Journée du 8 mars : la Fondation ARC souhaite encourager les vocations féminines dans la recherche

08 mars 2025 Dernière mise à jour : 05-09-2025

8 marsCommuniqué de presse

En France, un tiers seulement des chercheurs sont des femmes1. Une sous-représentation qui risque encore de s’aggraver dans les prochaines années puisque le nombre de lycéennes s’orientant vers les parcours scientifiques est en recul de 28 % depuis 20192. Et pourtant, faire carrière dans la recherche lorsqu’on est une femme, c’est possible. Corine Bertolotto, Jill Pilet, Karin Tarte et Claudia Pasqualini, quatre chercheuses engagées avec la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, en sont la preuve. À quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, la Fondation met en lumière leurs parcours inspirants pour encourager les vocations et inciter les jeunes filles à embrasser, elles aussi, les carrières scientifiques.

Faire progresser la recherche en cancérologie : une vocation non genrée !

« Les filles n’aiment pas les maths. » « Elles sont plutôt faites pour les études littéraires. » Ces stéréotypes continuent d’avoir la vie dure, décourageant chaque année des milliers de jeunes filles de s’orienter vers une carrière scientifique. Pourtant, contrairement aux idées reçues, 88 % des femmes indiquent que les mathématiques et les sciences font partie de leurs matières préférées à l’école3.

Corine Bertolotto, Jill Pilet, Karin Tarte et Claudia Pasqualini, elles, n’ont jamais renoncé à leur rêve. Leur parcours, fait de passion et de combativité, a donné naissance à des travaux porteurs d’espoir pour des milliers de patients atteints de cancers.

Des femmes brillantes et talentueuses, aux parcours inspirants

Pr Karin Tarte : « Ayez confiance en vous ! »

Professeure d’immunologie à la faculté de médecine de Rennes et présidente du Comité d’orientation de la recherche de la Fondation ARC, la professeure Karin Tarte est l’autrice de plus de 150 publications scientifiques. Lauréate de nombreux prix internationaux, elle est également très impliquée dans la diffusion de la science auprès du grand public. Pour elle, la recherche n’est pas une question de genre, mais de passion. « Faites de la recherche, si cela vous passionne ! lance-t-elle ainsi à toutes les femmes. N’ayez pas honte d’être brillante, ni de vouloir tout en même temps, à la fois la reconnaissance scientifique et une vie personnelle épanouie ! »

Aujourd’hui, Karin Tarte dirige l’unité mixte de recherche 1236 « MOBIDIC » de l’université de Rennes (MIcroenvironment, Cell diQerentiation, iMmunology And Cancer) qui étudie la physiopathologie des lymphomes B, un groupe hétérogène de cancers à localisation ganglionnaire et médullaire dont la prévalence augmente depuis 40 ans.

Corine Bertolotto : « Le métier de chercheur est une opportunité incroyable de contribuer à la société. »

Directrice de recherche INSERM au Centre méditerranéen de médecine moléculaire à Nice, Corine Bertolotto dirige une équipe de recherche et est également membre du Conseil scientifique de la Fondation ARC. Elle s’intéresse plus particulièrement aux mélanomes, cancers de la peau très agressifs lorsqu’ils atteignent le stade métastatique. Son travail est centré sur les mécanismes moléculaires impliqués dans la physiopathologie de cellules de la peau, les mélanocytes. L’objectif ? Comprendre comment ils régulent la pigmentation et participent à la protection vis-à-vis des effets cancérigènes

des rayonnements solaires. La scientifique cherche également à déterminer comment ces mélanocytes se transforment en mélanomes puis en tumeurs dangereuses afin d’identifier les cibles de nouveaux traitements à développer pour faire reculer ces cancers. « Sans les découvertes essentielles réalisées dans les laboratoires, il n’y aurait pas de nouveaux traitements pour améliorer le devenir des patients », souligne-t-elle.

Dr Jill Pilet : « Aller au bout de ses idées ! »

Jeune docteure en cancérologie, Jill Pilet n’imaginerait pas exercer une autre profession que celle de chercheuse. « Un métier passionnant même si au début d’une carrière une grande confiance en soi est nécessaire pour aller au bout de ses idées », explique-t-elle. Lauréate du prix de thèse Oberling- Haguenau Fondation ARC 2024, la chercheuse se distingue par la qualité de son parcours universitaire. Après avoir obtenu son diplôme de biologie à l’École normale supérieure de Paris, elle rejoint l’équipe de Jessica Zucman-Rossi au Centre de recherche des Cordeliers pour mener une thèse sur la génomique

des cancers pédiatriques du foie. Ses travaux aboutissent au dépôt d’un brevet portant sur une nouvelle combinaison thérapeutique. Elle s’illustre aussi par 4 publications, dont 3 en tant que première autrice ou coautrice dans d’importantes revues scientifiques. Aujourd’hui, Jill Pilet poursuit sa carrière académique avec un postdoctorat à l’Institut Curie, où elle étudie la génomique des sarcomes, avec un intérêt particulier pour le sarcome d’Ewing.

Dr Claudia Pasqualini : « Chaque minivictoire donne le courage de continuer ! »

Cette oncopédiatre et chercheuse passionnée œuvre au sein de l’équipe de Florent Ginhoux à l’Institut Gustave Roussy (Villejuif). Elle s’intéresse plus particulièrement aux relations qui se tissent entre les cellules cancéreuses et leur environnement immunitaire chez les enfants. Les organoïdes du cerveau avec macrophages qu’elle a mis au point lui permettent d’évaluer in vitro l’effet de nouvelles immunothérapies sur les cellules des patients. Soutenue par la Fondation ARC lors de sa 4e année de thèse, à partir de fin 2022, elle a également été récompensée en 2023 de la meilleure communication lors des Journées Jeunes chercheurs. Pour elle, « chaque minivictoire doit être fêtée car cela donne de la force aux patients ! »

 

Nombreuses sont les femmes qui dédient leur activité scientifique à la recherche sur le cancer. Au sein de l’INSERM, les chercheuses sont presque aussi nombreuses que les chercheurs et les femmes occupent 70 % des postes d’ingénieur et de technicien. Mais l’accès à la direction des formations de recherche reste inégalitaire, 33 % seulement des responsables sont des femmes. La Fondation ARC s’efforce de soutenir et de mettre en lumière la recherche au féminin, dans ses instances scientifiques ou dans son film Paroles de chercheurs

Eric Solary

Vice-président de la Fondation ARC

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