Une innovation thérapeutique contre les carcinomes épidermoïdes
17 mars 2026 Dernière mise à jour : 17-03-2026
Le Professeur Christophe Le Tourneau (Institut Curie, Paris) nous explique les résultats de l’essai PEVOsq, mené avec le soutien de la Fondation ARC.
Qu’est-ce qu’un carcinome épidermoïde et comment est-il traité ?
Les carcinomes épidermoïdes se forment à partir de la couche externe de la peau ou des muqueuses, le plus souvent buccales ou génitales. Au stade localisé, la chirurgie et/ou la radiothérapie sont efficaces. En revanche, au stade avancé ou en cas de récidive, la prise en charge est plus complexe. L’immunothérapie peut alors être utilisée, mais seuls 15 à 20% des malades répondent au traitement.
Quelle est l’innovation thérapeutique évaluée par l’essai clinique PEVOsq ?
Dans le but de renforcer l’efficacité de l’immunothérapie, la stratégie choisie visait à contrer l’échappement de cellules cancéreuses à l’immunothérapie. Pour cela nous avons associé l’immunothérapie (pembrolizumab) à un autre médicament (vorinostat). Ce dernier est un épimédicament qui met en activité des gènes jusqu’alors inactifs, ce qui révèle l’identité des cellules cancéreuses et facilite leur reconnaissance par les cellules immunitaires.
Nous avons évalué cette nouvelle association de traitements par un essai « basket » regroupant 112 patients atteints de cancers épidermoïdes, à un stade avancé ou en récidive, et de différentes localisations (sphère ORL, col de l’utérus, vulve/vagin, pénis, canal anal).
Quels sont les résultats de cet essai clinique ?
Pour les patients atteints d’un cancer du col de l’utérus ou de l’anus, les résultats sont encourageants puisque nous avons observé des régressions, parfois complètes, de la maladie chez 39 % et 31% d’entre eux, respectivement. Contre les cancers de la vulve et du vagin, l’efficacité était plus modeste avec 19% de régressions observées. En revanche, face aux cancers de la sphère ORL ou du pénis, les résultats n’étaient pas meilleurs qu’avec l’immunothérapie seule.
Par ailleurs, les effets indésirables de ces médicaments associés ont pu être généralement pris en charge correctement, malgré la nécessité de diminuer la dose de l’épimédicament chez certains patients. Nous poursuivons des investigations biologiques afin de pouvoir réserver cette association aux situations où le bénéfice attendu est important. De premiers résultats nous ont déjà permis d’identifier trois marqueurs liés à une meilleure efficacité des traitements.
Source : Borcoman E. et al.
Nature Cancer (30 juin 2025)