Quelles sont les causes connues du cancer du pancréas ?

Peu de facteurs de risque du cancer pancréatique ont été clairement identifiés. Comprendre les causes du cancer du pancréas et notamment de son augmentation est un enjeu fort pour la recherche aujourd'hui.

01 janvier 2025 Dernière mise à jour : 16-04-2026

Le tabagisme

Le tabagisme est le facteur de risque du cancer du pancréas le plus important et pour lequel les preuves scientifiques sont les plus robustes. Plus la consommation de tabac est élevée et de longue durée, plus le risque augmente.

Le tabagisme serait à l’origine de 20 à 30 % des cas de cancer du pancréas diagnostiqués dans le monde.

Le diabète

Le diabète, de type 1 et de type 2, est un facteur de risque établi de cancer du pancréas. Il correspond à un défaut dans la production d’insuline par le pancréas entraînant un taux de sucre dans le sang (glycémie) anormalement élevé. Par exemple, le diabète de type 2 doublerait le risque de cancer pancréatique. Il faut toutefois savoir qu’un taux excessif de sucre dans le sang ou une résistance à l’insuline d’apparition récente peut également être le signe d’une dysfonction pancréatique due au développement du cancer du pancréas.

Le surpoids et l’obésité

Le surpoids, et plus encore l’obésité, augmentent le risque de développer un cancer du pancréas. Toute élévation de l’indice de masse corporelle (IMC) augmente linéairement le risque de ce cancer. Le lien entre le cancer du pancréas et l’obésité a été particulièrement mis en évidence lorsque l’obésité s’accompagne de graisse abdominale excessive. Les personnes ayant une obésité sévère (IMC entre 35 et 40) auraient un risque de cancer pancréatique augmenté de 45 % par rapport aux personnes ayant un poids normal.

L’alimentation, un facteur de risque de cancer pancréatique ?

La consommation excessive de produits transformés riches en sucres et/ou lipides, typique du régime occidental, pourrait augmenter le risque de cancer du pancréas. À l’inverse, un régime de type méditerranéen, riche en végétaux, diminuerait le risque de la maladie. Cependant, ces facteurs potentiels de risque et de protection alimentaires du cancer pancréatique, en cours d’étude, ne sont pas encore formellement établis.

La pancréatite chronique

La pancréatite chronique (inflammation chronique du pancréas) représente un facteur de risque rare mais bien établi de cancer du pancréas. Elle peut être due à une consommation excessive d’alcool. Elle est susceptible d’entraîner des douleurs abdominales ou plus rarement (moins de 10 % des cas) d’être asymptomatique (c’est-à-dire sans symptômes).

La pancréatite héréditaire liée à des mutations du gène PRSS1

Une mutation du gène PRSS1 peut se transmettre de parents porteurs de cette anomalie à l’enfant, avec un risque de 50 %. Elle est susceptible d’entraîner une forme particulière de pancréatite chronique, dite héréditaire. Cette maladie augmente nettement le risque de cancer du pancréas avec l’âge.

À 70 ans, le risque cumulé de cancer du pancréas est de 40 à 50 % chez les personnes atteintes de pancréatite chronique héréditaire et est plus important encore chez les fumeurs.

Les facteurs familiaux et génétiques

Dans plus de 80 % des cas, le cancer du pancréas est dit sporadique, c’est-à-dire sans prédisposition familiale ou génétique. Cependant, on retrouve, dans 4 à 10 % des cancers du pancréas, plusieurs cas de la maladie dans la famille. Des antécédents familiaux de cancer du pancréas multiplieraient le risque de développer ce cancer de façon d’autant plus importante que plusieurs apparentés ont eu un cancer du pancréas. Une consultation d’oncogénétique doit donc être proposée en cas de cancers pancréatiques familiaux. Cependant, malgré les avancées importantes dans le domaine de la génétique, aucune mutation à l’origine des cancers du pancréas au sein d’une même famille n’est identifiée dans environ 8 cas sur 10.

Certaines mutations génétiques héréditaires augmentant le risque de cancer du pancréas sont connues. Elles sont notamment associées à des syndromes de prédisposition aux cancers (environ 5 % des cas). Il s’agit, par exemple, de la mutation :

  • du gène BRCA1 et 2 (la plus fréquente) mais aussi d’ATM, PALB2 ou FANC-C/G retrouvés dans des formes héréditaires du cancer de la prostate, du sein et/ou de l’ovaire ;
  • du gène STK11, présente chez des personnes atteintes du syndrome de Peutz-Jeghers ;
  • du gène CDKN2A, associée à une forme familiale de mélanomes multiples ;
  • de gènes impliqués dans la réparation de l’ADN dans le syndrome de Lynch (aussi appelé cancer colorectal héréditaire sans polypose) ;
  • du gène TP53 dans le syndrome de Li-Fraumeni ;
  • des gènes APC et MUTYH dans la polypose adénomateuse familiale.

Ces mutations peuvent toutefois être identifiées chez des patients sans histoire familiale de cancer du pancréas. En résumé, de nombreuses mutations génétiques responsables d’une augmentation du risque de cancer pancréatique restent à identifier.

Le dépistage du cancer du pancréas chez les personnes à risque

Contrairement au cancer colorectal, du col de l’utérus et du sein, le cancer du pancréas ne fait pas l’objet d’un dépistage organisé en France. Cependant, un dépistage annuel par imagerie peut être préconisé chez les personnes présentant des facteurs de risque de cancer du pancréas, tels que la présence de plusieurs cas dans la famille (à partir de 50 ans par exemple), un syndrome de prédisposition génétique aux cancers ou une pancréatite héréditaire (à partir de 40 ans).

Ce dossier a bénéficié du concours du Pr Vinciane Rebours, cheffe du service de pancréatologie et oncologie digestive, hôpital Beaujon, AP-HP, université Paris-Cité – INSERM UMR1149.