Quels sont les symptômes d’un cancer de l'ovaire ?
Le cancer de l’ovaire est l’un des cancers gynécologiques les plus difficiles à détecter précocement. Souvent silencieux aux premiers stades, il se manifeste tardivement par des symptômes qui peuvent être confondus avec d’autres pathologies bénignes.
01 mars 2023 Dernière mise à jour : 20-04-2026
Les principaux symptômes du cancer de l'ovaire
Les symptômes du cancer de l’ovaire sont souvent tardifs et difficilement identifiables. Les femmes atteintes peuvent ressentir :
- des troubles digestifs : ballonnements, nausées, troubles du transit, perte d’appétit ou douleur à l’estomac ;
- des troubles gynécologiques : perturbation des règles, saignements ou pertes vaginales anormales, tensions dans les seins ;
- des perturbations au niveau de la zone pelvienne liées à l’augmentation de la masse tumorale : fuites urinaires, douleurs du bas-ventre ou des lombaires, augmentation du volume de l’abdomen, sensation de pesanteur ou d’inconfort abdominal ;
- des troubles respiratoires : essoufflement, douleurs thoraciques ;
- une altération de l’état général avec fatigue et perte de poids.
Ces symptômes ne sont pas spécifiques au cancer de l’ovaire : ils peuvent être provoqués par d’autres facteurs, d’autres maladies, bénignes ou non, gynécologiques ou non. Aussi, lorsqu’une ou plusieurs de ces manifestations apparaissent et persistent sans explication, en particulier des gênes abdominales, il est recommandé de consulter son médecin traitant ou gynécologue. Un examen clinique, éventuellement complété par des examens biologiques ou d’imagerie, permettra d’orienter le diagnostic.
Le diagnostic
Les circonstances de découverte
Un cancer de l’ovaire est parfois découvert à un stade précoce, lorsqu’une masse au niveau de l’ovaire a été détectée fortuitement suite à un examen gynécologique ou d’imagerie. Cependant, il est dans la plupart des cas décelé à un stade avancé, lorsque des symptômes significatifs se manifestent.
Afin que le cancer de l’ovaire puisse être détecté au plus tôt et que la patiente puisse débuter les thérapies adaptées, un suivi gynécologique régulier est essentiel.
Il est donc très important de consulter pour un suivi gynécologique (avec un gynécologue, le médecin traitant ou une sage-femme) une fois par an et consulter un médecin en cas de symptômes abdominaux inexpliqués, quel que soit l’âge de la patiente.
Non seulement le cancer de l’ovaire est considéré comme relativement rare donc inadapté à un dépistage « de masse » comme le cancer du sein ou encore le cancer du col de l’utérus, mais des études ont montré que son dépistage systématique (avec un dosage sanguin du CA-125 et une échographie) ne réduisait pas son taux de mortalité et occasionnait même des faux positifs.
Afin que le cancer de l’ovaire puisse être détecté au plus tôt, le suivi gynécologique régulier est essentiel : il est donc très important de consulter pour un suivi gynécologique (avec un gynécologue, le médecin traitant ou une sage-femme) une fois par an et consulter un médecin en cas de symptômes abdominaux inexpliqués.
La consultation et l’examen clinique
Lors de la consultation, le médecin pose des questions à sa patiente afin de connaître son historique médical et ses facteurs de risque :
- éventuels symptômes ;
- ses antécédents médicaux et familiaux (cancers, prédisposition génétique…) ;
- son mode de vie (tabagisme, expositions professionnelles…).
Il conduit également un examen clinique général avec notamment la mesure du poids et de la tension artérielle. Il réalise ensuite une palpation de l’abdomen et des ganglions, un examen des seins, un toucher rectal, ainsi qu’un examen gynécologique avec un toucher vaginal afin de repérer d’éventuelles anomalies. Si une grosseur au niveau du bas de l’abdomen ou des ovaires est décelée, le médecin prescrit des examens complémentaires afin d’en déterminer la nature.
Les examens d’imagerie
L’échographie pelvienne et endovaginale
C’est le premier examen réalisé en cas de suspicion de tumeur ovarienne. L’échographie est une méthode d’imagerie qui utilise des ultrasons, c’est-à-dire des ondes sonores de haute fréquence (inoffensives et indolores) afin de générer des images relativement précises des organes.
Examen central pour orienter le diagnostic de cancer de l’ovaire, l’échographie est généralement réalisée par voie sus-pubienne (la sonde parcourt la peau au-dessus du pubis) et par voie endovaginale (la sonde est introduite dans le vagin). Elle permet de visualiser une éventuelle masse dans un ovaire (ou les deux) et d’en évaluer la taille, la forme, le contenu (solide ou liquide). Ces éléments permettent au médecin de penser qu’il s’agit plutôt d’un kyste bénin – sans gravité – ou d’un kyste potentiellement malin (cancéreux).
Les kystes sont des lésions anormales pouvant se développer sur les ovaires, qui peuvent être de nature cancéreuse ou non.
Plus de 65 % des kystes ovariens détectés à l’échographie sont bénins. Si les kystes bénins ne présentent pas de risque grave pour la santé, les symptômes qu’ils engendrent, leur taille ou leur localisation peuvent toutefois motiver une intervention chirurgicale destinée à les retirer. Certains peuvent régresser spontanément.
De 10 à 15 % des kystes sont dits « borderline » : ils ont un profil intermédiaire entre bénin et cancéreux. Dans ce cas là, les kystes font l’objet de soins adaptés.
L’imagerie par résonnance magnétique (IRM)
Cet examen est prescrit dans les cas où l’échographe n’arrive pas à déterminer précisément la nature du kyste. L’IRM permet en effet d’obtenir des images plus précises des structures de l’organisme. Quelques dizaines de minutes avant l’examen, un produit de contraste est injecté par voie intraveineuse à la patiente : il fait ressortir à l’image les vaisseaux sanguins dans lesquels il circule. Les tumeurs formant de nombreux vaisseaux anormaux, l’IRM permet de mieux les repérer. L’examen dure une trentaine de minutes.
Le bilan biologique
Le bilan biologique repose essentiellement sur le dosage sanguin du CA-125, une protéine servant de marqueur tumoral. Il complète les examens d’imagerie lorsque ceux-ci font apparaître une masse indéterminée. Un taux élevé de CA-125 indique un risque plus élevé de tumeur maligne. Le dosage du CA-125 peut être associé à celui du CA-19-9, une autre protéine pouvant suggérer la présence d’une tumeur épithéliale, ou parfois de la protéine HE4 (Human Epididymis protein 4), surexprimée dans les tissus tumoraux de l’ovaire et lors d’autres affections.
Le dosage d’autres marqueurs spécifiques de certains cancers de l’ovaire atteignant la femme jeune, notamment les tumeurs non épithéliales, peut être utile au diagnostic : alphafœtoprotéine (alpha FP), gonadotrophine chorionique humaine (HCG), inhibine, antigène carcinoembryonnaire (ACE), etc.
Le diagnostic histologique
Le diagnostic histologique correspond à l’analyse sous microscope des cellules d’un ou plusieurs échantillon(s) de tissu suspect. En effet, malgré les précisions apportées par les examens précédents, c’est seulement en pratiquant cette analyse que le diagnostic de cancer pourra être confirmé ou écarté avec certitude. Le prélèvement des échantillons est réalisé par biopsie, généralement par laparoscopie (ou cœlioscopie) sous anesthésie générale : le chirurgien incise la paroi abdominale sur quelques millimètres par lesquels il introduit des instruments de guidage (sonde visuelle) et de prélèvement jusqu’aux lésions. Il utilise alors un fin bistouri qui lui permet de prendre un (ou des) échantillon(s) en quantité suffisante pour pratiquer toutes les analyses nécessaires au diagnostic et s’il s’agit d’un cancer, à la décision du traitement.
La biopsie doit prélever au minimum l’intégralité du tissu suspect ; dans certains cas, elle peut nécessiter une ovariectomie (ablation de l’ovaire) totale. Si l’imagerie a montré qu’il pouvait exister des lésions au niveau des organes environnants, plusieurs prélèvements de tissus devront alors être réalisés.
Les échantillons prélevés font ensuite l’objet :
- d’une analyse anatomopathologique : leur aspect sera observé sous microscope pour confirmer ou infirmer la nature cancéreuse de la tumeur ;
- d’une recherche de mutation des gènes BRCA dans de nombreux cas. Si celle-ci est retrouvée, la patiente est orientée vers une consultation d’oncogénétique.
Le cancer de l’ovaire survient majoritairement après la ménopause, avec un pic d’incidence autour de 65 ans. Toutefois, il peut apparaître plus tôt, notamment chez les femmes porteuses d’une prédisposition génétique (comme une mutation des gènes BRCA1 ou BRCA2).
Certaines formes plus rares, comme les tumeurs germinales ou stromales, peuvent toucher des femmes plus jeunes, parfois même avant 40 ans. Cependant, dans la grande majorité des cas, l’âge est un facteur de risque majeur, et le risque augmente après la ménopause.
Le bilan d'extension
Si le diagnostic de cancer de l’ovaire est confirmé, le médecin réalise un bilan d’extension, qui permet de décrire l’avancement de la maladie et son éventuelle propagation au niveau d’autres organes ou tissus. Il aide le médecin à choisir le traitement le plus adapté pour sa patiente.
Comment se déroule le bilan d’extension ?
Le bilan d’extension repose sur plusieurs examens complémentaires :
- un bilan biologique complet qui apporte des précisions sur l’état de santé général de la patiente au moment du diagnostic. Il peut être utile pour adapter la posologie (dosage, fréquence d’administration…) de certains traitements ;
- un scanner (ou tomodensitométrie TDM) thoraco-abdomino-pelvien qui permet d’évaluer si la tumeur s’est étendue au-delà des ovaires. Comme la radiographie classique, le principe du scanner repose sur l’utilisation de rayons X. En revanche, le scanner permet d’obtenir, au lieu d’une image plane, des images en 3D du corps. Il permet au médecin de voir si la tumeur s’est étendue au niveau de la région pelvienne, de l’abdomen, voire des poumons. En pratique, l’examen dure environ trente minutes. Avant de réaliser l’examen, un produit de contraste est injecté à la patiente : il permet de mieux différencier les organes sur les images. Celles-ci sont collectées sur ordinateur et analysées par un radiologue.
Si le cancer semble avancé, différents examens peuvent également être réalisés afin de mesurer l’étendue de la maladie, comme :
- un prélèvement d’échantillons du péritoine ;
- parfois un PET-scan (imagerie par émission de positons) pour mieux visualiser l’emplacement d’éventuelles lésions à distance ;
- une cœlioscopie pour prélever et analyser des tissus, mais aussi vérifier si les tumeurs peuvent être toutes retirées.
Les différents stades et grades du cancer de l'ovaire
Le stade de la maladie est déterminé selon la taille de la tumeur et sa propagation aux ganglions voisins ou aux organes à distance. La tumeur est classifiée en :
- STADE I : la tumeur reste localisée au niveau d‘un ou des deux ovaires ;
- STADE II : le cancer atteint les organes voisins : utérus, trompes de Fallope, vessie, etc. ;
- STADE III : la tumeur a atteint des tissus plus éloignés comme le péritoine ou les ganglions de la région pelvienne ;
- STADE IV : des cellules cancéreuses se sont disséminées dans l’organisme et ont donné naissance à une/des métastase(s) à distance des ovaires : poumons, foie, rate…
Ces stades sont également subdivisés en A, B, C, D. Les stades I et le stade II B sont des cancers considérés « précoces ». À partir du stade II C, lorsque la tumeur s’est étendue aux organes pelviens et qu’on constate d’autres signes comme la rupture de la membrane de la tumeur ou des cellules cancéreuses dans le liquide abdominal, il s’agit de cancers « avancés ».
L’analyse microscopique des cellules tumorales permet parallèlement de déterminer le grade de la tumeur qui dépend de son degré de malignité, de son caractère évolutif et de son agressivité. Les tumeurs dont les cellules malignes sont assez proches des cellules normales et se multiplient lentement sont dites « de bas grade », tandis que celles qui sont très anormales, croissent rapidement et se disséminent facilement sont « de haut grade ».
Quels sont les symptômes du cancer de l’ovaire ?
Le cancer de l’ovaire est souvent silencieux aux premiers stades. Les symptômes peuvent être très discrets et facilement confondus avec d’autres affections bénignes. Les signes les plus fréquents incluent : ballonnements, douleurs abdominales ou pelviennes, troubles digestifs (nausées, troubles du transit), perte d’appétit, sensation de pesanteur dans le bas-ventre, augmentation du volume abdominal, ainsi que fatigue et perte de poids. Ces symptômes persistants doivent inciter à consulter un médecin rapidement.
À quel âge survient généralement ce cancer ? Quels facteurs le favorisent ?
Le cancer de l’ovaire survient majoritairement après la ménopause, avec un pic autour de 65 ans. Toutefois, il peut apparaître plus tôt, notamment chez les femmes porteuses de mutations génétiques comme BRCA1 ou BRCA2.
Outre l’âge et la prédisposition génétique, les facteurs incluent un antécédent familial de cancers gynécologiques, l’absence d’enfants, certaines anomalies hormonales, et l’exposition à certains agents environnementaux. Le suivi gynécologique permet de mieux surveiller ces risques.
Comment diagnostique-t-on un cancer de l’ovaire ?
Le diagnostic repose sur plusieurs évoquées plus en détails plus haut : un examen clinique gynécologique, complété par des examens d’imagerie comme l’échographie pelvienne et endovaginale, qui permettent de visualiser une masse ovarienne suspecte. En cas de doute, une IRM peut être prescrite pour mieux différencier les tissus. Un bilan biologique est également réalisé avec des dosages de marqueurs tumoraux tel que le CA-125. Le diagnostic est confirmé par une analyse histologique après biopsie ou chirurgie.
Qu’est-ce que le stade du cancer de l’ovaire ?
Le stade désigne l’étendue de la maladie au moment du diagnostic. C’est lui qui détermine le pronostic et le traitement le plus adapté en conséquences. On utilise généralement la classification FIGO qui comporte quatre grands stades :
- Stade I : cancer limité aux ovaires.
- Stade II : extension dans la région pelvienne (utérus, trompes, vessie…).
- Stade III : atteinte au-delà du pelvis, incluant le péritoine ou les ganglions lymphatiques régionaux.
- Stade IV : présence de métastases à distance, notamment dans le foie ou les poumons.
Chaque stade peut être subdivisé en sous-catégories précises, définissant la sévérité et la propagation.
Pourquoi connaître le stade d’un cancer des ovaires est important ?
Le stade permet d’ajuster la stratégie thérapeutique : chirurgie, chimiothérapie, ou combinaisons de plusieurs traitements. Les chances de guérison sont bien meilleures pour un cancer détecté précocement (stades I et II) que lorsque la maladie est avancée (stades III et IV). Le stade influence aussi la fréquence et le type de surveillance après traitement.
Le cancer de l’ovaire peut-il être dépisté tôt ?
Le dépistage systématique n’est pas recommandé car les examens disponibles manquent de spécificité et génèrent de nombreux faux positifs. Cependant, chez les femmes à risque élevé (antécédents familiaux, mutations génétiques), des suivis personnalisés sont proposés.
Comment se déroule le bilan pour connaître le stade ?
Après diagnostic, un bilan d’extension est réalisé pour déterminer la propagation tumorale. Ce bilan comprend un scanner thoraco-abdomino-pelvien, parfois un PET-scan, ainsi qu’un bilan biologique complet. Si nécessaire, une cœlioscopie exploratrice peut être pratiquée pour évaluer la dissémination péritonéale et prélever des tissus pour analyse.
Quels traitements pour chaque stade ?
Généralement, les traitements suivants sont adoptés selon les stades. Toutefois, seul votre professionnel de santé sera plus à même de choisir la stratégie de thérapeutique adapté à chaque cas.
- Stades précoces (I, II) : chirurgie visant à retirer la tumeur et les tissus atteints, souvent suivie d’une chimiothérapie adjuvante.
- Stades avancés (III, IV) : chirurgie plus extensive combinée à une chimiothérapie systémique et parfois ciblée ou immunothérapie selon les caractéristiques tumorales.
Quel suivi après traitement ?
Une surveillance régulière clinique et par imagerie permet de détecter toute récidive. Le dosage des marqueurs tumoraux en sang complète les consultations.
Références
Ce dossier a été réalisé avec le concours du Professeur Isabelle Ray-Coquard, oncologue médicale au Centre Léon Bérard (Lyon) et du Docteur Christine Rousset-Jablonski, gynécologue médicale, Centre Léon Bérard (Lyon) et Centre Hospitalier Lyon Sud.