Notre rapport aux selles : Le dernier des grands tabous en France en 2025
04 février 2025 Dernière mise à jour : 05-09-2025
La Fondation ARC dévoile les résultats d’une étude sur le dépistage du cancer colorectal et appelle à briser le silence qui règne autour du test
Les principaux enseignements de cette étude exclusive en témoignent :
- Lever le tabou du « caca » : une urgence sanitaire. Parler des selles reste un tabou pour
1 Français sur 2 (54 %) de 45 ans et plus, et ce chiffre grimpe à 61 % chez les 45-54 ans. Cette gêne limite les discussions sur le dépistage, notamment avec les proches.
- Peur des résultats (57 %), embarras (31 %) et dégoût d’en parler (29 %) freinent le dépistage d’un cancer qui se guérit dans 90 % des cas si détecté tôt ;
- Paradoxalement, si pour 90 % des Français le test a une bonne image – fiable (84 %), sans danger (83 %) et facile à réaliser (78 %) – il reste largement éludé à cause de la gêne et des idées reçues. C’est une aberration car 6600 vies pourraient être sauvées pour une question de tabou sur les selles.
Paris, le 4 février 2025 – En 2025, alors que des progrès majeurs sont réalisés en matière de santé publique, une aberration sanitaire persiste : le dépistage du cancer colorectal reste freiné par des tabous culturels et un rapport distancié au corps. Il est aujourd’hui la 2e cause de décès par cancer en France alors qu’il peut être guéri dans 90 % des cas s’il est détecté tôt !
À l’occasion de la journée mondiale contre le cancer, une étude de la Fondation ARC avec le cabinet Verian, met en lumière les obstacles qu’il est urgent de lever pour sauver 6600 vies chaque année. Celle-ci révèle notamment l’urgence de désacraliser et de dédramatiser un dépistage crucial, suivi par seulement 34 % des Français concernés.
Face à cette aberration, la Fondation ARC a voulu investiguer les raisons de ce manque d’adhésion. Cette étude exclusive s’intéresse au rapport des Français (de 45 ans et plus) au dépistage du cancer colorectal : sont-ils suffisamment informés ? En parlent-ils librement avec leur médecin ou leurs proches ? Quels sont les raisons qui les freinent au dépistage ? (…)
À l’heure des bilans :
Lever le tabou du « caca » : une urgence sanitaire
Les Français se sentent plutôt bien informés sur le dépistage du cancer colorectal et sont convaincus de son importance (90 %) et de sa fiabilité (84 %). Cette perception positive souligne encore plus le fossé entre le niveau de confiance et le niveau de participation au test de dépistage (pour rappel de 34 % pour les Français concernés). Alors comment l’expliquer ?
La peur des résultats reste un obstacle majeur pour 57 % des personnes interrogées. Par ailleurs, il provoque un sentiment de malaise chez les Français : embarrassant pour 40 % d’entre eux et dégoûtant (42 %).
Parler de ses selles demeure un sujet tabou pour 54 % des Français de 45 ans et plus, et
la situation est encore plus préoccupante chez les 45-54 ans (61 %).
Ce tabou freine non seulement les initiatives personnelles, mais aussi la parole collective : 45 % des Français se disent gênés à l’idée d’aborder ce sujet avec leurs amis. Le dépistage demeure un sujet encore trop limité à la sphère médicale et intime. Il est majoritairement encouragé par les médecins (56 %) ou des symptômes (46 %).
Cette retenue prive le dépistage d’un levier essentiel : l’encouragement des proches, qui n’incite que 11 % des Français à faire le test. Leur parole est pourtant primordiale car très souvent plus écoutée que la parole individuelle sur les questions de santé.
Pour la Fondation ARC, en 2025, il est temps de lever ce tabou culturel et de normaliser la parole autour de ce sujet pour sauver des vies.
À noter que le 4 février, démarrera « Ne lâchez rien tant qu’ils ne lâchent rien ! » la nouvelle campagne de prévention innovante et décalée de la Fondation ARC. Animée par Mr Popo, elle a pour objectif de briser les tabous et d’encourager un geste simple, mais crucial !
Comment ? En impliquant les proches et en dédramatisant.
Le cancer colorectal est la deuxième cause de décès en France, et pourtant, des milliers de vies pourraient être sauvées chaque année si un simple dépistage n’était pas freiné par un tabou. En 2025, il est temps de dédramatiser le sujet, de briser ce tabou et de faire du dépistage une évidence pour sauver des vies.
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