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Le cancer colorectal

Cancer colorectal : les symptômes et le diagnostic

Le cancer colorectal reste longtemps discret mais entraîne progressivement des symptômes digestifs et abdominaux s’il reste non diagnostiqué. Comme pour tous les cancers, un diagnostic précoce est gage d’un meilleur pronostic.

Les symptômes

Le cancer colorectal reste longtemps asymptomatique. Ainsi, lorsque les symptômes apparaissent, ils sont souvent le signe d’une maladie déjà évoluée.

Plus le diagnostic tarde à être posé et plus ces symptômes sont nombreux et fréquents :

  • des douleurs abdominales liées à la contraction de l’intestin, évoluant par crises de deux ou trois jours et accompagnées parfois de bruits abdominaux ;
  • des troubles du transit intestinal (constipation brutale ou diarrhée prolon­gée, voire alternance des deux) ;
  • la présence de sang dans les selles passant le plus souvent inaperçue ou étant reliée à tort à la présence d’hémorroïdes ;
  • une anémie (taux d’hémoglobine dans le sang inférieur à la normale) ;
  • un amaigrissement inexpliqué, une altération de l’état de santé général et/ ou une légère fièvre persistante ;
  • pour le cancer du rectum, des saignements du rectum ou rectorragies ;
  • à un stade plus avancé, des complications peuvent survenir comme l’occlusion intestinale ou la perforation tumorale ; elles demandent une prise en charge en urgence.
Mars bleu

 


Les examens de diagnostic

En premier lieu, un examen clinique et un interrogatoire permettent d’évaluer l’état général du patient et de rechercher les facteurs de risque et les antécé­dents personnels ou familiaux du patient.

Le toucher rectal

Le toucher rectal permet de diagnostiquer un cancer du rectum s’il est situé à moins de 8 cm de l’anus. Il permet en particulier d’évaluer la taille d’une tumeur rectale et sa distance par rapport au sphincter. Pour cela, le médecin introduit un doigt ganté dans l’anus du patient afin de palper la paroi du rectum.

La coloscopie

La coloscopie est un examen qui est prescrit dans le cadre d’un dépistage individuel chez les personnes présentant des facteurs de risque ou des symptômes évocateurs, ou encore chez les sujets dont le test immunologique de dépistage s’est avéré positif.

La coloscopie, dont l’objectif est de visualiser la muqueuse de la paroi intestinale, peut être mise en œuvre selon deux protocoles : un premier, réalisé sous brève anesthésie générale, consiste à introduire dans le côlon, par les voies naturelles, un tube souple muni d’une caméra vidéo et d’une pince permettant d’effectuer des prélèvements. L’examen ne peut être réalisé dans de bonnes conditions que si le côlon a été au préalable « préparé » (voir encadré ci-dessous).

Les règles à respecter avant une coloscopie

Il convient de ne pas prendre d’aspirine dans les dix jours précédant l’intervention. Les patients traités par anticoagulant doivent impé­rativement le signaler.

 

Afin de permettre une observation optimale des parois intesti­nales, il est important de nettoyer les intestins des matières qui s’y trouvent. Pour cela, deux jours avant l’examen, le patient doit adopter un régime sans résidus, c’est-à-dire sans fruits ni légumes, ni viandes grasses. Sont autorisés le riz, les pâtes, les poissons et les viandes maigres.

 

La coloscopie n’est pas un examen douloureux car il est réalisé sous anesthésie générale, qui nécessite une consultation au moins 48 heures avant la réalisation de l’examen. Il dure une vingtaine de minutes. La sortie de l’hôpital peut se faire dans les heures qui suivent mais nécessite une observation ultérieure de 24 heures.

En cas de découverte d’une lésion, l’appareillage de cette coloscopie classique permet de retirer, pendant le temps de l’examen, tout ou partie des éventuelles lésions repérées pour une analyse au microscope.

La coloscopie virtuelle par scanner ou coloscanner est l’autre protocole proposé lorsque la coloscopie classique n’est pas possible (personnes âgées et/ fragiles, contre-indication à l’anesthésie générale, refus du patient pour coloscopie classique, troubles de la coagulation). Elle ne nécessite qu’une préparation colique légère (la veille de l’examen), dure une dizaine de minutes, et se fait sans anesthésie. Si l’examen révèle une/des lésions/s coliques, une ablation partielle ou totale sera réalisée ultérieurement par endoscopie.

Quel que soit le type de coloscopie réalisée, c’est l’aspect des anomalies observées et l’analyse des prélèvements qui permettent de confirmer ou non le diagnostic de cancer. Dans le cas où le diagnostic de cancer est posé et afin d’orienter la prise en charge, des examens complémentaires sont nécessaires. Ils permettent d’établir le bilan d’extension.


Le bilan d’extension

Le bilan d’extension est indispensable une fois le diagnostic établi : il permet d’établir les degrés d’évolution et d’agressivité de la tumeur à partir desquels l’équipe médicale va choisir le traitement le plus adapté. 

Les analyses biologiques

Le dosage de l’antigène carcino-embryonnaire (ACE) peut être prescrit dans le cadre du bilan d’extension : l’ACE est une protéine qui est normalement présente dans l’organisme. Toutefois, elle peut être produite en excès par certaines cellules cancéreuses. Ainsi, un taux anormalement élevé d’ACE dans le sang peut être corrélé à la présence d’une tumeur cancéreuse. En pratique, le dosage de l’ACE permet l’évaluation initiale des cancers métastatiques. 

L'imagerie par résonance magnétique (IRM)

L’IRM est l’examen de référence pour explorer l’étendue locale d’un cancer colorectal. C'est une technique d’investigation qui permet d’obtenir des coupes anatomiques de l’intestin dans les trois plans de l’espace. La région du thorax, de l’abdomen et la région pelvienne sont également observées.

La séance, qui dure une trentaine de minutes, nécessite l’absorption préalable (par voie rectale ou orale) d’un produit de contraste qui permet de mieux visualiser les zones observées. 

Au cas par cas, d’autres examens peuvent s’avérer nécessaires : 

  • une échographie ou une IRM hépatique en cas de suspicion de métastases au niveau du foie ;
  • une IRM pelvienne ou une échographie endorectale en cas de cancer du rectum ;
  • un PET-scan en cas de cancer métastatique. Le PET-scan permet de visualiser le fonctionnement des organes après injection de glucose marqué, c’est-à-dire un sucre faiblement radioactif. Les cellules cancéreuses sont identifiables car elles ont une consommation de glucose (radiomarqué et donc détectable par un système d’imagerie) plus importante que les cellules saines.

Les stades du cancer colorectal

Le traitement du cancer colorectal dépend de l’étendue de la tumeur et de son extension à des organes voisins ou à distance.

  • les stades 0 et I sont les stades les plus précoces de la maladie et ceux qui ont le meilleur pronostic : dans le stade 0, la tumeur touche uniquement la couche muqueuse de la paroi intestinale ; dans le stade I, la tumeur s’est étendue dans les couches sous-muqueuse et musculeuse ;
  • les stades II correspondent aux tumeurs qui ont traversé toutes les couches de la paroi intestinale, sans avoir touché d’autres organes ;
  • dans les stades III, des cellules cancéreuses se sont propagées aux ganglions lymphatiques voisins ;
  • enfin, les stades IV sont des stades évolués de la maladie dans lesquels des cellules cancéreuses ont été disséminées à distance pour former des métastases (foie, poumon…).

Ce dossier a bénéficié du concours du Pr Michel Ducreux, chef de service d'oncologie digestive à Gustave Roussy.


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