de cancer de façon spécifique, cependant il est important de rappeler l’importance cruciale du maintien d’une activité physique adaptée pour faire face aux cancers.
Livret réalisé en collaboration avec Rose magazine
La Fondation ARC vous témoigne, à toutes et tous, son soutien et ses encouragements dans cette période.
R. D.