À 27 et 28 ans, deux jeunes chercheuses bordelaises soutenues par la Fondation ARC franchissent un cap décisif en cancérologie
16 mars 2026 Dernière mise à jour : 19-03-2026
Bordeaux le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes.
Le travail de recherche permettant de soutenir une thèse d’Université est supposé se faire en 3 ans. En cancérologie, les étudiants en thèse ont le plus souvent besoin d’une quatrième année pour que leur travail aboutisse à des conclusions solides et fasse l’objet d’une publication dans un journal international, une étape indispensable à la suite de leur carrière. En 2025, la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer a financé la quatrième année de thèse de 58 étudiants.
À Bordeaux, Léa Bouton et Cloé Tessier incarnent cette situation. Les deux doctorantes explorent des pistes innovantes pour mieux comprendre et combattre le cancer. Leur point commun : elles ont besoin du soutien de la Fondation ARC afin de terminer dans de bonnes conditions la recherche qui leur permettra de soutenir leur thèse.
À l’occasion du 8 mars, leurs parcours rappellent une évidence : accompagner les talents de la recherche scientifique, et en particulier les jeunes femmes, lors de leur formation à la recherche sur le cancer, c’est donner à la lutte contre cette maladie les moyens de progresser maintenant en consolidant les travaux en cours et de préparer l’avenir au travers d’une génération en devenir.
Une année décisive pour une génération de chercheurs
Peu médiatisée, la 4ᵉ année de thèse est un angle mort dans la formation scientifique puisque les allocations doctorales attribuées par les universités ne couvrent que 3 années de financement. C’est pourtant une étape déterminante qui permet d’achever les travaux en cours, de publier les résultats, et de préparer les étapes suivantes d’une carrière scientifique.
« Les jeunes chercheurs jouent un rôle central dans les laboratoires. A la Fondation ARC, nous avons fait le choix de les placer au cœur de notre stratégie scientifique. Soutenir le financement d’une 4e année de thèse, c’est donner aux jeunes chercheurs en formation les moyens d’achever leurs travaux dans les meilleures conditions et de préparer la suite de leur parcours. La Fondation offre à ces jeunes chercheurs l’ingrédient indispensable à une recherche crédible parce qu’approfondie avec le temps. » précise Eric Solary, vice-président de la Fondation ARC.
À Bordeaux, cet engagement se traduit notamment par le soutien apporté à deux jeunes chercheuses aux projets ambitieux.
Nouvelle génération de chercheuses : celles qui inventent les traitements de demain.
À 27 et 28 ans, elles explorent l’ARN et le métabolisme tumoral pour mieux combattre le cancer.
PORTRAIT 1 – Léa Bouton
Bloquer une protéine essentielle à la survie des cellules cancéreuses grâce à l’ARN
À 28 ans, Léa Bouton travaille à l’Université de Bordeaux (Institut Européen de Chimie et de Biologie). Elle développe une approche thérapeutique innovante dont l’objectif est de tuer les cellules cancéreuses en bloquant une protéine essentielle à leur survie.
La protéine en question a un nom de code : RBM39. Elle est impliquée, par exemple, dans le cancer colorectal et certaines leucémies. Des médicaments ciblant cette protéine existent mais une partie des cellules cancéreuses résiste à ces médicaments.
L’objectif du projet est de s’attaquer à cette protéine en utilisant une nouvelle approche basée non pas sur l’amélioration des médicaments existants mais sur l’usage de molécules d’ARN bloquant spécifiquement la production de RBM39.
Montant du soutien de la Fondation ARC : 42 000 €
PORTRAIT 2 – Cloé Tessier
Comprendre le métabolisme du glioblastome pour ouvrir une nouvelle stratégie thérapeutique
À 27 ans, Cloé Tessier mène ses travaux au BRIC (Institut de recherche en oncologie de Bordeaux). Elle s’intéresse, elle aussi, à la résistance d’un cancer aux traitement existants. Elle étudie la manière dont les cellules de glioblastome, l’une des tumeurs cérébrales les plus agressives, utilisent leurs réserves énergétiques pour résister aux traitements et survivre.
Plus spécifiquement, ses recherches portent sur une protéine appelée HSL. Cette protéine est un acteur central dans la dégradation des réserves énergétiques de la cellule cancéreuse afin qu’elle résiste à l’attaque des médicaments.
L’objectif de Cloé Tessier est de comprendre comment l’action de HSL est liée à l’agressivité des glioblastomes, afin d’évaluer si son blocage pourrait constituer une nouvelle piste thérapeutique pour contrer l’un des cancers du cerveau les plus agressifs.
Montant du soutien de la Fondation ARC : 21 000 €
Laurence de la Touche : laurence@agencethedesk.com – 06 09 11 11 32
Stéphanie Kanoui : stephanie@agencethedesk.com – 06 11 66 00 50