Mélanome : des équipes de recherche lyonnaises soutenue par la Fondation ARC identifient les profils des patients réceptifs à l’immunothérapie
29 juillet 2024 Dernière mise à jour : 25-07-2025
Face au mélanome, une forme très agressive de cancer de la peau, la recherche et les traitements progressent ! Grâce aux travaux menés dans le cadre du projet BIRDMAN, coordonné par le Professeur Stéphane Dalle aux Hospices Civils de Lyon, des avancées significatives ont été réalisées. L’objectif principal est de pouvoir identifier à l’avance les patients atteints d’un mélanome avec des métastases ganglionnaires pour lesquels une immunothérapie préventive de la rechute sera efficace.
Si les traitements contre les cancers de la peau sont de plus en plus performants, il est néanmoins essentiel de rappeler que la plupart d’entre eux sont évitables, en particulier en se protégeant du soleil et que leur dépistage précoce améliore considérablement l’efficacité de leur prise en charge.
Objectif : mieux identifier les patients répondeurs à l’immunothérapie et comprendre les mécanismes de résistance
L’immunothérapie a montré des résultats révolutionnaires en premier lieu chez des patients atteints de mélanomes à des stades avancés. Quant aux patients touchés par un mélanome au stade encore localisé (stade II) ou avec atteinte ganglionnaire (stade III), ils sont généralement opérés et peuvent désormais recevoir ensuite une immunothérapie dite adjuvante qui vise à réduire le risque de rechute. Néanmoins, elle n’est pas toujours efficace : 40% des patients développeront une résistance et elle peut parfois avoir des effets indésirables non négligeables. Il est donc important de savoir identifier les patients les plus susceptibles d’en tirer bénéfice, mais également de mieux comprendre les mécanismes de résistance pour identifier des stratégies thérapeutiques innovantes.
Initié en 2019, le projet BIRDMAN, coordonné par le professeur Stéphane Dalle, avait pour objectif d’identifier des biomarqueurs de réponse à l’immunothérapie adjuvante dans le mélanome avec atteinte ganglionnaire opéré. Les résultats obtenus montrent que l’organisation spatiale de certaines cellules immunitaires était associée à une meilleure efficacité de cette immunothérapie adjuvante. D’autre part, ces travaux montrent que, au-delà des caractéristiques du système immunitaire, les caractéristiques des cellules tumorales jouent un rôle important dans la réponse à l’immunothérapie adjuvante.
Avec le soutien renouvelé de la Fondation ARC, le professeur Stéphane Dalle et ses collaborateurs au Centre de Recherche en Cancérologie de Lyon (CRCL) vont désormais approfondir leur étude de l’organisation des tumeurs chez les patients traités par immunothérapie adjuvante grâce au déploiement de technologies innovantes permettant d’évaluer un très grand nombre de marqueurs et avec une haute résolution spatiale ainsi qu’une analyse assistée par intelligence artificielle. Dans le cadre du nouveau projet INTEGRATE, ils souhaitent préciser la nature des interactions entre les cellules tumorales et les cellules immunitaires mais également intégrer d’autres paramètres des tissus conjonctifs attenants à la tumeur afin de proposer une classification intégrative des patients et prédire de manière fiable et individuelle le bénéfice clinique de l’immunothérapie adjuvante dans le mélanome.
L’identification des facteurs associés à l‘efficacité ou à la résistance à l’immunothérapie adjuvante permettra de mieux prédire la réponse avant la mise sous traitement, pour optimiser la balance bénéfice/risque pour chaque patient. L’identification des mécanismes de résistance à l’immunothérapie adjuvante permettra également d’identifier des potentielles nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant ces mécanismes clés pour potentialiser son efficacité clinique
Le projet BIRDMAN a été soutenu par un montant de près de 600 000 euros par la Fondation ARC dans le cadre de l’édition 2019 de l’appel à projets « SIGN’IT : Signatures en immunothérapie : diagnostiquer, prédire et suivre la réponse au traitement ».
Le projet INTEGRATE vient d’être sélectionné via l’édition 2024 de SIGN’IT et sera soutenu à hauteur de 588 000 sur 3 ans par la Fondation ARC.
Le programme SIGN IT, engagé depuis 2018 par la Fondation ARC, soutient les programmes de recherche visant à identifier à l’avance les patients qui tireront ou non bénéfice des immunothérapies dans le traitement de différents cancers. 22 millions d’euros ont déjà été alloué à 42 projets.
Des cancers pour la plupart évitables grâce à la prévention et au dépistage
Si certaines caractéristiques individuelles (nombre et aspect des grains de beauté, phototype, susceptibilités génétiques) augmentent le risque de survenue de cancers cutanés, des études montrent que deux tiers de ces cancers seraient imputables à l’exposition solaire. Il est donc indispensable de limiter son exposition solaire, se protéger des UV, et par ailleurs de surveiller sa peau régulièrement pour détecter l’éventuelle évolution de la forme, de l’aspect, ou de la taille d’un grain de beauté. En cas de lésion suspecte, il est recommandé de se faire dépister par un dermatologue ou médecins généralistes formés, qui réalisera un examen visuel puis si nécessaire une biopsie pour confirmer ou invalider la nature maligne de la lésion.
À propos de la Fondation ARC
Reconnue d’utilité publique, la Fondation ARC est 100 % dédiée à la recherche sur le cancer et est exclusivement financée par la générosité de ses donateurs et testateurs. Elle a ainsi alloué en 2023 près de 30 millions d’euros à 307 projets de recherche porteurs d’espoir pour les malades. Pour la Fondation ARC, tout part d’une conviction : la recherche vaincra le cancer. C’est grâce aux découvertes des chercheuses et des chercheurs que nous finirons par remporter la victoire : parvenir à guérir un jour le cancer, tous les cancers.
Contact presse
Géraldine Musnier
Tel : 06 72 68 27 21
Mail : geraldine@agencegeraldinemusnier.com